Âgé de 71 ans, Martti Ahtisaari a sillonné la planète au service de la paix, notamment à la tête de la Crisis Management Initiative, l’ONG qu’il a fondée en 2000.
Le prix Nobel de la paix a été attribué hier à l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari pour ses nombreuses médiations de paix à travers le monde depuis 30 ans, malgré un échec notable au Kosovo. « Ces efforts ont contribué à un monde plus pacifique », a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Ole Danbolt Mjoes.
Cet heureux épilogue tranche avec une actualité dominée par les violences. « Nous avons voulu mettre à l’honneur un médiateur de paix avec des succès à son compteur parce que la planète a besoin de médiateurs », a expliqué à l’AFP M. Mjoes, citant les conflits en Irak, en Afghanistan et au Sri Lanka. L’intéressé, lui, s’est dit « surpris ». « J’ai 12,5 % de sang norvégien et je pensais que ça devait me disqualifier » pour le Nobel, a réagi le Finlandais, qui a un arrière-grand-père norvégien. Il a confié qu’il se consacrerait désormais à une initiative visant à donner du travail aux jeunes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pour éviter qu’ils tombent dans l’ornière de la criminalité et du terrorisme.
Considéré comme un sérieux prétendant au Nobel de la paix depuis des années, M. Ahtisaari reçoit la prestigieuse récompense alors qu’il reste sur un échec. Dans ses fonctions d’envoyé spécial de l’ONU entre novembre 2005 et mars 2007, le Finlandais n’a pas réussi à résoudre le casse-tête kosovar. « Il ne semble pas y avoir d’alternative à un Kosovo indépendant », a déclaré à l’AFP Geir Lundestad, secrétaire du comité Nobel, dont il guide les réflexions sans avoir le droit de vote. « On ne dit pas que tout ce qu’a fait M. Ahtisaari s’est traduit par un succès, mais il a eu des réussites magnifiques », a-t-il ajouté. Le président du Kosovo, Fatmir Sejdiu, a jugé le Nobel « plus que mérité ». De son côté, la Serbie officielle, qui n’a jamais pardonné à M. Ahtisaari ses positions favorables à l’indépendance, observait un silence éloquent.
En distinguant M. Ahtisaari parmi les 197 candidats en lice, plutôt que des dissidents chinois ou des militants russes auparavant donnés comme favoris, le comité Nobel a opté pour un candidat assez consensuel. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué « un champion des principes et idéaux des Nations unies ». Le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside l’UE, a rendu hommage à son « inlassable engagement personnel ». Seules quelques voix discordantes se sont élevées à Moscou et Belgrade.
Le Nobel de la paix, qui consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,03 million d’euros), sera remis à Oslo le 10 décembre.
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Le prix Nobel de la paix a été attribué hier à l’ancien président finlandais Martti Ahtisaari pour ses nombreuses médiations de paix à travers le monde depuis 30 ans, malgré un échec notable au Kosovo. « Ces efforts ont contribué à un monde plus pacifique », a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien, Ole Danbolt Mjoes.
Cet heureux épilogue tranche avec une actualité dominée par les violences. « Nous avons voulu mettre à l’honneur un médiateur de paix avec des succès à son compteur parce que la planète a besoin de médiateurs », a expliqué à l’AFP M. Mjoes, citant les conflits en Irak, en Afghanistan et au Sri...