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Turquie Ankara n’écarte pas une nouvelle intervention en Irak contre le PKK

Une nouvelle réunion des dirigeants civils et militaires est prévue demain afin de conférer, notamment, de plus amples pouvoirs à l’armée. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a envisagé publiquement hier une nouvelle incursion militaire en Irak contre les rebelles kurdes, qui ont tué 17 soldats lors d’une attaque ce week-end et placé le gouvernement sous tension. « Si une telle opération transfrontalière se réalise, elle visera uniquement les terroristes », dénomination officielle pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a déclaré le chef du gouvernement lors d’un discours au groupe parlementaire de son Parti de la justice et du développement (AKP). M. Erdogan a assuré que la population locale, l’administration kurde autonome d’Irak et l’unité politique de l’Irak n’en seraient pas affectées. M. Erdogan a, en outre, stigmatisé une nouvelle fois l’inaction des autorités kurdes d’Irak : « Tout le monde doit dresser une barrière claire et nette contre le terrorisme, cela est de l’intérêt de tous. » Ces déclarations interviennent alors que le Parlement turc doit voter aujourd’hui le renouvellement du mandat de l’armée pour les opérations contre le PKK en Irak, qui prend fin le 17 octobre. Le vote est acquis car tous les partis politiques représentés à l’Assemblée, excepté celui prokurde DTP (Parti pour une société démocratique), doivent le soutenir. Le gouvernement turc est tiraillé entre le mécontentement grandissant de la population, qui réclame une solution définitive au problème du PKK, et le poids de la diplomatie. Washington, allié de la Turquie dans l’OTAN, voit d’un mauvais œil les incursions turques en Irak, qui pourraient déstabiliser la seule région tranquille du pays. Demain, une nouvelle réunion des dirigeants civils et militaires est prévue afin de conférer de plus amples pouvoirs aux autorités militaires, notamment la prolongation des gardes à vue et le droit de procéder à des perquisitions sans autorisation d’un juge, ont rapporté les journaux. Ces mesures pourraient cependant déplaire à l’Union européenne, à laquelle souhaite adhérer la Turquie. Ankara a en effet élargi ces dernières années les droits individuels et octroyé des droits culturels à sa communauté kurde. L’attaque menée vendredi par le PKK contre un poste-frontière avec l’Irak, au cours de laquelle 17 soldats turcs et 23 rebelles ont été tués, est la plus grave depuis celle qui avait coûté la vie à 12 soldats en octobre 2007. Celle-ci avait débouché en février 2008 sur une intervention terrestre de l’armée turque dans le nord de l’Irak. La Turquie mène également depuis un an des raids aériens contre le PKK dans le Kurdistan irakien. Depuis vendredi, l’aviation turque a frappé à trois reprises des caches du PKK en Irak, dont la dernière fois hier, a annoncé l’état-major. D’autre part, deux bombes ont explosé hier à Bagdad, juste à l’extérieur de la zone verte, le site fortifié qui abrite notamment le gouvernement. Sept personnes ont été blessées, un soldat irakien et six civils. Les explosions ont eu lieu alors que le n° 2 de la diplomatie américaine, John Negroponte, tenait une conférence de presse à l’intérieur de la zone verte. Selon des témoins, une mine magnétique a détruit un véhicule blindé de l’armée irakienne, garé dans un parking, à quelques dizaines de mètres de l’entrée principale de la zone verte. Quatre minutes plus tard, une voiture piégée a explosé dans le même parking. L’attaque a entraîné un vent de panique parmi les nombreux militaires et policiers habituellement déployés dans la zone, qui craignaient une troisième explosion. Cet attentat intervient malgré des mesures de sécurité renforcées et des contrôles accrus sur les véhicules suite à une série d’attentats dans la capitale irakienne la semaine dernière.
Une nouvelle réunion des dirigeants civils et militaires est prévue demain afin de conférer, notamment, de plus amples pouvoirs à l’armée.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a envisagé publiquement hier une nouvelle incursion militaire en Irak contre les rebelles kurdes, qui ont tué 17 soldats lors d’une attaque ce week-end et placé le gouvernement sous tension. « Si une telle opération transfrontalière se réalise, elle visera uniquement les terroristes », dénomination officielle pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), a déclaré le chef du gouvernement lors d’un discours au groupe parlementaire de son Parti de la justice et du développement (AKP). M. Erdogan a assuré que la population locale, l’administration kurde autonome d’Irak et l’unité politique de l’Irak n’en seraient...