Turquie
La justice vise l’anti-sécularisme d’Erdogan
le 25 octobre 2008 à 00h00
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a été impliqué dans des activités antilaïques, a déclaré hier la Cour constitutionnelle d’Ankara. La plus haute instance judiciaire du pays nomme également l’ancien président du Parlement, Bulent Arinc, et le ministre de l’Éducation, Huseyin Celik, dans les attendus de son arrêt par lequel elle avait décidé de ne pas interdire l’AKP au pouvoir, mais de lui infliger une amende pour entrave aux principes laïcs du pays.
La Cour constitutionnelle se réfère à l’amendement levant l’interdit frappant le port du voile islamique dans les universités – décision qu’elle avait invalidée au mois de juin. Elle mentionne aussi des propos passés de M. Erdogan, qui avait déclaré que « la religion est le ciment de la société turque » ou, dans une interview à un journal malaisien, décrit la Turquie comme un « État islamique moderne ». « Erdogan a clairement montré que ses opinions sur la liberté de croyance visaient à créer une liberté sans limites pour l’islam politique », estime la Cour constitutionnelle.
Cette décision accentue la pression sur M. Erdogan en faveur du limogeage de plusieurs ministres dans le cadre d’un remaniement attendu. La publication de ces attendus, étonnamment durs contre M. Erdogan qui reste le responsable politique le plus populaire du pays, devrait raviver les tensions en Turquie. Le Premier ministre a laissé entendre jeudi qu’il pourrait chercher à réduire les pouvoirs de la Cour constitutionnelle. « Je dois dire clairement que la Cour constitutionnelle n’est pas au-dessus de la Constitution, et que, selon notre Constitution, les libertés et les droits fondamentaux sont déterminés par les lois, non par leur interprétation », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. Depuis son arrivée au pouvoir, en 2002, l’AKP, dont les racines plongent dans l’islam politique, est engagé dans un bras de fer avec les piliers de la laïcité turque, dont l’armée et la magistrature. Dans ses 370 pages d’attendus, la Cour constitutionnelle juge que l’AKP s’est servi des sensibilités religieuses comme d’un instrument au service d’« intérêts purement politiques », qui bloque le débat sur les problèmes socio-économiques.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a été impliqué dans des activités antilaïques, a déclaré hier la Cour constitutionnelle d’Ankara. La plus haute instance judiciaire du pays nomme également l’ancien président du Parlement, Bulent Arinc, et le ministre de l’Éducation, Huseyin Celik, dans les attendus de son arrêt par lequel elle avait décidé de ne pas interdire l’AKP au pouvoir, mais de lui infliger une amende pour entrave aux principes laïcs du pays.
La Cour constitutionnelle se réfère à l’amendement levant l’interdit frappant le port du voile islamique dans les universités – décision qu’elle avait invalidée au mois de juin. Elle mentionne aussi des propos passés de M. Erdogan, qui avait déclaré que « la religion est le ciment de la société turque » ou, dans une interview à un...
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