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Liban-Syrie Damas avalise l’échange d’ambassadeurs avec Beyrouth

Le président syrien Bachar el-Assad a promulgué hier un décret prévoyant l’établissement de relations diplomatiques avec le Liban. Un premier acte concret de reconnaissance officielle syrienne de l’indépendance du pays du Cèdre. Le décret présidentiel signé hier par le président syrien Bachar el-Assad, qui établit des relations diplomatiques entre les deux pays, devrait conduire logiquement à l’ouverture, dans les mois qui viennent, d’ambassades dans les deux pays. La symbolique de l’acte est puissante puisqu’elle marque en principe une rupture avec le rapport de seigneur à vassal entretenu par Damas avec Beyrouth depuis l’indépendance des deux pays. Le décret signé par le président Assad stipule « l’instauration de relations diplomatiques entre la République arabe syrienne et la République libanaise, et la formation d’une mission diplomatique au niveau d’ambassade dans la capitale libanaise, Beyrouth », a indiqué hier l’agence officielle syrienne SANA. Le texte ne précise cependant pas de date pour l’entrée en vigueur de la décision, mais le chef de la diplomatie, Faouzi Salloukh, a annoncé au cours d’une conférence de presse qu’il se rendra aujourd’hui à Damas pour signer un communiqué commun marquant l’entrée en vigueur des relations diplomatiques avec son homologue syrien, Walid Moallem. « Ce sera là le signal du début d’une nouvelle ère dans les relations libano-syriennes, marquée par la fraternité et la coopération, afin de consolider les relations privilégiées entre les deux pays », a indiqué M. Salloukh durant sa conférence de presse. Le ministre des Affaires étrangères a indiqué que toutes les questions d’intérêt commun, y compris celle de la date d’ouverture des ambassades, seront examinées lors de sa réunion aujourd’hui avec M. Moallem, ajoutant qu’il souhaitait que cette démarche se fasse d’ici à la fin de l’année. Cependant, il est clair que l’ouverture de relations diplomatiques ne réglera cependant pas tous les problèmes entre les deux voisins. Le quotidien syrien al-Watan, proche du pouvoir, a ainsi indiqué hier que le prochain ambassadeur syrien au Liban « devra gérer des dossiers compliqués tels ceux des disparus syriens et libanais, de la délimitation de la frontière et de la révision de certains accords » conclus dans le passé, à l’instar du funeste traité de fraternité et de coopération de 1991. Il convient de rappeler que la décision syrienne avait été annoncée par le président français Nicolas Sarkozy à l’occasion du sommet méditerranéen à Paris en juillet, après une rencontre à trois avec le président Assad et le chef de l’État, Michel Sleiman. Elle avait ensuite été confirmée à la mi-août à Damas durant le sommet Assad-Sleiman, mais sans qu’une date soit précisée. Sleiman et Siniora La signature du décret par le président syrien a déclenché une avalanche de réactions dans les milieux politiques libanais. Le président Sleiman a ainsi exprimé son contentement face à cette décision, souhaitant qu’elle « marque le début du retour aux relations rayonnantes entre les deux pays frères à tous les niveaux et dans tous les domaines ». Le Premier ministre Fouad Siniora, qui a évoqué hier avec M. Salloukh son déplacement à Damas, a pour sa part estimé que ce « progrès au niveau des relations bilatérales entre le Liban et la Syrie constitue une démarche avancée et historique sur la voie de la consolidation de l’indépendance, de la souveraineté et de la libre décision du Liban ». « Il s’agit d’un pas nécessaire vers le renforcement de ces relations sur base de respect mutuel, de réciprocité et d’égalité, ce que les Libanais ont toujours voulu », a-t-il indiqué. « Les relations entre les deux États frères, le Liban et la Syrie, sont des relations historiques gouvernées par la proximité géographique et beaucoup d’intérêts et de soucis communs entre les deux peuples frères », a-t-il ajouté. Il a enfin souhaité que l’établissement de ces relations diplomatiques ouvre une nouvelle page dans l’histoire du Liban et de la Syrie et permette aux deux pays de tirer les leçons du passé et d’œuvrer ensemble