De la fenêtre d’une voiture une main se tend, et un mouchoir blanc en boule atterrit sur le bitume. Ou alors, des épluchures de pistaches. Ou, comble du mauvais goût, une canette ou une bouteille qui s’éventrent sur la route, déversant un reste de liquide. Sans oublier les mégots, ces facteurs d’incendie par excellence.
Si vous êtes de ceux qu’une telle conduite exaspère, vous êtes bien servis sur les routes libanaises.
C’est extraordinaire ce que de tels gestes sont emblématiques de notre relation aux déchets que nous produisons, et, surtout, à l’espace public. L’objet, une fois utilisé et devenu, par conséquent, un déchet ne nous concerne plus. Il s’agit simplement de ne plus le voir. À la maison, la poubelle fait l’affaire (parce qu’il faut bien garder notre intérieur propre, n’est-ce pas ?). Mais à l’extérieur, dans notre esprit, la rue n’est à personne, comme la mer d’ailleurs. Ces espaces sont là pour absorber nos restes. Et puis, nous n’avons qu’à passer, à grande vitesse, dans la voiture, et que les autres automobilistes reçoivent en pleine figure les rejets de notre conscience tranquille.
Les rues, les places, les carrefours, les plages, la mer, ne sont pas « à personne », ni de la seule responsabilité de « l’État », terme utilisé d’une manière on ne peut plus vague au Liban. Peut-être bien que si ces espaces sont appelés « publics », c’est qu’ils sont à tout le monde, et non à personne. Si cette nuance fondamentale était incluse dans l’éducation civique, que de changements dans les comportements pourrait-on espérer ! Autant au niveau des individus que des autorités, d’ailleurs, qui peuvent utiliser l’arme de la dissuasion et de la loi.
D’un autre côté, est-ce bien vrai que ces déchets, nous ne les revoyons jamais plus ? Imaginons un scénario fantaisiste (ou peut-être pas tant que cela) : un automobiliste passe devant un dépotoir – celui de Bourj Hammoud ou de Saïda par exemple – et, en inhalant les effluves à pleins poumons, s’exclame « Mais que fait l’État ? »… puis jette par la fenêtre le mouchoir en papier avec lequel il vient de s’éponger le front.
Cette scène pourrait être quotidienne et résumerait à elle seule l’essence de notre relation aux rejets de notre civilisation.
De la fenêtre d’une voiture une main se tend, et un mouchoir blanc en boule atterrit sur le bitume. Ou alors, des épluchures de pistaches. Ou, comble du mauvais goût, une canette ou une bouteille qui s’éventrent sur la route, déversant un reste de liquide. Sans oublier les mégots, ces facteurs d’incendie par excellence.
Si vous êtes de ceux qu’une telle conduite exaspère, vous êtes bien servis sur les routes libanaises.
C’est extraordinaire ce que de tels gestes sont emblématiques de notre relation aux déchets que nous produisons, et, surtout, à l’espace public. L’objet, une fois utilisé et devenu, par conséquent, un déchet ne nous concerne plus. Il s’agit simplement de ne plus le voir. À la maison, la poubelle fait l’affaire (parce qu’il faut bien garder notre intérieur propre, n’est-ce pas ?)....
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