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Crise financière Mobilisation internationale pour tenter d’éviter la panique

Six grandes Banques centrales annoncent un plan de mesures concertées destinées à alimenter le circuit bancaire international jusqu’à la fin de l’année. La Réserve fédérale américaine est montée au front pour empêcher la contagion de la crise du crédit à l’économie réelle, en annonçant qu’elle allait acheter des billets de trésorerie, instruments financiers qui permettent aux entreprises de faire face à leurs besoins imprévus de liquidités. Cette annonce a contribué à doper les marchés boursiers qui évoluaient en dents de scie au lendemain du « lundi noir », ballottés entre annonces et rumeurs sur les valeurs bancaires, dont beaucoup restaient soumises à de très fortes pressions à la baisse. Un vent de panique a même soufflé à Londres sur la plupart des grandes banques britanniques, dont Royal Bank of Scotland (RBS). Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a assuré hier que celle-ci faisait tout son possible pour fournir des liquidités aux marchés, mais qu’elle n’avait pas la capacité de résoudre les problèmes de solvabilité des banques. Les ministres des Finances de l’Union européenne ont pris hier leur première mesure commune concrète, après la cacophonie des derniers jours, en se mettant d’accord pour plus que doubler la garantie des dépôts bancaires des particuliers de 20 000 à 50 000 euros en cas de faillite. Certains pays, l’Espagne, la Belgique, la Grèce et les Pays-Bas, sont allés plus loin, portant leur garantie à 100 000 euros. Pour essayer de rétablir la confiance, les 27 pays de l’UE ont promis de soutenir leurs groupes financiers en cas de difficulté. Mais ils se réservent le droit de changer les directions des groupes aidés et de supprimer les parachutes dorés des patrons contraints au départ. Tentant d’afficher un front uni, les pays de l’UE ont aussi promis de « coordonner étroitement leurs actions et de prendre en compte les effets transfrontaliers potentiels de décisions nationales ». Au-delà, le président George W. Bush a discuté hier de la crise financière mondiale avec les dirigeants français, britannique et italien, soulignant la nécessité d’une coopération, selon la Maison-Blanche. La défiance a cependant continué à se propager. Plusieurs banques européennes ont dû démentir des besoins en capitaux, tandis que Bank of America chutait de 13,87 % après l’annonce de résultats en forte baisse et d’une augmentation de capital de 10 milliards de dollars. Deutsche Bank, première banque privée allemande, a assuré qu’elle ne prévoyait pas d’augmentation de son capital, coupant court à des rumeurs qui avaient fait plonger l’action. La chancelière allemande Angela Merkel a cependant affirmé hier que la première économie d’Europe était « forte et bien armée » pour faire face à la crise financière internationale. En Grande-Bretagne, les banques Barclays et Royal Bank of Scotland (RBS) ont nié avoir demandé une recapitalisation lors d’une réunion avant-hier de ces deux banques et de Lloyds TSB avec le ministre des Finances Alistair Darling, comme l’affirmait la BBC. Paris a réaffirmé hier son engagement à empêcher toute faillite de banque : « Nous avons décidé de garantir complètement la continuité du système bancaire français », a déclaré le Premier ministre François Fillon. Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a annoncé la création d’un fonds de soutien au système financier de 30 milliards d’euros. Les Banques centrales déployaient tous leurs efforts pour éviter une panne du crédit et irriguer le marché interbancaire sur lequel les banques, plus méfiantes que jamais, ne se prêtent pratiquement plus d’argent. Six Banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon, ont publié un calendrier de leurs opérations de refinancement destinées à alimenter le circuit bancaire international en dollars jusqu’à la fin de l’année. Côté européen, la BCE a annoncé hier qu’elle allait doubler à 50 milliards d’euros le montant d’une opération de refinancement sur six mois qu’elle avait annoncé début septembre. Les Bourses européennes, évoluant au gré des nouvelles et des rumeurs sur les banques, ont terminé en ordre dispersé, après des séances tout aussi agitées en Asie où Tokyo a clôturé sur une baisse de 3,03 %. Londres a finalement terminé en légère hausse de 0,35 % ainsi que Paris (+0,55 %) et Madrid (+1,27 %), alors que Francfort baissait de 1,12 %. L’indice européen Eurostoxx 50 a pris 0,22 %. La Confédération patronale britannique, la CBI, a pressé hier le gouvernement de provoquer un « électrochoc » pour contrer la crise financière. En dehors de l’UE, l’Islande a annoncé la nationalisation de la deuxième banque du pays, Landbanski, après celle de Glitnir. De son côté, le président russe Dmitri Medvedev a promis jusqu’à 950 milliards de roubles (environ 26,7 milliards d’euros) de crédits aux banques russes pour consolider leurs fonds propres. Enfin, le vent de panique a gagné les marchés boursiers arabes.
Six grandes Banques centrales annoncent un plan de mesures concertées destinées à alimenter le circuit bancaire international jusqu’à la fin de l’année.
La Réserve fédérale américaine est montée au front pour empêcher la contagion de la crise du crédit à l’économie réelle, en annonçant qu’elle allait acheter des billets de trésorerie, instruments financiers qui permettent aux entreprises de faire face à leurs besoins imprévus de liquidités.
Cette annonce a contribué à doper les marchés boursiers qui évoluaient en dents de scie au lendemain du « lundi noir », ballottés entre annonces et rumeurs sur les valeurs bancaires, dont beaucoup restaient soumises à de très fortes pressions à la baisse.
Un vent de panique a même soufflé à Londres sur la plupart des grandes banques britanniques, dont...