Participant au World Policy Forum à Évian, le chef des Kataëb, Amine Gemayel, a appelé la communauté internationale à appliquer le principe de la responsabilité partagée concernant les réfugiés palestiniens au Liban.
C’est sur le thème du rôle du Liban dans le règlement du conflit israélo-arabe que le chef des Kataëb, Amine Gemayel, a axé son intervention à la tribune du World Policy Forum qui s’est tenu tout récemment à Évian, en France, avec la participation d’une foule de dirigeants de la planète, Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev en tête.
Amine Gemayel a lancé deux idées maîtresses. Il a d’abord souligné la nécessaire négociation indirecte entre Israël et le Liban en vue du retrait israélien des fermes de Chebaa. « La conclusion d’un accord en ce sens assainira le contexte politique régional et permettra d’accélérer le processus de paix », a-t-il dit. L’ancien chef d’État a ensuite appelé la communauté internationale à appliquer le principe de la responsabilité partagée concernant les réfugiés palestiniens au Liban.
Amine Gemayel a commencé son intervention en rappelant que les incidents de Nahr el-Bared en 2007 ont démontré « l’urgence » d’un traitement sérieux de la question des réfugiés. « Sans une action concertée de la part de la communauté internationale afin qu’une solution soit trouvée, les onze autres camps de réfugiés palestiniens risquent de se transformer en un second Nahr el-Bared », a-t-il mis en garde, assurant qu’une telle recrudescence de l’extrémisme « menacera durablement l’équilibre interne, mettra à mal l’autorité palestinienne, exportera l’instabilité dans toute la région, touchera de plein fouet l’Europe et pèsera lourd contre toute perspective de paix dans le conflit israélo-arabe ».
Pour Amine Gemayel, il faut avant toute chose améliorer les conditions des réfugiés dans l’attente d’un règlement définitif. « Cette amélioration est humainement nécessaire, mais reste insuffisante puisqu’elle néglige les dimensions politique et sécuritaire de la question », a-t-il fait remarquer, proposant un plan en deux grands thèmes.
L’humanitaire d’abord. Amine Gemayel a appelé au renforcement de l’Initiative de l’amélioration des camps lancée en 2005 par le gouvernement libanais et l’Unrwa, plaidant également pour l’octroi des droits civils aux Palestiniens, sur base des décisions du dialogue national libanais de 2006. Évoquant ensuite la reconstruction du camp de Nahr el-Bared, il a souligné que celle-ci doit se faire « en même temps » que le retour de tous les déplacés libanais internes (au Nord comme dans la Montagne). « Sans un réel effort pour rendre aux Libanais leurs droits dans leur propre pays, des tensions resurgiront entre Palestiniens et Libanais et rendront encore plus difficiles les travaux de reconstruction », a jugé le chef des Kataëb, lançant à l’adresse de la communauté internationale une Initiative pour les déplacés internes libanais (IDIL) visant à financer rapidement leur retour dans leurs foyers.
Le politique et le sécuritaire ensuite. Rappelant que l’Autorité palestinienne plaide elle-même pour un désarmement des réfugiés palestiniens, aussi bien à l’intérieur que hors des camps, Amine Gemayel a demandé aux amis du Liban et des Palestiniens de mener une action « courageuse et déterminée » pour faire comprendre « à la Syrie, à l’Iran et à tous les autres protagonistes qu’il est temps de lever la main de ce dossier ». Évoquant ensuite le droit au retour tel que stipulé par la résolution 194 de l’ONU, l’ancien chef de l’État a jugé qu’attendre la signature d’un accord de paix régional pour régler le dossier des réfugiés palestiniens au Liban est désormais « inacceptable ».
« Le risque d’une certaine normalisation de la situation sur les plans humain et civil comme prélude à la naturalisation graduelle des réfugiés palestiniens inquiète les Libanais », a-t-il prévenu, insistant sur le fait que l’équilibre démographique au Liban ne peut en aucun cas supporter pareille naturalisation. Il a ainsi appelé la communauté internationale à « faciliter la naturalisation des réfugiés palestiniens dans des pays en déficit démographique », sachant qu’une telle action « ne devrait évidemment pas porter préjudice à leur droit au retour ».
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C’est sur le thème du rôle du Liban dans le règlement du conflit israélo-arabe que le chef des Kataëb, Amine Gemayel, a axé son intervention à la tribune du World Policy Forum qui s’est tenu tout récemment à Évian, en France, avec la participation d’une foule de dirigeants de la planète, Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev en tête.
Amine Gemayel a lancé deux idées maîtresses. Il a d’abord souligné la nécessaire négociation indirecte entre Israël et le Liban en vue du retrait israélien des fermes de Chebaa. « La conclusion d’un accord en ce sens assainira le contexte politique...