Le Conseil des ministres a évoqué hier la situation sécuritaire née des concentrations de troupes syriennes aux frontières nord du pays.
Le Conseil des ministres a tenu en soirée une réunion de cinq heures et demie, à Baabda, sous la présidence du chef de l’État, Michel Sleiman, et en l’absence des ministres Élias Murr, Talal Arslane, Alain Tabourian, Mohammad Chatah et Ibrahim Chamseddine.
Selon le communiqué lu par le ministre de l’Information Tarek Mitri à l’issue de la séance, Michel Sleiman a passé en revue, devant le Conseil, les évènements des trois dernières semaines, et notamment sa participation à l’Assemblée générale de l’ONU à New York et ses rencontres avec les différents chefs d’État étrangers. « Notre but est de défendre les droits du Liban et de présenter les revendications que notre pays adresse à la communauté internationale, a souligné le président de la République. Les déplacements à l’étranger sont indispensables pour montrer que les institutions du Liban fonctionnent régulièrement et que le pays est doté d’un président consensuel qui est son messager à l’étranger. »
Il a également informé le gouvernement de son intention de visiter Riyad demain dimanche et de ses voyages prévus au Canada, où il devrait participer au sommet de la francophonie, en Italie, au Vatican et en Égypte. « L’armée syrienne s’est récemment déployée le long de la frontière libano-syrienne, a en outre noté Michel Sleiman. J’ai mené une série de contacts, notamment avec le président syrien qui m’a informé que cette mesure s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la contrebande, conformément aux dispositions de la 1701. »
Le chef de l’État a en outre salué « la crédibilité de notre secteur bancaire local qui a mérité la confiance des déposants », exprimant d’autre part sa satisfaction à la suite de l’adoption de la nouvelle loi électorale.
De son côté, le Premier ministre Fouad Siniora a évoqué le déploiement syrien, soulignant que « l’application de la 1701 requiert des mesures le long de toutes les frontières libano-syriennes afin de mettre un terme à toute sorte de trafic ». « Toute coordination militaire ou sécuritaire entre le Liban et la Syrie dans ce domaine serait utile », a-t-il souligné, ajoutant que Tripoli « n’est pas un creuset de terrorisme, contrairement à certaines allégations ».
Fouad Siniora a en outre réclamé que toute la lumière soit faite sur l’affaire de l’enlèvement des deux journalistes américains, enjoignant au ministre de l’Intérieur de contacter son homologue syrien pour ce faire.
Le Conseil s’est ensuite penché sur la polémique autour du déploiement syrien, « insistant sur l’importance de la clarification publiée par le président de la République, ainsi que de la transparence et de l’information du public ».
Le gouvernement a également évoqué le dossier de la sécurisation des frontières, et le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, a présenté les mesures prises à cet égard par le côté libanais. Les ministres sont convenus de poursuivre l’application des recommandations de la délégation de l’ONU pour les frontières et du renforcement de la coordination libano-syrienne.
Quant aux dernières menaces israéliennes contre le Liban, le Conseil a confié à Fouad Siniora le soin d’adresser une missive au secrétaire général de l’ONU pour appeler la communauté internationale à assumer ses responsabilités dans ce domaine.
Passant à l’étude de son ordre du jour, le cabinet a notamment décidé de transférer la compétence de proroger les délais de fonctionnement des carrières au Conseil national pour les carrières.
Par ailleurs, des sources ministérielles informées ont indiqué à notre correspondante à Baabda, Hoda Chédid, que le débat autour du déploiement syrien « n’a duré que quelques minutes ». « Les clarifications fournies par le président Sleiman ont convaincu les ministres de l’efficacité de la coordination entre le chef de l’État et son homologue syrien, ainsi qu’entre les commandements en chef respectifs des armées libanaise et syrienne, ont-elles précisé. La séance a toutefois duré plusieurs heures car l’examen des quelque 80 points inscrits à l’ordre du jour a nécessité un long débat, notamment en ce qui concerne certains projets menés par le Conseil du développement et de la reconstruction. »
Les sources précitées ont expliqué que le cabinet a décidé de reconsidérer la tarification des projets sous-traités à des entrepreneurs, de manière à prendre en considération la flambée des prix des matériaux de construction. Les ministres ont en outre examiné le dossier des contractuels embauchés par les administrations publiques et décidé de réunir les fonds requis pour financer les expropriations que nécessite la construction de l’autoroute reliant Batroun et Tannourine.
Les sources ministérielles ont indiqué que le décret prévoyant la hausse des salaires devrait être publié incessamment dans le Journal officiel, vu que le Conseil d’État s’est prononcé sur cette question. Soulignons que ce dossier n’a pas été évoqué lors de la séance, le ministre du Travail Mohammad Fneiche ayant expliqué que cette mesure n’a plus qu’à être appliquée et ne requiert pas davantage d’examen par le Conseil des ministres.
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Le Conseil des ministres a tenu en soirée une réunion de cinq heures et demie, à Baabda, sous la présidence du chef de l’État, Michel Sleiman, et en l’absence des ministres Élias Murr, Talal Arslane, Alain Tabourian, Mohammad Chatah et Ibrahim Chamseddine.
Selon le communiqué lu par le ministre de l’Information Tarek Mitri à l’issue de la séance, Michel Sleiman a passé en revue, devant le Conseil, les évènements des trois dernières semaines, et notamment sa participation à l’Assemblée générale de l’ONU à New York et ses rencontres avec les différents chefs d’État étrangers. « Notre but est de défendre les droits du Liban et de présenter les revendications...