Dans une démarche qui a secoué le monde judiciaire, le magistrat Ralph Riachi a présenté hier sa démission au président du Conseil supérieur de la magistrature, le juge Antoine Khair.
Riachi, qui est l’un des magistrats libanais les plus réputés pour son intégrité et ses compétences, a précisé dans sa lettre de démission écrite à la main qu’il s’agit d’une protestation contre la non-adoption, pour la seconde fois, des permutations judiciaires. Étant un des membres élus du CSM, il a présenté sa démission au président Antoine Khair pour que ce dernier convoque le corps électoral et le charge de lui élire un remplaçant.
Dans le texte de la démission, le juge Riachi précise qu’étant donné que les permutations judiciaires n’ont pas encore été décidées pour la seconde fois et alors que plus de cent magistrats diplômés de l’Institut des études judiciaires attendent d’être nommés à des postes judiciaires et alors que les dossiers en suspens s’accumulent, nuisant ainsi à l’intérêt des citoyens et au fonctionnement de la justice, il a préféré présenter sa démission en guise de protestation. Riachi a aussi rappelé dans sa lettre le serment qu’il a prêté au moment de son élection et qui lui impose « de veiller, dans toutes ses actions, au bon fonctionnement de la justice, à sa dignité et à son indépendance », il a donc choisi de présenter sa démission de ses fonctions au CSM, tout en continuant à assumer ses responsabilités de magistrat. La démission a été enregistrée au greffe du CSM et son président, Antoine Khair, a déclaré qu’il attendait le retour du ministre de la Justice Ibrahim Najjar qui se trouve actuellement en France pour étudier les mesures à prendre. Après cela, il convoquera les membres du Conseil à une réunion. Il a précisé qu’il continuera à travailler jusqu’à la fin de son mandat pour faire adopter le projet des permutations judiciaires, mais il a précisé qu’il lui a été demandé d’attendre un peu le temps nécessaire à la publication du décret de formation de la commission de l’Inspection judiciaire.
Le bâtonnier de l’ordre des avocats Ramzi Jreige a publié un communiqué, dans lequel il a rendu hommage à l’intégrité et à l’honnêteté du juge Riachi, « sur lequel, a-t-il dit, tout le monde compte pour réformer le corps judiciaire ». Il a précisé que le juge a eu le courage de dénoncer les interventions politiques dans les affaires de la justice, lesquelles retardent d’ailleurs l’adoption des permutations judiciaires. Selon le bâtonnier Jreige, le juge Riachi a voulu par, sa démission, exprimer individuellement son refus d’accepter le fait accompli et mettre au grand jour les souffrances endurées par de nombreux magistrats.
De son côté, le juge Riachi a confié à L’Orient-Le Jour qu’il ne faut pas donner à sa démission une portée qu’elle n’a pas et l’interpréter de manière fantaisiste. Elle constitue, à ses yeux, une protestation contre le retard dans l’adoption des permutations judiciaires et n’est nullement dirigée contre le ministre de la Justice qui d’ailleurs avait été informé à l’avance de sa décision. Elle n’est pas non plus due à des menaces qu’il aurait reçues tout comme elle n’est pas liée à la prochaine formation du tribunal international, le juge faisant, dit-on, partie des noms avancés par le Liban pour être un des membres de ce tribunal. M. Riachi dément toute information de ce genre, rappelant qu’il se contente de démissionner de ses fonctions administratives, mais continue d’exercer son métier de juge au sein de la Cour de cassation et de la Cour de justice.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans une démarche qui a secoué le monde judiciaire, le magistrat Ralph Riachi a présenté hier sa démission au président du Conseil supérieur de la magistrature, le juge Antoine Khair.
Riachi, qui est l’un des magistrats libanais les plus réputés pour son intégrité et ses compétences, a précisé dans sa lettre de démission écrite à la main qu’il s’agit d’une protestation contre la non-adoption, pour la seconde fois, des permutations judiciaires. Étant un des membres élus du CSM, il a présenté sa démission au président Antoine Khair pour que ce dernier convoque le corps électoral et le charge de lui élire un remplaçant.
Dans le texte de la démission, le juge Riachi précise qu’étant donné que les permutations judiciaires n’ont pas encore été décidées pour la seconde fois et alors que plus de...