Séminaire au Parlement sur le recrutement
et la formation des fonctionnaires, avec une présentation de l’expérience française dans le domaine.
L’Institut des finances a organisé hier un séminaire sur le recrutement et la formation des fonctionnaires, au cours duquel le contrôleur général et délégué à la formation des ministères de l’Économie et des Finances français, Didier Hüe, a présenté la réforme du système de recrutement et de formation en France.
Pour sa part, le député Robert Ghanem a dressé un état des lieux du système libanais actuel, qui « n’a pas connu de changement considérable depuis que la loi des fonctionnaires a été promulguée en 1959 ».
Le principal problème du recrutement des fonctionnaires au Liban réside d’abord dans les concours organisés par le Conseil de la fonction publique. « Les questions des examens sont jugées trop générales, purement théoriques et inadaptées aux profils requis », a indiqué M. Ghanem. D’autant qu’il n’existe pas de « système moderne de description et de classification des postes (job description) » sur la base duquel devraient être organisés les concours. « La loi actuelle permet à tout candidat titulaire d’une licence de droit, ou son équivalent, de se présenter au concours de troisième catégorie (…) ce qui aboutit à la prédominance inutile au sein de l’appareil public de licenciés en droit ou en littérature, et à la pénurie de spécialisations nécessaires », comme les statistiques, les technologies de l’information ou autres.
En France, une réforme a été justement menée pour modifier le contenu des épreuves afin de « rompre avec une vision trop académique des épreuves », et « disposer des compétences adaptées aux évolutions des technologies, des missions et des métiers », a expliqué Didier Hüe.
L’autre problème au Liban est « la profusion de concours internes restreints aux fonctionnaires cadrés, ce qui facilite la promotion de ces derniers, même s’ils n’ont par la spécialité requise, en éliminant toute compétition de l’extérieur », a poursuivit Robert Ghanem, alors qu’en France, près de 80 % des recrutements ont lieu par voie de concours externe.
Le ministre des Finances, Mohammad Chateh, a également pointé un autre problème majeur : le piston. « Tout le monde connaît les interventions politiques au niveau du recrutement et de la promotion » a-t-il affirmé en soulignant « le long chemin qui reste à faire » au niveau de la réforme administrative.
Quant à la formation, elle a été quasi inexistante au Liban durant des années. En effet, l’École nationale d’administration libanaise n’a vu le jour qu’en 2002 après l’échec cuisant de l’Institut de l’administration publique (IAP) puis de l’Institut national de l’administration publique et du développement (Inapd).
L’École nationale d’administration française, en revanche, procure une formation initiale de haut niveau, tandis que la formation continue est garantie par une loi datant de 2007 instaurant le « droit individuel à la formation », soit 20 heures par an pendant six ans.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats