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Présidentielle US Aux États-Unis, les sondeurs se méfient des sondés

Les sondeurs, qui annoncent la victoire d’Obama face à McCain, reconnaissent qu’ils sont confrontés à une inconnue : l’importance du facteur racial dans le choix des électeurs. « C’est une élection très difficile à prédire parce qu’on ne peut pas utiliser les modèles statistiques normaux », estime Steffan Schmidt, professeur de sciences politiques à l’Université de l’Iowa. L’impondérable est le facteur racial, dans un scrutin où Barack Obama pourrait devenir le premier président noir de l’histoire des États-Unis. Selon une théorie appelée « l’effet Bradley-Wilder », les électeurs diraient au sondeur qu’ils soutiennent M. Obama par crainte de paraître racistes. Mais une fois dans l’isoloir le 4 novembre, ils voteraient pour le candidat blanc, John McCain. En d’autres mots, l’avance de M. Obama dans les sondages pourrait s’évaporer le jour de l’élection. La théorie est née lorsqu’un ancien maire noir de Los Angeles, Tom Bradley, avait perdu la course au gouvernorat en 1982 contre son opposant blanc, alors que les sondages le donnaient vainqueur. Et en 1989, un candidat noir, Doug Wilder, avait remporté de justesse le poste de gouverneur de Virginie, alors que les sondages lui donnaient une avance de 10 %. Beaucoup d’autres élections avec des candidats noirs ne rentrent pas dans ce moule, mais une élection présidentielle ajoute un degré de pression important sur l’électeur. « Nous ne savons pas exactement comment cela va affecter le scrutin », souligne M. Schmidt. « Nous entrons dans l’inconnu », a estimé Carroll Doherty, directrice associée du Centre de recherches Pew, ajoutant : « L’effet Wilder est un des mystères de cette élection. » Mme Doherty souligne que la théorie Bradley-Wilder a eu peu d’impact sur les primaires démocrates, lorsque M. Obama était en compétition avec Hillary Clinton et d’autres prétendants blancs. Mais dans une élection serrée comme celle du 4 novembre, chaque élément compte. « Nous savons que la race est prise en considération. À quel point, ce n’est pas clair. Mais une marge de 2 à 4 % peut faire la différence », souligne-t-elle. Autre obstacle rencontré par les sondages, la nécessité d’une ligne téléphonique fixe pour joindre les personnes interrogées exclut un cinquième de la population qui n’utilise que des portables ou d’autres moyens de communication. « Nous ne joignons que les 79 % de la population qui utilisent des téléphones fixes », reconnaît Humphrey Taylor, président de l’institut de sondage Harris Poll. « Les étudiants n’en ont pas, ils utilisent leur portable ou Skype », la liaison téléphonique gratuite par Internet, ajoute-t-il.
Les sondeurs, qui annoncent la victoire d’Obama face à McCain, reconnaissent qu’ils sont confrontés à une inconnue : l’importance du facteur racial dans le choix des électeurs.
« C’est une élection très difficile à prédire parce qu’on ne peut pas utiliser les modèles statistiques normaux », estime Steffan Schmidt, professeur de sciences politiques à l’Université de l’Iowa. L’impondérable est le facteur racial, dans un scrutin où Barack Obama pourrait devenir le premier président noir de l’histoire des États-Unis.
Selon une théorie appelée « l’effet Bradley-Wilder », les électeurs diraient au sondeur qu’ils soutiennent M. Obama par crainte de paraître racistes. Mais une fois dans l’isoloir le 4 novembre, ils voteraient pour le candidat blanc, John McCain. En d’autres mots, l’avance...