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La situation Le déploiement syrien à la frontière s’étend à l’Est Fady Noun

OPINION
31/10/2008
Après le Nord, l’Est. C’est la principale information de la journée d’hier, du moins la plus neuve : la coopération libano-syrienne contre la contrebande à la frontière va s’étendre à une partie de la frontière orientale, après s’être concentrée en octobre à la frontière nord, pour contrer notamment une menace terroriste potentielle, a-t-on annoncé hier de source militaire libanaise. La Syrie va envoyer des renforts afin de mieux lutter contre la contrebande et les infiltrations, a annoncé hier l’armée, citée par les agences. Le commandant en chef, Jean Kahwagi, et son homologue syrien Ali Habib se sont entretenus au téléphone du déploiement d’unités syriennes « le long de la frontière orientale (du Liban) dans les prochains jours », précise l’armée dans son communiqué. « Ce déploiement s’inscrit dans le cadre des mesures destinées à mettre fin à la contrebande et à empêcher le franchissement illégal de la frontière », poursuit le communiqué. Il pourrait expliquer le renforcement des mesures de contrôle syriennes à Masnaa et Jdeidet-Yabous, où de longues files de poids lourds en tout genre ont commencé à se former, la fouille allant parfois jusqu’au déchargement de la marchandise Les réconciliations Par ailleurs, à l’approche du 5 novembre, date fixée pour la relance du dialogue national, le bilan de la période probatoire de presque cinq semaines accordée par le président Michel Sleiman, pour les réconciliations, semble mitigé ou, disons, incomplet. Certes, l’une des deux réconciliations vedettes, celle de Saad Hariri avec Hassan Nasrallah, a eu lieu, mais l’autre qui devait rapprocher, au moins physiquement, Samir Geagea et Sleimane Frangié n’a pas eu lieu. De nombreux facteurs semblent avoir joué contre cette dernière réconciliation. Les raisons politiques ne sont pas secondaires, mais ne sont pas les seules. L’idée qu’une réconciliation entre les Marada et les Forces libanaises aurait profité d’abord aux FL y est pour quelque chose. Pour beaucoup, il s’agirait d’un « cadeau gratuit » que Frangié accorderait à Geagea, quelques mois avant les élections. Toutefois, d’autres facteurs sont venus hypothéquer d’avantage encore le processus de réconciliation : le facteur psychologique semble également avoir joué un rôle. On a voulu attribuer à l’acceptation de la condition posée par Frangié à une rencontre avec Geagea – la présence du général Michel Aoun – un coefficient psychologique de réconfort, qui affaiblissait l’image de M. Frangié. Ce qui a cabré ce dernier et a refroidi sa détermination. La Ligue maronite, qui a rendu compte à M. Geagea de la réponse de M. Frangié, n’a toutefois pas baissé les bras, mais il est certain que les chances d’une réconciliation interchrétienne avant la relance du dialogue au palais de Baabda semble difficile, voire improbable. Notons aussi qu’une rencontre Hassan Nasrallah-Walid Joumblatt ne semble pas non plus imminente, encore qu’aux mines réjouies du leader druze et des députés du Hezbollah, hier, à l’inauguration du complexe de l’Imam Sader, on peut conclure que le climat entre le PSP et le Hezbollah a nettement changé. Le complexe, note-t-on, relève de l’imamat chiite irakien, hostile à la doctrine de la « wilayat al-fakih », telle que pratiquée par le régime iranien. Le rendez-vous du 5 novembre Avec le calme qui prévaut peu à peu dans le pays, le rendez-vous du 5 novembre prendra une tournure moins dramatique, estiment les observateurs. Certes, l’enjeu est toujours aussi central, mais il sera discuté dans un climat moins passionnel, surtout si la menace terroriste recule. Par contre, le facteur électoral est appelé à jouer un rôle croissant, à mesure que l’on se rapprochera de l’échéance printanière. Les voyages arabes et persans effectués par les uns et les autres sont là pour prouver que le pays continue d’être tributaire des appuis externes dont bénéficient les communautés et partis. Et c’est sans doute l’un des aspects les plus décevants de la vie nationale.

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