Les attributions du vice-président du Conseil, fonction dévolue à la communauté grecque-orthodoxe, continuent d’alimenter l’actualité politique, avec des divergences radicales, mais de pure forme, entre la majorité et l’opposition.
Tout en se disant « convaincu » que « des prérogatives précises » doivent être attribuées à la fonction de vice-président du gouvernement, M. Farid Makari (majorité) a affirmé hier que les droits de la communauté orthodoxe, à laquelle ce poste revient conformément à la coutume, « sont invoqués en la matière à des fins électorales ».
M. Makari s’est déclaré disposé à examiner le dossier de cette question épineuse avec tous ceux qui partagent son avis, « mais après les élections législatives et pas auparavant ».
La déclaration de M. Makari s’inscrit dans le cadre d’une polémique soulevée avant tout par l’opposition dans des buts électoraux évidents.
M. Issam Abou Jamra (CPL), vice-président du Conseil, s’était en particulier retiré de la séance du Conseil des ministres, mardi, pour protester contre le fait que, deux mois après qu’il en eut fait la demande, cette question ne figurait toujours pas à l’ordre du jour du Conseil des ministres.
« Certes, l’accord de Doha nous défend de torpiller les réunions du gouvernement, a affirmé M. Abou Jamra. De fait, le retrait du vice-président du Conseil ne compromet pas la tenue du Conseil des ministres. J’ai simplement voulu mettre en évidence une vérité dans un but de régulation du travail du gouvernement. J’ai demandé depuis deux mois à ce que ce point figure à l’ordre du jour, j’estime avoir droit soit à la coopération du président du Conseil, soit à des explications. »
Pour M. Abou Jamra, le président du Conseil « administre les séances, mais n’a pas le droit de refuser ma demande. Ce droit est exercé par le Conseil des ministres réuni, auquel sont transférées, conformément à l’accord de Taëf, les anciennes prérogatives du président de la République ».
Pour le ministre, la façon de faire du chef du gouvernement est « un abus de pouvoir ou encore une façon de contourner l’accord de Taëf ».
Toujours selon M. Abou Jamra, le décret de formation du gouvernement mentionne explicitement la fonction de vice-président du Conseil et a obtenu le suffrage de cent députés ; il convient donc « de le respecter ».
Le ministre a affirmé accepter sans problèmes que la question ne soit pas inscrite à l’ordre du jour du Conseil des ministres, à condition que ce rejet soit le fruit d’un vote et non pas d’une décision discrétionnaire du chef du gouvernement.
Et de conclure en affirmant qu’il n’assistera pas à la prochaine réunion du gouvernement au cas où elle se tiendrait au Sérail.
Un accord consensuel
« La question est moins simple qu’on ne le pense, a répondu indirectement M. Jean Oghassabian (Courant du futur) au vice-président du Conseil. Elle fait partie des accords qui doivent être conclus de façon consensuelle, étant étroitement liée à la Constitution et à l’accord de Taëf. Ce n’est donc pas au Conseil des ministres d’en décider, mais au Parlement ou, à défaut, à la table de dialogue. »
Pour M. Issam Farès, ancien vice-président du Conseil, « cette fonction est désormais entrée dans les mœurs constitutionnelles, et si certains ministres et députés ou dignitaires religieux orthodoxes évitent de la défendre, c’est en raison de leurs allégeances politiques et pour éviter d’être embarrassés, Mais cela ne justifie pas qu’une communauté entière renonce à ses droits, du moins tant que nous sommes dans un système politique marqué par le confessionnalisme ».
Et d’ajouter que cette fonction n’a pas pour but d’empiéter sur les prérogatives de la communauté sunnite et de remettre en cause des accords consensuels, « que nous sommes les premiers à vouloir respecter ».
Enfin, la Ligue grecque-orthodoxe s’est dit « étonnée » que cette question soulève autant de passions « injustifiées ».
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Tout en se disant « convaincu » que « des prérogatives précises » doivent être attribuées à la fonction de vice-président du gouvernement, M. Farid Makari (majorité) a affirmé hier que les droits de la communauté orthodoxe, à laquelle ce poste revient conformément à la coutume, « sont invoqués en la matière à des fins électorales ».
M. Makari s’est déclaré disposé à examiner le dossier de cette question épineuse avec tous ceux qui partagent son avis, « mais après les élections législatives et pas auparavant ».
La déclaration de M. Makari s’inscrit dans le...