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Actualités - Chronologie

Syrie L’incertitude est totale quant aux commanditaires de l’attentat de Damas

L’explosion d’une voiture piégée, bourrée de 200 kilos d’explosifs, a fait 17 morts. Qualifié de « terroriste » par les autorités syriennes, l’attentat à la voiture piégée, qui a fait 17 morts et 14 blessés samedi à Damas, suscite des interrogations quant aux commanditaires de cette opération, certains analystes y voyant un message d’Israël ou des forces sunnites extrémistes de la région. Selon les médias officiels, la voiture, bourrée de 200 kilos d’explosifs, se trouvait dans une rue passante, près d’un poste des services de sécurité, à une intersection menant à l’aéroport international de Damas et à la tombe de Sitt Zeinab, un haut lieu de pèlerinage chiite. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, a dénoncé un « acte terroriste et criminel ». M. Moallem, qui a rencontré à New York la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, a regretté que la « terreur se soit répandue davantage après la guerre lancée par les États-Unis contre le terrorisme ». Aucune revendication n’a été jusqu’à présent formulée et les autorités syriennes observaient un mutisme – habituel dans ces affaires – propre à favoriser toutes les hypothèses chez les commentateurs. « La liste de ceux qui refusent que la Syrie vive en sécurité et en paix est longue », écrit dimanche le quotidien syrien al-Watan, proche du pouvoir. « Elle commence par Israël, passe par les services de renseignements et des milices déployées dans les pays (voisins) et se termine par les groupes (islamistes) qui interprètent mal la religion. » Pour l’analyste Riad Kah-waji, basé à Dubaï, « aucune partie ne peut être exemptée de soupçons en raison des intérêts régionaux conflictuels, mais surtout à cause de la position régionale contradictoire de la Syrie ». « Alliée de l’Iran, elle mène cependant parallèlement des négociations indirectes de paix avec Israël conditionnées, selon l’État hébreu, à une prise de distance avec Téhéran », a-t-il expliqué à l’AFP. L’attentat pourrait donc être, selon lui, « un message à la Syrie » pour qu’elle abandonne son alliance avec l’Iran. « Les groupes sunnites fondamentalistes n’apprécient pas non plus l’alliance Damas-Téhéran et voient d’un mauvais œil les tentatives présumées de convertir des sunnites syriens au chiisme », indique M. Kahwaji. M. Kahwaji a noté par ailleurs que l’explosion en elle-même posait des questions. « Transporter 200 kilos d’explosifs n’est pas simple dans un pays comme la Syrie », tenu d’une poigne de fer par les services de sécurité, explique-t-il. « Cela pourrait indiquer l’existence de conflits au sein des services de sécurité. » L’analyste politique Fawaz Najia, également basé à Dubaï, a pour sa part lié l’attentat à « la tension croissante entre sunnites et chiites ». « Un récent rapport d’un centre de recherches syrien basé à Londres affirme que l’Iran déverse des millions de dollars en Syrie pour convertir des sunnites au chiisme », dit-il à l’AFP. Pour le politologue syrien Razzouk Ghawi, il n’y a rien de communautaire dans l’attentat de samedi, qui est selon lui un acte « politique », une réponse au réchauffement des relations entre Damas et des capitales occidentales. « Les derniers développements positifs dans les relations syriennes, notamment avec la France, renforcent la position internationale de Damas, et cela déplaît à Israël », estime M. Ghawi. « Le mystère plane à Damas », note pour sa part le quotidien israélien à grand tirage Yediot Aharonot. « Une seule chose est certaine : notre voisin du Nord ne connaît pas des jours tranquilles, de sorte que (le président syrien Bachar) el-Assad apparaît comme un leader incapable de contrôler la situation dans son propre pays », souligne le Yediot Aharonot. Hachem al-Khaleidi, éditorialiste du quotidien jordanien semi-gouvernemental al-Doustour, n’a aucun doute quant aux commanditaires de l’attaque. « C’est un complot israélien soutenu par les États-Unis pour déstabiliser le régime syrien et provoquer suffisamment de chaos pour que se développe une opposition », accuse-t-il dans un éditorial. « Ils veulent renverser Bachar el-Assad, considéré comme un obstacle par les États-Unis et Israël ». « Israël dément toute implication dans l’attentat mystérieux de Damas », semble répondre en titre le quotidien israélien Haaretz, en citant des responsables de l’État juif, qui a engagé, via la Turquie, des négociations de paix avec son voisin syrien. Le quotidien gratuit israélien Israël Hayom (droite), lui, n’y va pas par quatre chemins, en écrivant que l’attentat prouve, selon lui, « que le régime qui a fait grandir en son sein le serpent du terrorisme se retrouve menacé par son venin ». Il s’agit du troisième attentat cette année à Damas, après celui qui a tué en août le général Mohammad Sleimane, responsable de la sécurité du Centre d’études et de recherches scientifiques syrien, et celui qui a entraîné la mort en février de Imad Moghniyé, un dirigeant du Hezbollah. Enfin, selon le Jerusalem Post, un haut gradé de l’armée syrienne, proche du général Assef Chawkat, a été tué dans cet attentat, déstabilisant un peu plus le régime syrien en proie à des conflits internes.
L’explosion d’une voiture piégée, bourrée de 200 kilos d’explosifs, a fait 17 morts.

Qualifié de « terroriste » par les autorités syriennes, l’attentat à la voiture piégée, qui a fait 17 morts et 14 blessés samedi à Damas, suscite des interrogations quant aux commanditaires de cette opération, certains analystes y voyant un message d’Israël ou des forces sunnites extrémistes de la région.
Selon les médias officiels, la voiture, bourrée de 200 kilos d’explosifs, se trouvait dans une rue passante, près d’un poste des services de sécurité, à une intersection menant à l’aéroport international de Damas et à la tombe de Sitt Zeinab, un haut lieu de pèlerinage chiite.
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, a dénoncé un « acte terroriste et criminel ». M. Moallem, qui a...