On aurait pu se souvenir cette saison de Sebastian Vettel comme du fossoyeur de Lewis Hamilton au Brésil, en le doublant à deux tours de l’arrivée, le privant ainsi du titre mondial. Mais Timo Glock est passé par là et finalement l’empreinte que laissera le pilote allemand est bien plus bénéfique pour ses relations avec son confrère britannique. Il est tout simplement la révélation de la saison, celui qui n’a cessé d’étonner par son talent et son culot, et qui est devenu le plus jeune vainqueur d’un Grand Prix, en Italie, à seulement 21 ans et deux mois.
Certes, Lewis Hamilton est champion du monde, le plus jeune de l’histoire. Il n’y a aucun doute, Felipe Massa a réalisé une grande saison, la meilleure de sa carrière. Tout le monde s’accordera à dire que Robert Kubica a franchi un cap en 2008, avec notamment sa victoire au Canada. Et que dire de Kimi Raikkönen, si ce n’est que sans ce maudit sort qui s’est acharné contre lui tout au long la saison, il aurait certainement pu conserver son titre. Oui, tout cela est vrai. Ces quatre hommes sont de grands pilotes, et l’un d’entre eux sera peut-être champion en 2009 ! Mais aucun des quatre n’est le plus jeune à voir été en tête d’un Grand Prix, ni le plus jeune à avoir marqué un point en championnat, ni le plus jeune à avoir réalisé une pole, ou encore le plus jeune à avoir gagné une course. Ils laissent tous cet honneur à Sebastian Vettel.
« Je n’oublierai jamais ces sensations »
Rien ne dit encore que l’Allemand gagnera d’autres courses (on dénombre 28 pilotes dans l’histoire de la F1 à ne s’être imposés qu’une seule fois), mais s’il fallait prendre les paris, nul doute que beaucoup miseraient sur d’autres victoires, voire sur un titre mondial. La démonstration de Vettel à Monza, sous la pluie, au volant de sa Toro Rosso, loin d’être la monoplace la plus performante du plateau même si elle a beaucoup progressé tout au long de la saison, restera longtemps dans les mémoires, et dans la sienne en premier lieu... « C’est incroyable ! On n’a eu aucun problème de tout le Grand Prix, une bonne stratégie et tout s’est bien passé, déclarait ainsi Vettel après la course. Le tour d’honneur et la cérémonie du podium ont été des moments fabuleux, je n’oublierai jamais ces images, ces sensations. » Le prodige avait offert des prémisses de son talent, à Monaco, déjà sous la pluie, en finissant cinquième alors qu’il s’était élancé en 19e position sur la grille. Après sa victoire en Italie, il a confirmé, à Singapour (cinquième), et au Brésil (quatrième), se payant même le luxe de devancer le futur champion du monde à Interlagos. Huitième avec 35 points au classement final de la saison, il devance les deux pilotes Toyota (Jarno Trulli et Timo Glock) et Nelson Piquet, et se place largement devant son coéquipier, Sébastien Bourdais (4 points), il est vrai pas aidé par le sort.
Le nouveau Schumacher ?
Après son succès en Italie, on parlait déjà de lui comme du nouveau Schumacher. Mais le principal intéressé a préféré ne pas entrer sur ce terrain : « Il faut garder les pieds sur terre et tout mettre en perspective. Michael a remporté sept titres mondiaux, c’est assez difficile à comprendre de l’extérieur. Mais quand vous pilotez chaque semaine durant toute une saison, vous vous rendez compte du niveau qu’avait Michael. Je pense qu’un pilote qui accomplit le quart de ce qu’a fait Michael aura déjà eu beaucoup de succès. » Néanmoins, son patron chez Toro Rosso, l’Autrichien Gerhard Berger, n’a pas hésité à déclarer qu’il le voyait gagner d’autres courses et des titres mondiaux. Pour le moment, l’avenir de Vettel passe par Red Bull, la grande sœur de Toro Rosso, qu’il rejoindra en 2009. Mais des écuries de premier plan commencent à lui faire les yeux doux. « Nous le connaissons depuis longtemps, a déclaré Norbet Haug, le patron de Mercedes Sport. Il mérite ce succès. Qu’il soit une option dans le futur pour notre équipe ? C’est encore tôt pour en parler. Mais la réussite de ce jeune garçon, cela fait du bien à l’Allemagne et à la F1 en général. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats On aurait pu se souvenir cette saison de Sebastian Vettel comme du fossoyeur de Lewis Hamilton au Brésil, en le doublant à deux tours de l’arrivée, le privant ainsi du titre mondial. Mais Timo Glock est passé par là et finalement l’empreinte que laissera le pilote allemand est bien plus bénéfique pour ses relations avec son confrère britannique. Il est tout simplement la révélation de la saison, celui qui n’a cessé d’étonner par son talent et son culot, et qui est devenu le plus jeune vainqueur d’un Grand Prix, en Italie, à seulement 21 ans et deux mois.
Certes, Lewis Hamilton est champion du monde, le plus jeune de l’histoire. Il n’y a aucun doute, Felipe Massa a réalisé une grande saison, la meilleure de sa carrière. Tout le monde s’accordera à dire que Robert Kubica a franchi un cap en 2008, avec...