Le Rassemblement démocratique des femmes libanaises (RDFL) a publié mardi deux études analysant la violence exercée contre les femmes sur le terrain, comme sur les plans juridique et légal.
La première étude a été menée auprès de 300 femmes issues des différentes souches sociales, culturelles et sociologiques.
« Au Liban, la violence pratiquée contre les femmes est étroitement liée à la mentalité patriarcale qui règne et qui se base sur le pouvoir qu’ont les hommes sur les femmes, a expliqué Mme Fahima Charafeddine, auteure de l’étude, au cours d’une conférence de presse donnée à l’ordre de la presse. La société et les lois ne reconnaissent la violence exercée contre les femmes que si elle mène à la mort. Et même dans ces derniers cas, on trouve des justifications à l’homicide tant sur le plan moral que juridique. »
L’étude, qui a analysé les formes de violence dont ces femmes sont victimes et les causes qui y ont mené, ainsi que la période de l’après-violence, souligne que la réaction de ces femmes était « unanime et répondait au système des valeurs familiales qui règne dans le pays ». « L’idéologie de la patience et du sacrifice pousse la majorité des femmes à garder le silence, soit parce qu’elles ont peur des menaces et du châtiment, soit parce qu’elles espèrent voir leur conjoint changer », a constaté l’étude. Elle remarque par ailleurs que partant de l’idéologie de « la patience » et de « la nécessité d’éviter le scandale », la violence exercée contre la femme ne sera jamais dévoilée parce qu’il faut garder « les secrets de la famille ».
« Mettre un terme à la violence contre la femme nécessite une volonté politique et un engagement de la part des hauts responsables d’en faire une priorité sur les plans national, régional et international », a insisté l’étude, mais aussi de la part des partis, des syndicats et ordres, des ONG et des mouvements sociaux.
La seconde étude a comporté trois analyses de la violence pratiquée contre la femme dans la loi du statut personnel chez les communautés chrétiennes, la loi du statut personnel chez les communautés druze, chiite et sunnite, et dans le code pénal. Les trois analyses, menées respectivement par Marie-Rose Zalzal, Ghada Ibrahim et Nada Khalifé, ont mis l’accent sur la mentalité patriarcale qui règne également au niveau de la loi. « Certaines de ces lois sont discriminatoires et permettent la violence pratiquée contre elles, comme elles sont clémentes avec les auteurs de cette violence », ont conclu les auteures.
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La première étude a été menée auprès de 300 femmes issues des différentes souches sociales, culturelles et sociologiques.
« Au Liban, la violence pratiquée contre les femmes est étroitement liée à la mentalité patriarcale qui règne et qui se base sur le pouvoir qu’ont les hommes sur les femmes, a expliqué Mme Fahima Charafeddine, auteure de l’étude, au cours d’une conférence de presse donnée à l’ordre de la presse. La société et les lois ne reconnaissent la violence exercée contre les femmes que si elle mène à la mort. Et même dans ces derniers cas, on trouve des justifications à l’homicide tant sur le plan...