L’annonce du prochain échange diplomatique entre le Liban et la Syrie continue de susciter des réactions enthousiastes dans les milieux libanais, aussi bien ceux du 14 que du 8 Mars.
Dans les rangs du Hezbollah, le vice-secrétaire général du parti, cheikh Naïm Qassem, a estimé que cette décision « constitue une démarche positive dans l’intérêt des deux États libanais et syrien, qui barre la voie aux pêcheurs en eaux troubles ». « Le Liban a besoin d’une bonne relation avec la Syrie, et vice-versa. Il est dans l’intérêt des deux pays de s’entendre sur plusieurs questions parce qu’ils font face à un ennemi commun, Israël », a noté cheikh Qassem.
Plus explicite est la pensée du responsable du Liban-Sud au sein du Hezbollah, cheikh Nabil Qaouq, selon qui l’initiative prouve que « l’option de la réconciliation, de l’entente positive, de la fraternité et de la profondeur de la relation stratégique entre les deux pays était la bonne et celle de la confrontation et de la provocation la mauvaise ». « Nous pouvons désormais dire à l’ensemble des Libanais qu’ils ont un seul ennemi, Israël, et que la Syrie-sœur est à ses côtés, un pilier fort dont l’objectif est de consolider l’unité des Libanais et d’immuniser le Liban contre tous les dangers, qui ont une seule source : Israël et l’axe israélo-américain », dit-il.
Le 14 Mars
Si le 8 Mars exprime sa satisfaction à la lumière d’une lecture idéologique, celle de l’impératif de la confrontation avec Israël, le 14 Mars part d’une lecture souverainiste liée à la reconnaissance de l’entité libanaise par la Syrie.
Ainsi le député Ahmad Fatfat s’est-il félicité de la démarche syrienne, estimant qu’elle aurait dû se produire beaucoup plus tôt, dans la mesure où « il s’agit d’une reconnaissance de la souveraineté et de l’indépendance du Liban, et d’un changement dans la culture politique qui prévalait entre la Syrie et le Liban, celle de la non-reconnaissance de l’État libanais ».
« Nous ouvrons une nouvelle page, fondée sur la réciprocité dans les relations », a-t-il dit, évoquant les multiples dossiers qui restent en suspens entre les deux pays et qui doivent impérativement être réglés : le tracé des frontières, l’observation des frontières et la contrebande, les fermes de Chebaa, les détenus libanais en Syrie, le désarmement des organisations palestiniennes prosyriennes, ou encore la révision des accords bilatéraux passés sous la tutelle.
M. Fatfat a par ailleurs estimé que le Conseil supérieur syro-libanais n’a plus de rôle efficace à jouer, opinion également partagée par le député Hadi Hobeiche.
Dans la même optique, le Parti national libéral a rendu hommage au dynamisme du président de la République, Michel Sleiman, qui a permis d’accélérer la procédure. Il a estimé que la décision est « une démarche positive » qui répond à une revendication libanaise ancestrale et qui devrait être suivie de mesures visant à réconforter les Libanais souverainistes, « dans la mesure où la pratique de la direction syrienne sous l’hégémonie a fait fi du Liban en tant qu’État souverain, indépendant et libre ». Le PNL énumère ensuite les dossiers en suspens entre les deux pays, qui doivent être définitivement résolus.
Le vice-président du Renouveau démocratique, Camille Ziadé, a estimé que la décision du régime syrien est « particulièrement symbolique sur le plan politique ». Il s’agit, selon lui, d’un « tournant important dans l’histoire des relations entre les deux pays et d’un exploit pour le peuple libanais dans son ensemble et pour le public du 14 Mars ». Mais cet échange diplomatique n’est que le début d’un long chemin pour trouver une solution aux dossiers en suspens entre les deux pays, affirme-t-il aussi.
Quant au chef du Courant chiite libre, cheikh Mohammad Hajj Hassan, il a mis l’accent sur la nécessité d’une rupture entre Damas et Téhéran. « La Syrie doit retourner à son arabité et empêcher l’utilisation de son territoire pour des projets externes qui visent à saper la stabilité du monde arabe, et nous, en retour, devons faire obstacle à tout mal qui pourrait viser Damas », a-t-il indiqué.
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Dans les rangs du Hezbollah, le vice-secrétaire général du parti, cheikh Naïm Qassem, a estimé que cette décision « constitue une démarche positive dans l’intérêt des deux États libanais et syrien, qui barre la voie aux pêcheurs en eaux troubles ». « Le Liban a besoin d’une bonne relation avec la Syrie, et vice-versa. Il est dans l’intérêt des deux pays de s’entendre sur plusieurs questions parce qu’ils font face à un ennemi commun, Israël », a noté cheikh Qassem.
Plus explicite est la pensée du responsable du Liban-Sud au sein du Hezbollah, cheikh Nabil Qaouq, selon qui l’initiative prouve que « l’option de la...