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Cisjordanie Filet mignon et crustacés pour égayer le « mur »

Un restaurant adossé au « mur de sécurité » est devenu une attraction touristique. La recette de son succès est évidemment le menu... consigné sur le mur. Comme il faudra sans doute attendre longtemps avant qu’un futur président américain ne demande à Israël « Faites tomber ce mur ! », un restaurateur palestinien, Joseph Hazboon, a fait inscrire les menus sur le mur de sécurité qui isole la Cisjordanie, puisque ce mur frôle aujourd’hui sa propre auberge. Lorsque les Israéliens ont fait passer leur « barrière de sécurité » en béton juste devant la fenêtre de la propriété de la famille Hazboon, à Bethléem, voici quelques années, d’aucuns ont pensé que ce serait le coup de grâce pour son restaurant. C’est alors que Joseph Hazboon a eu l’idée de transformer ce qui était alors un lieu a priori infréquentable en un endroit attirant et lucratif. Ainsi a-t-il renommé son établissement « Auberge du mur » et, à en juger par les résultats, le restaurant est bel et bien devenu une attraction pour nombre de touristes. Il semble qu’ils trouvent là l’occasion de se colleter aux réalités politiques contemporaines de la Terre sainte au lieu de se contenter des antiquités et hauts lieux religieux qu’ils étaient venus voir à Bethléem, lieu de naissance du Christ. « L’idée m’est venue comme ça, comme une vision », se souvient Hazboon, qui, à 35 ans, a déjà 15 ans de métier dans la restauration. Tout d’abord, quand le mur est venu faire de l’ombre à son restaurant, il a envisagé de quitter Bethléem et d’émigrer aux États-Unis, où vit sa mère, mais au bout du compte, il a préféré rester sur place. Les clients ont l’air de trouver son idée plaisante. « Regarder ça (à la télévision) ou lire là-dessus chez nous, ça n’a rien à voir avec le fait de circuler à travers ce magnifique pays et de voir ce mur très laid, affreux », estime un visiteur américain, Chrys Reynolds. « C’est bizarre de voir un menu sur le mur. Mais si vous travaillez ici, cela vous concerne directement, c’est peut-être une façon d’y faire face », ajoute-t-il. À l’heure du déjeuner, les clients montrent du doigt, par la fenêtre, leur choix consigné sur le mur, filet mignon ou crustacés, imprimé à la peinture d’extérieur sur les panneaux de béton de quatre mètres de haut, qui sont censés protéger, de l’avis de leurs constructeurs israéliens, l’État juif d’éventuels attentats palestiniens.
Un restaurant adossé au « mur de sécurité » est devenu une attraction touristique. La recette de son succès est évidemment le menu... consigné sur le mur.
Comme il faudra sans doute attendre longtemps avant qu’un futur président américain ne demande à Israël « Faites tomber ce mur ! », un restaurateur palestinien, Joseph Hazboon, a fait inscrire les menus sur le mur de sécurité qui isole la Cisjordanie, puisque ce mur frôle aujourd’hui sa propre auberge. Lorsque les Israéliens ont fait passer leur « barrière de sécurité » en béton juste devant la fenêtre de la propriété de la famille Hazboon, à Bethléem, voici quelques années, d’aucuns ont pensé que ce serait le coup de grâce pour son restaurant. C’est alors que Joseph Hazboon a eu l’idée de transformer ce qui était alors un lieu a...