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La situation Réconciliation interchrétienne : ça se précise Fady NOUN

08/10/2008
Ça se précise. Après quelques jours de flottement, de démentis et de nouvelles contradictoires, la réconciliation entre les Marada et les Forces libanaises, que doit sceller une rencontre entre Sleimane Frangié et Samir Geagea, semble avoir enregistré du progrès. Aucune date ne lui a été fixée, sans doute par prudence. Mais le principe en a été retenu par les deux camps, semble-t-il. La rencontre entre les deux hommes se tiendrait au palais présidentiel de Baabda, sans doute pour en souligner le cachet d’abord politique, avant de se transposer à Bkerké. En outre, le principe de la présence du général Michel Aoun, aux côtés de M. Frangié, et du président Amine Gemayel, comme appui moral à Samir Geagea, aurait été retenu. Selon les milieux proches du leader zghortiote, M. Frangié souhaite que la réconciliation avec les Forces libanaises soit cautionnée par le chef de l’État, le patriarche Sfeir et « le patriarche politique » des chrétiens du Liban, le général Aoun. Il argue en particulier qu’ayant recueilli plus de 70 % de suffrages des chrétiens, le chef du Courant patriotique libre est le mieux placé pour donner sa bénédiction politique à un accord destiné à pacifier la rue chrétienne. On sait depuis quelques jours déjà que M. Geagea ne voit aucun inconvénient à la présence du général Aoun à la réunion de réconciliation. À l’idée que le chef des Forces libanaises pourrait exiger que d’autres personnalités de son camp soient présentes, on affirme du côté des Marada que, pour chaque nom avancé par M. Geagea, un vis-à-vis sera avancé par l’opposition : pour Nayla Moawad, Gebrane Tok, Nassib Lahoud, Émile Rahmé, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement des noms et… des médiateurs, de sorte que la réunion de réconciliation maronite se transformera en assises maronites élargies. Un projet qui a été tenté, mais en vain, par le passé. Selon les milieux précités, la réunion se tiendra certainement avant la date fixée pour la reprise du dialogue national, le 5 novembre prochain. À la rigueur, Sleimane Frangié et Samir Geagea pourraient ne pas attendre le retour au Liban du patriarche maronite, prévu pour le 26 octobre. Auquel cas, ce serait le vicaire patriarcal maronite, Mgr Roland Aboujaoudé, qui aurait la joie de recevoir les deux hommes réconciliés, à leur retour de Baabda. En tout état de cause, on sera un peu mieux fixé à ce sujet aujourd’hui, avec l’entretien télévisé qu’accorde le chef des Marada à Maguy Farah, ce soir, sur la OTV. M. Frangié rappellerait en particulier que c’est Samir Geagea qui, à sa sortie de prison, a refusé de lui parler au téléphone, estimant qu’il était « politiquement fini ». L’autre grand thème politique d’actualité est celui de la présence massive de l’armée syrienne à la frontière nord du Liban, qui suscite les frayeurs du 14 Mars. Le secrétaire d’État adjoint américain pour l’Asie et le Proche-Orient, David Hale, s’est fait l’écho de ces frayeurs à sa sortie de Baabda et a déclaré que les États-Unis soutenaient le Liban contre toute « ingérence étrangère » et relevé que la politique américaine à l’égard du pays du Cèdre était inchangée. Le quotidien al-Hayat, proche de l’Arabie saoudite, a affirmé hier que cette présence s’est rapprochée de la Békaa et était désormais visible à partir du village frontalier de Kaa. Cette information a toutefois été démentie par l’ancien ministre syrien de l’Information, Mahdi Dakhlallah, qui a accusé le quotidien d’être de parti pris, du fait qu’il est interdit à la vente en Syrie. Indépendamment de cette polémique, le chef de l’État a réaffirmé hier, à l’occasion de son entretien avec M. Hale, que « l’armement sophistiqué supplémentaire demandé par l’armée doit lui permettre de faire face au terrorisme, de protéger la paix civile et la stabilité du pays ». Une façon comme une autre de rappeler aux grandes et moins grandes puissances que le Liban fait face à une menace terroriste réelle, qu’elle provienne du Nord, où deux attentats dirigés contre l’armée se sont produits, en l’espace d’un mois et demi, ou du Sud, où le volcan de Aïn el-Héloué – un mort hier – pourrait un jour se réveiller et se transformer en un nouveau Nahr el-Bared. Mais il est aussi, il ne faut jamais l’oublier, d’autres sources de terrorisme, qui demeurent non identifiées. Qui donc a tué, à Bayssour, Saleh Aridi ? Qui a fauché le général François el-Hajj (2007) et le responsable des renseignements des FSI Wissam Eid (2008) ? Qui donc était l’auteur de la série d’attentats qui, en l’espace de deux ans, a fauché certaines des figures de proue de la lutte pour l’indépendance ? Autant d’énigmes qui doivent rappeler au Liban qu’il ne connaîtra la stabilité qu’après avoir gagné la guerre des ombres et élucidé ce passé trouble.

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