Reçu hier au Caire par le président égyptien Hosni Moubarak, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a souligné que les concentrations de troupes syriennes à la frontière visaient à effrayer les électeurs du Liban-Nord.
Le président égyptien s’est entretenu durant près de 90 minutes avec M. Geagea, en présence du député FL Antoine Zahra, de l’ancien ministre Joe Sarkis, du responsable des relations extérieures au sein des FL Joseph Nehmé et du porte-parole de la présidence égyptienne Sleimane Awad.
C’est la première fois que le chef des FL a un entretien à ce niveau dans un pays arabe, à l’exception de la rencontre qu’il avait eue avec l’émir du Qatar, au même titre que les autres chefs de file libanais, lors de la conférence de Doha, en mai dernier.
En outre, il faut souligner le timing de cette visite en Égypte, intervenue après celle du président de la République, Michel Sleiman, en Arabie saoudite, et surtout, en concomitance avec celle du général Michel Aoun en Iran. Un communiqué publié par le bureau de presse de M. Geagea a qualifié la rencontre d’« excellente et très amicale ».
« Je voudrais remercier le président Moubarak pour cet accueil », a déclaré M. Geagea dans une conférence de presse à l’issue de l’entretien. « Depuis l’ère du président Anouar es-Sadate, ce grand pays arabe qu’est l’Égypte veille sur le Liban. Personne ne saurait oublier le slogan que le président Sadate avait lancé : “ Ôtez vos mains du Liban ” », a-t-il dit.
Et d’ajouter : « Nous avons discuté de diverses questions et notamment du dossier des fermes de Chebaa. J’ai évoqué devant le président Moubarak deux voies pouvant mener à une solution à ce problème. Il s’agit tout d’abord d’avoir recours aux relations internationales de l’Égypte, en particulier avec les États-Unis, pour amener ces derniers à faire pression sur Israël afin qu’il se retire de cette région. »
« Deuxièmement, il faudra persuader les Syriens de contresigner un document commun avec le gouvernement libanais attestant de la libanité des fermes de Chebaa. Dès l’officialisation de ce document, les fermes seront automatiquement soumises aux dispositions de la résolution 425 du Conseil de sécurité. De ce fait, Israël serait contraint de s’en retirer, car il avait décidé d’appliquer la 425, et s’il ne s’est pas retiré jusqu’à cet instant de cette zone, c’est parce qu’aux yeux du droit international, elle reste considérée comme un territoire syrien, alors qu’en fait, il s’agit d’un territoire libanais. »
Les concentrations syriennes
Le chef des FL a indiqué avoir également évoqué longuement avec M. Moubarak la question des concentrations de troupes syriennes à la frontière nord du pays. « Le président (Moubarak) est tenu au courant des détails de ces concentrations. Je lui ai expliqué qu’à nos yeux, les objectifs de ce déploiement restent obscurs et il nous rappelle les trente années d’hégémonie syrienne sur le Liban », a-t-il poursuivi.
« Car, en fait, si l’objectif était de contrôler la frontière, il aurait fallu que le déploiement de troupes soit plus complet pour couvrir toute la zone frontalière à l’est et au nord. Or il n’est pas possible de maîtriser l’ensemble de la frontière rien qu’en se déployant sur une petite portion proche du Akkar et de Tripoli », a souligné M. Geagea. Pour lui, les concentrations de troupes ont pour but de « rappeler aux Libanais que la Syrie est toujours là » et pour « exercer une pression psychologique sur les électeurs du Liban-Nord à l’approche des législatives ».
M. Geagea a conclu en affirmant que « l’Égypte se tient aux côtés de l’État libanais et aux côtés du Liban souverain, libre et indépendant ».
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Le président égyptien s’est entretenu durant près de 90 minutes avec M. Geagea, en présence du député FL Antoine Zahra, de l’ancien ministre Joe Sarkis, du responsable des relations extérieures au sein des FL Joseph Nehmé et du porte-parole de la présidence égyptienne Sleimane Awad.
C’est la première fois que le chef des FL a un entretien à ce niveau dans un pays arabe, à l’exception de la rencontre qu’il avait eue avec l’émir du Qatar, au même titre que les autres chefs de file libanais, lors de la conférence de Doha, en mai dernier.
En outre, il faut souligner le timing de...