La baisse des taux décidée par la Réserve fédérale, en concertation avec cinq autres banques centrales, est insuffisante pour sortir les États-Unis de la crise et un nouvel assouplissement est inéluctable à court terme, estimaient hier les analystes.
En accord avec cinq autres banques centrales, le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a décidé hier d’abaisser son taux directeur et son taux d’escompte de 0,5 point, à respectivement 1,5 % et 1,75 %.
L’opération n’a pas réussi à calmer les marchés financiers, qui l’appelaient pourtant de leurs vœux depuis des semaines.
Après avoir alterné entre vert et rouge pendant une bonne partie de la matinée, la Bourse de New York voyait ses pertes s’accélérer à la mi-journée, à l’instar des autres places financières de par le monde, avant de remonter dans le vert en fin de séance.
Le but d’une baisse des taux est de stimuler l’activité, en diminuant le coût du crédit, mais le prix à payer peut être une relance de l’inflation.
Selon la Réserve fédérale, « le comité a pris cette décision à la lueur des indices montrant un affaiblissement de l’activité économique et une réduction des pressions inflationnistes ».
Mais comme Charles Plosser, un des membres du FOMC, l’a lui même rappelé hier, « l’effet d’une baisse des taux sur l’activité économique peut ne pas se faire sentir avant neuf à dix-huit mois ».
Nombre d’analystes jugent désormais que la Banque centrale n’aura d’autre choix que de baisser de nouveau ses taux d’ici à la fin de l’année pour apaiser les marchés et empêcher de nouveaux plongeons de la Bourse.
« Le blocage des marchés de crédit mondiaux [...] menace gravement la croissance, pas seulement aux États-Unis, mais aussi en Europe et dans les pays émergents », écrit Brian Bethune, du cabinet Global Insight, disant tabler sur un taux directeur de la Fed à 1 % d’ici à la fin de l’année.
Sylvain Broyer de Natixis estime « très probable » une baisse d’un quart de point à court terme, même si un demi-point « ne peut clairement être exclu ». « Clairement, nous n’excluons pas d’autres baisses si la situation sur les marchés financiers ne s’améliore pas », a ajouté l’analyste.
Une nouvelle baisse des taux pourrait être décidée lors de la prochaine réunion ordinaire de la Fed, prévue les 28 et 29 octobre.
Rappelant que la Fed utiliserait tous les outils à sa disposition pour améliorer la liquidité des marchés, son président Ben Bernanke avait déclaré mardi que « pour soutenir la croissance et réduire les risques qui pèsent sur elle, la poursuite des efforts pour stabiliser le système financier [était] essentielle ».
L’effet des baisses des taux sera d’autant plus limité que, de l’avis de la plupart des observateurs, l’économie américaine est entrée en récession.
Le Fonds monétaire international (FMI), qui a revu hier en forte baisse sa prévision de croissance pour l’économie américaine en 2009, à +0,1 %, estime que l’économie américaine devrait se stabiliser au deuxième trimestre de 2009 et se reprendre graduellement par la suite.
Mais, avertit-il, l’avenir dépendra de « l’efficacité des mesures récentes prises par le gouvernement pour stabiliser les marchés financiers », du « comportement des ménages américains face à une pression croissante » et de « l’étendue de la baisse du marché immobilier ».
Une grande part du salut de l’économie américaine semble donc désormais reposer sur le succès du plan de sauvetage des banques, entré en vigueur vendredi. Et sur ce point, le FMI juge qu’il faudra un « temps considérable » avant que « les banques soient renflouées et que le marché reprenne confiance ».
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En accord avec cinq autres banques centrales, le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a décidé hier d’abaisser son taux directeur et son taux d’escompte de 0,5 point, à respectivement 1,5 % et 1,75 %.
L’opération n’a pas réussi à calmer les marchés financiers, qui l’appelaient pourtant de leurs vœux depuis des semaines.
Après avoir alterné entre vert et rouge pendant une bonne partie de la matinée, la Bourse de New York voyait ses pertes s’accélérer à la mi-journée, à l’instar des autres places financières de par le monde, avant de...