Le patron de la Gulf Bank démissionne.
Le patron de la deuxième banque du Koweït a démissionné hier, devenant la première victime directe dans la région des retombées de la crise financière internationale qui déprime les marchés boursiers des riches monarchies pétrolières du Golfe.
L’annonce de la démission du président de la Gulf Bank, première banque d’un pays du Golfe à avoir subi des pertes en raison de la crise financière, confirme que même ces pays ne sont pas à l’abri, malgré les énormes revenus que leur procurent leurs exportations de brut. L’évènement est survenu sur fond de nouvelle baisse de la Bourse de Koweït, le deuxième marché financier arabe en terme de capitalisation.
Le conseil d’administration de la Gulf Bank a accepté la démission de Bassem al-Ghanem et décidé de nommer à sa place son frère, Qutaiba al-Ghanem. Ce dernier a aussitôt annoncé que sa banque supprimait toutes les transactions sur des produits dérivés et que les principaux actionnaires de Gulf Bank étaient disposés à apporter l’argent qu’il fallait à la banque. « La banque entend poursuivre normalement ses activités », a-t-il ajouté, affirmant qu’elle avait remboursé une partie de ses pertes, sans en préciser le montant.
La Banque centrale du Koweït avait annoncé dimanche que Gulf Bank avait subi des pertes en raison de transactions sur des produits dérivés en euros pour le compte de certains clients, et nommé un contrôleur pour cette banque, dont la cotation en Bourse est suspendue depuis dimanche.
Les difficultés de la Gulf Bank ont amené le gouvernement koweïtien à s’engager à garantir les dépôts dans les banques nationales. « Le Conseil des ministres a approuvé le projet de loi garantissant les dépôts bancaires et il sera soumis au Parlement pour être adopté », a déclaré hier le ministre des Finances, Moustafa al-Chamali. Le gouverneur de la Banque centrale, cheikh Salem Abdel Aziz al-Sabah, avait assuré lundi qu’aucune autre banque locale n’était en difficulté et que les pertes de Gulf Bank n’affecteraient pas ses activités.
La Bourse de Koweït (KSE) a fini la journée mardi sur une nouvelle baisse et de nouvelles protestations de la part d’opérateurs, qui estiment que les mesures de soutien annoncées par le gouvernement ne sont pas suffisantes.
En Arabie saoudite, le marché a rebondi, gagnant 5,3 % hier. Cette hausse a suivi des assurances du chef de la Banque centrale saoudienne, Hamad al-Sayari, sur la solidité du secteur bancaire et l’absence de problèmes de liquidités. Il a attribué la baisse du marché à des « facteurs psychologiques et à la peur que suscite la crise internationale ». Le gouverneur du Dubai International Finance Center (DIFC), Omar ben Suleiman, a abondé dans le même sens.
Washington courtise les investisseurs arabes
Dans ce contexte, le secrétaire américain au Trésor adjoint, Robert Kimmitt, a appelé hier les monarchies pétrolières du Golfe à continuer à investir aux États-Unis pour aider au rétablissement de la stabilité financière. « Nous cherchons à ce que les fonds souverains poursuivent, comme ils le font depuis plus de cinq décennies, leurs investissements sur des bases commerciales solides », a déclaré M. Kimmitt lors d’une visite aux Émirats arabes unis, deuxième étape d’une tournée dans cinq monarchies du Golfe et l’Irak. M. Kimmitt, qui s’est adressé à un parterre d’hommes d’affaires à Dubaï, a indiqué que les investissements en provenance de la région du Golfe « jouaient un rôle croissant dans la réussite de l’économie américaine ». Les investissements directs étrangers aux États-Unis, originaires du monde arabe, « s’étaient élevés à plus de 7 milliards de dollars en 2007, en hausse de plus de 130 % par rapport à 2001 », a-t-il ajouté.
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Le patron de la deuxième banque du Koweït a démissionné hier, devenant la première victime directe dans la région des retombées de la crise financière internationale qui déprime les marchés boursiers des riches monarchies pétrolières du Golfe.
L’annonce de la démission du président de la Gulf Bank, première banque d’un pays du Golfe à avoir subi des pertes en raison de la crise financière, confirme que même ces pays ne sont pas à l’abri, malgré les énormes revenus que leur procurent leurs exportations de brut. L’évènement est survenu sur fond de nouvelle baisse de la Bourse de Koweït, le deuxième marché financier arabe en terme de capitalisation.
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