Le ministre des Finances s’engage à poursuivre les réformes et presse les donateurs de remplir leurs engagements.
Le ministre des Finances a présenté hier le septième rapport de suivi de la conférence Paris III aux représentants des bailleurs de fonds, réunis au Grand Sérail. Le rapport indique que sur les 7,531 milliards de dollars promis à Paris III, 4,729 milliards de dollars d’aides ont fait l’objet d’accords de financement, et seuls 2,655 milliards de dollars ont été effectivement déboursés. En contrepartie, l’État a mis en œuvre quelques mesures. Mais globalement, le chemin des réformes semble encore long. D’ailleurs, une grande partie des mesures prévues cette année dans le programme, comme la hausse de la TVA ou de la taxe sur les taux d’intérêt, n’ont pas été appliquées, sans parler des privatisations.
Le ministre Mohammad Chatah s’est donc employé à rassurer les donateurs, en réitérant la détermination du gouvernement à appliquer le programme de réformes présenté à la conférence d’aide internationale au Liban. « Certaines mesures ont été prises ces dernières semaines, et d’autres suivront pour poursuivre l’ajustement structurel, l’assainissement financier et l’amélioration des conditions de vie », a-t-il déclaré, en soulignant que le cabinet actuel n’est pas seulement un gouvernement de transition.
Toutefois, « nous ne voulons pas faire preuve d’un optimisme exagéré en affirmant que tous les problèmes du Liban sont terminés, et que les Libanais n’ont plus de divergences sur de nombreux points, a-t-il ajouté. Mais les choses ont vraiment changé avec les réconciliations politiques, puisque les différentes parties ont recommencé à se réunir autour d’une même table pour parler des problèmes, notamment économiques ».
Pour le ministre, la principale réalisation des derniers mois est la redynamisation des institutions, « ce qui nous permet de reparler de politiques de réformes ». Dans ce contexte, les aides internationales sont essentielles pour aider le gouvernement à respecter les engagements pris à l’égard des citoyens, a-t-il poursuivi en appelant à la concrétisation des promesses d’aides. Pour leur part, les autorités libanaises ont réaffirmé leur soutien aux grands principes de Paris III dans la déclaration ministérielle, a affirmé le ministre. Le revenu par habitant peut être bien plus important qu’aujourd’hui, et le potentiel du Liban mieux exploité, si le gouvernement remplit ses engagements avec le soutien de la communauté internationale, a-t-il insisté.
Le ministre a ensuite évoqué les conséquences éventuelles de la crise financière sur le Liban. Selon lui, « il y a beaucoup d’incertitudes sur les mois et les années à venir ». L’économie libanaise est très liée à celle du Golfe, dont la croissance a soutenu l’activité libanaise et la hausse des dépôts bancaires, a-t-il reconnu. « Il est trop tôt pour mesurer l’impact d’un éventuel ralentissement régional sur le Liban (…) mais pour le moment il y a des signes de stabilité (…) Dans le passé, l’économie libanaise a su faire preuve de stabilité et de flexibilité dans un contexte de mutations mondiales et régionales, a rappelé M. Chatah.
Le secteur bancaire, en particulier, qui est au cœur de l’économie nationale, affiche une croissance de 10 à 13 %, a-t-il poursuivi. « Cela signifie que les ressources des banques, qui représentent peut-être le triple de celles de l’État, sont en mesure de financer le déficit. »
Mais l’État ne devrait pas abuser de cette situation, d’autant que ses besoins de financement en 2008 et 2009 sont de près de 14 milliards de dollars. Le ministre a donc voulu « envoyer un message important au monde : nous sommes toujours engagés à contenir la dette publique (…) et à respecter nos engagements en matière de réformes fiscales. Mais cela ne veut pas dire qu’il y aura une hausse brutale des taxes ni une baisse drastique des dépenses publiques, cela aura lieu progressivement et de façon équilibrée », a conclu Mohammad Chatah.
A-t-il pour autant convaincu les bailleurs de fonds ? Il faut l’espérer.
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Le ministre des Finances a présenté hier le septième rapport de suivi de la conférence Paris III aux représentants des bailleurs de fonds, réunis au Grand Sérail. Le rapport indique que sur les 7,531 milliards de dollars promis à Paris III, 4,729 milliards de dollars d’aides ont fait l’objet d’accords de financement, et seuls 2,655 milliards de dollars ont été effectivement déboursés. En contrepartie, l’État a mis en œuvre quelques mesures. Mais globalement, le chemin des réformes semble encore long. D’ailleurs, une grande partie des mesures prévues cette année dans le programme, comme la hausse de la TVA ou de la taxe sur les taux d’intérêt, n’ont pas été appliquées, sans parler des...