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Actualités

Crise financière Mobilisation tous azimuts pour tenter de calmer la nervosité des marchés

Alors que Washington met le cap sur un nouveau plan de relance, les pays de l’UE commencent à annoncer, en ordre dispersé, de timides mesures de soutien de leurs économies. Signe des craintes sur la résistance de l’économie européenne, l’euro est passé sous 1,31 dollar pour la première fois depuis le 9 mars 2007. Le billet vert revient en grâce, les cambistes tablant sur un second plan de relance américain. La Maison-Blanche s’est de nouveau dit ouverte hier à la possibilité d’un tel plan, après celui de 168 milliards de dollars mis en place au printemps. L’idée avait été avancée la veille par le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke. Le temps presse car « l’économie américaine est déjà en récession », a jugé hier la Banque centrale du Canada. Elle a annoncé une baisse d’un quart de point de son taux directeur à 2,25 % pour tenter de stimuler la croissance de l’économie qui a commencé à donner des signes d’essoufflement. Le président français Nicolas Sarkozy a prôné à nouveau au Parlement européen à Strasbourg un plan européen coordonné de relance économique, écarté par les dirigeants européens lors de leur sommet la semaine dernière. « Cela ne veut pas dire qu’on va vider les caisses, faire de la relance en dépensant l’argent qu’on n’a pas. Mais est-ce que ça ne mériterait pas qu’on en parle entre nous pour construire une réponse coordonnée ? » a-t-il plaidé. La tendance des marchés financiers était hésitante hier. « Même si les marchés financiers paraissent se stabiliser, le retournement de l’économie ne fait que commencer », a analysé Paul Dales, de Capital Economics à Londres. Les Européens, qui écartent pour l’heure tout plan de relance global, continuent d’agir de manière isolée. En France, le gouvernement a annoncé avant-hier soir l’injection d’ici à la fin de l’année de 10,5 milliards d’euros dans les six plus grandes banques privées afin de rouvrir le robinet du crédit et contrer la récession qui menace. Dopés par cet apport d’argent frais, les titres des grandes banques françaises se sont envolés hier à la Bourse de Paris. Au Royaume-Uni, le gouvernement a dévoilé hier un plan pour aider les PME alors que le moral des industriels n’arrête pas de se dégrader. Il envisage aussi d’augmenter ses dépenses publiques et de les recentrer sur le logement et l’énergie. Le gouvernement allemand est prêt à lancer un nouveau programme pour faciliter l’accès au crédit des entreprises et éviter une contagion de la crise financière à l’économie réelle, selon la presse allemande. La confiance revient cependant peu à peu sur le marché interbancaire qui continuait à se détendre hier sous l’impulsion des actions conjuguées des gouvernements et des banques centrales. Passées l’urgence d’endiguer la panique sur les marchés financiers, les divergences d’approche sur les questions de fond sont apparues au grand jour. Nicolas Sarkozy a ainsi osé une pique à l’encontre des États-Unis, implicitement accusés d’avoir vécu à crédit sur le dos du reste du monde. « Peut-on continuer, nous (en Europe), à porter les déficits de la première puissance mondiale sans avoir un mot à dire ? La réponse est clairement non », a-t-il déclaré dans un discours devant le Parlement européen à Strasbourg. M. Sarkozy, qui assure la présidence de l’Union européenne, a proposé une réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’UE pour préparer le premier sommet sur une refonte du système financier international prévu en novembre à New York. À ce propos, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a réclamé que l’Espagne soit présente dans les sommets mondiaux, même si ce pays ne fait pas partie du groupe des huit pays les plus industrialisés (G 8). M. Sarkozy a également relancé hier une vieille idée française, celle d’un gouvernement économique de la zone euro face à la Banque centrale européenne (BCE), pour mieux gérer les crises. Mais le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a aussitôt pris ses distances, soulignant qu’il ne fallait « pas mettre en cause l’indépendance de la Banque centrale ». Par le passé, la France a toujours dû battre en retraite sur cette question devant l’opposition de l’Allemagne qui soupçonne Paris de vouloir remettre en cause l’indépendance de la BCE. M. Sarkozy s’est prononcé aussi en faveur de la création en Europe de fonds souverains pour protéger de prédateurs étrangers les entreprises stratégiques fragilisées par la crise financière. Mais le ministre allemand de l’Économie, Michael Glos, a rejeté cette idée. À Paris, dix-sept pays réunis à l’initiative de l’Allemagne et de la France ont demandé hier à l’OCDE de « réactualiser » sa « liste noire » des paradis fiscaux non coopératifs d’ici à mi-2009. Berlin a souhaité mettre à l’index la Suisse. Pour les États-Unis, une des solutions pourrait venir du commerce mondial. La secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a appelé à conclure avec succès les négociations de Doha sur la libéralisation des échanges dans le cadre de l’OMC afin d’envoyer un « signal fort » à l’économie mondiale. La baisse du pétrole, passé sous les 70 dollars le baril, sur fond de baisse de la consommation, pourrait également faciliter un rebond de la croissance. Inquiets des conséquences de la crise, les grands argentiers des six monarchies arabes du Golfe ont d’ailleurs décidé de se réunir samedi à Riyad.
Alors que Washington met le cap sur un nouveau plan de relance, les pays de l’UE commencent à annoncer, en ordre dispersé, de timides mesures de soutien de leurs économies.
Signe des craintes sur la résistance de l’économie européenne, l’euro est passé sous 1,31 dollar pour la première fois depuis le 9 mars 2007. Le billet vert revient en grâce, les cambistes tablant sur un second plan de relance américain.
La Maison-Blanche s’est de nouveau dit ouverte hier à la possibilité d’un tel plan, après celui de 168 milliards de dollars mis en place au printemps. L’idée avait été avancée la veille par le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke.
Le temps presse car « l’économie américaine est déjà en récession », a jugé hier la Banque centrale du Canada. Elle a annoncé une baisse d’un...