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Trois questions à... Thomas Wille, fondateur de la National Team Nadim MAKHOUL

Il a 34 ans, il est belge, marié et père de deux fillettes de 5 ans et un an. Il réside au Liban depuis cinq ans et n’a qu’une passion : le tennis. Lui, c’est Thomas Wille, ancien joueur professionnel de tennis reconverti depuis quelque temps à l’entraînement et à l’initiation, des plus jeunes surtout. Malgré les quelques kilos qu’il traîne fièrement, Wille n’a rien oublié de son jeu, sa victoire au Masters samedi dernier l’ayant entièrement prouvé. Au final, le lauréat de la première édition du Masters of Lebanon, qui regroupe les meilleurs du classement du circuit libanais, aura donc été un… Belge. « C’est flatteur, avoue-t-il, mais ça démontre quand même les lacunes du tennis libanais… ». Effectivement, certains trouveraient inadmissible qu’un « vétéran », même Belge, parvienne à imposer son jeu aux meilleurs joueurs libanais, dont les plus brillants font la moitié de son âge. « Et pourtant, il y a beaucoup de talent chez les jeunes joueurs libanais », affirme Wille. C’est dans cette optique que, épaulé par Alain Yazbeck et Tanios Kanaan, Thomas Wille s’est dépêché de fonder il y a quelques mois la National Team, une académie de tennis pour les catégories junior. En marge du Masters of Lebanon qui s’est déroulé tout au long de la semaine dernière au Mtayleb Country Club, L’Orient-Le Jour a tenu à s’entretenir avec Thomas Wille afin de lever le voile sur cette académie. L’Orient-Le Jour : Comment vous est venue cette idée de créer la National Team? Thomas Wille : « Nous savons tous que la source de tous les sports réside chez les jeunes. Et d’après mon expérience au Liban, j’ai remarqué que le tennis libanais accusait beaucoup de retard comparé aux pays européens ou même asiatiques. Vu le manque de possibilités et d’infrastructures que la fédération ou même l’État mettent à la disposition des jeunes joueurs, l’idée m’est venue de fonder une académie qui permettra à ces jeunes talents de se développer et d’améliorer leur jeu. » OLJ : Les résultats de cette académie commencent-ils à se faire sentir ? TW : « Certainement. Déjà, il y avait beaucoup de jeunes joueurs qui sont venus passer l’été au Liban et qui ne savaient pas où jouer et avec qui s’entraîner. Ensuite, cela nous a permis de découvrir le talent chez des joueurs que l’on ne connaissait pas. De plus, cela permet aux jeunes joueurs de jouer tous ensemble deux fois par semaine, ce qui est de loin plus efficace que les cours privés. Enfin, nous essayons autant que possible d’introduire une nouvelle mentalité chez les jeunes, qui consiste à les regrouper et les faire jouer ensemble régulièrement, ce qui implique automatiquement un accroissement de l’esprit sportif et de l’esprit de partage dont doivent être dotés les jeunes sportifs. » OLJ : Quels sont vos objectifs à court et moyen terme ? TW : « Aujourd’hui, le National Team regroupe 32 joueurs répartis en 4 groupes. Un groupe pour les moins de 10 ans, qui comporte les meilleurs joueurs de cette tranche d’âge avec les moins bons en moins de 12 ans. Un autre groupe qui comprend les meilleurs joueurs de moins de 12 ans, mais aussi de moins de 14 et moins de 16 : de cette façon, les plus jeunes auront l’occasion de se mesurer à des joueurs plus âgés, mais qui ont un même niveau. Un troisième groupe constitué uniquement de filles, âgées entre 13 et 16 ans. Enfin, un dernier groupe de moins de 14 ans composé de joueurs dont le niveau est inférieur aux autres et qui ont besoin de plus de suivi pour intégrer les autres groupes. Après quelques mois seulement, je remarque que tous les joueurs sont contents, qu’ils sont plus motivés à venir sur les courts, cela a même créé un bel esprit entre eux. » « Certainement, notre initiative peut s’étendre encore plus, mais il faudrait que cette démarche soit acceptée par plusieurs clubs, nous aurons ainsi accès à plus de terrains et donc nous aurons une meilleure infrastructure afin d’accepter plus de joueurs au sein de l’académie. » « Enfin, tout ce que j’espère, c’est de pouvoir continuer dans cette démarche, de pouvoir assurer un suivi aux joueurs déjà présents à l’académie et essayer d’accueillir le plus de nouveaux joueurs possible. Cela ne peut être que bénéfique pour le tennis libanais. » En effet, les efforts déployés par Thomas Wille pour le développement du tennis libanais sont considérables et ne peuvent être que louables, surtout lorsqu’ils émanent d’une conviction personnelle. Mais une même question ne fait que traverser mon esprit. N’y aurait-il pas de Libanais pour l’épauler dans son estimable action ?...
Il a 34 ans, il est belge, marié et père de deux fillettes de 5 ans et un an. Il réside au Liban depuis cinq ans et n’a qu’une passion : le tennis. Lui, c’est Thomas Wille, ancien joueur professionnel de tennis reconverti depuis quelque temps à l’entraînement et à l’initiation, des plus jeunes surtout.
Malgré les quelques kilos qu’il traîne fièrement, Wille n’a rien oublié de son jeu, sa victoire au Masters samedi dernier l’ayant entièrement prouvé. Au final, le lauréat de la première édition du Masters of Lebanon, qui regroupe les meilleurs du classement du circuit libanais, aura donc été un… Belge.
« C’est flatteur, avoue-t-il, mais ça démontre quand même les lacunes du tennis libanais… ». Effectivement, certains trouveraient inadmissible qu’un « vétéran », même Belge, parvienne...