pour régler les questions qui sont encore en suspens. Le 14 Mars satisfait L’ancien président de la République, Amine Gemayel, a estimé de son côté que la signature du décret est une « nouvelle réjouissante ». « Le peuple libanais attendait cela depuis longtemps et nous savons tous quelle est la symbolique de cet évènement », a-t-il affirmé. « Il s’agit d’un grand pas en avant et nous continuerons à appuyer toutes les démarches qui pourraient consolider la relation entre les deux pays. Nous percevons cette initiative d’un œil arabe, et pas uniquement libanais. L’initiative ne concerne pas uniquement les relations libano-syriennes, mais les relations syro-arabes. Comme l’a dit le chef de la diplomatie saoudienne, l’émir Saoud el-Fayçal, plus la Syrie se rapproche du Liban et normalise la situation et plus cela contribue à rapprocher les points de vue entre la Syrie et les États arabes », a noté M. Gemayel. L’ancien chef de l’État a toutefois mis l’accent sur le fait que les questions toujours en suspens entre les deux pays devaient être réglées, notamment le dossier des détenus libanais en Syrie et celui du tracé des frontières et de la sécurité. « L’essentiel, c’est que la Syrie respecte la spécificité du Liban et de son régime et que nous tournions la page du passé douloureux », a-t-il conclu. Le chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt, a lui aussi estimé, dans le cadre d’un entretien à la BBC, que le décret marquait un « développement positif » et le « début d’un long processus de construction de relations saines avec la Syrie, étape par étape ». Il a cependant mis l’accent sur la nécessité pour Damas de continuer à tenir les promesses faites à la France, notamment en ce qui concerne le recouvrement des fermes de Chebaa et le tracé des frontières. Le ministre d’État Nassib Lahoud, qui s’est entretenu au Sérail avec Fouad Siniora, a également salué la démarche syrienne, qui « fait écho à une très vieille demande libanaise » et qui ouvre la voie au règlement de tous les dossiers qui sont pour l’instant gelés entre les deux pays. Dans le même esprit, le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a estimé que la démarche instaure sur le plan juridique et constitutionnel un régime de réciprocité dans les relations entre les deux pays. Si le secrétaire général du 14 Mars, l’ancien député Farès Souhaid a estimé qu’« il s’agit là, et pour la première fois dans l’histoire des relations bilatérales, d’une reconnaissance claire de la part de Damas de l’entité libanaise », évoquant un « tournant dans la vie politique libanaise », le député Samir Frangié a rappelé que son père, Hamid Frangié, avait réclamé cette démarche de la Syrie en 1947, après la fin des négociations sur le départ des troupes françaises du Liban et de Syrie. « Il s’agit de l’un des fruits les plus importants de la révolution du Cèdre, à partir duquel nous pouvons rechercher un règlement historique entre le Liban et la Syrie », a ajouté M. Frangié. La décision syrienne n’a en revanche provoqué aucun remous particulier du côté du député du Hezbollah, Hassan Houballah, selon qui « historiquement, c’est la Syrie qui réclamait des relations diplomatiques » et que « les différends avec Damas sont conjoncturels et ne reflètent pas les souhaits des peuples libanais et syrien, dans la mesure où les relations bilatérales sont excellentes depuis des décennies ».
Le président syrien Bachar el-Assad a promulgué hier un décret prévoyant l’établissement de relations diplomatiques avec le Liban. Un premier acte concret de reconnaissance officielle syrienne de l’indépendance du pays du Cèdre.
Le décret présidentiel signé hier par le président syrien Bachar el-Assad, qui établit des relations diplomatiques entre les deux pays, devrait conduire logiquement à l’ouverture, dans les mois qui viennent, d’ambassades dans les deux pays. La symbolique de l’acte est puissante puisqu’elle marque en principe une rupture avec le rapport de seigneur à vassal entretenu par Damas avec Beyrouth depuis l’indépendance des deux pays.
Le décret signé par le président Assad stipule « l’instauration de relations diplomatiques entre la République arabe syrienne et la République...