L’enquête de l’agence onusienne a été retardée par le meurtre de son contact syrien.
Les États-Unis ont réclamé hier un rapport complet sur les accusations lancées à l’encontre de la Syrie soupçonnée d’avoir construit un complexe nucléaire clandestin à al-Kibar, au dernier jour de la réunion d’automne du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ce rapport devrait « fournir des détails écrits sur l’état de l’enquête en Syrie et sur le degré de coopération des Syriens avec les enquêteurs », d’après une déclaration de Gregory Schulte, le représentant américain auprès de l’AIEA. « L’échec de la Syrie à coopérer pleinement et dans les temps avec les inspecteurs est un sujet d’inquiétude sérieux », a ajouté M. Schulte.
Selon Washington, ce complexe nucléaire a été construit par les Syriens avec l’aide de la Corée du Nord. Toujours aux termes des accusations américaines, le centre d’al-Kibar, qui a été détruit par l’aviation israélienne en septembre 2007, n’était pas conçu pour la production d’électricité. De plus, il se trouvait dans un désert loin de toute population civile et ne convenait pas non plus à la recherche nucléaire. Enfin, les Américains ont affirmé qu’avant sa destruction, qui entrave sérieusement le travail des enquêteurs, ce réacteur était sur le point d’être opérationnel.
Hier soir, le directeur général de l’AIEA, Mohammad el-Baradei, a révélé que l’enquête avait été retardée à cause de l’assassinat de l’interlocuteur de l’agence en Syrie. Il n’a pas fourni de détails sur cet assassinat. Des médias arabes avaient fait état en août de l’assassinat d’un brigadier général, qui passait pour être l’homme de liaison du régime syrien auprès du Hezbollah. Selon le site Internet d’informations arabe al-Bawaba, il s’agirait d’un officier du nom de Mohammad Sleiman. Le quotidien al-Mustaqbal avait, lui, cité un site Internet syrien affirmant que Sleiman était le responsable de la sécurité au palais présidentiel et « le bras droit » du président Assad.
Le conseil des 35 gouverneurs de l’AIEA a débattu du dossier nucléaire syrien hier, au dernier jour de sa réunion d’automne. La Syrie a accepté en juin la visite de trois inspecteurs de l’AIEA sur le site d’al-Kibar, mais refuse depuis toute nouvelle visite, ainsi que des renseignements additionnels sur ce dossier, et a qualifié les accusations américaines « d’absurdes ». Lundi, M. el-Baradei avait indiqué que les échantillons rapportés de la visite en juin étaient toujours en cours d’analyse, ajoutant qu’à « ce stade il n’y avait pas d’indication » qu’il s’agissait de matériel nucléaire. Il avait dit aussi avoir demandé en juillet à la Syrie « l’accès à des informations et à des sites supplémentaires ». L’ambassadeur d’Australie auprès de l’AIEA, Peter Shannon, a regretté, lui, « que la Syrie n’ait toujours pas répondu à la demande de l’agence de pouvoir effectuer d’autres visites et obtenir davantage d’informations ».
Le Mouvement des pays non alignés, qui regroupe plus de 100 pays et inclut l’Afrique du Sud, l’Inde, Cuba, l’Égypte et l’Algérie, entre autres, a une nouvelle fois condamné hier l’attaque aérienne israélienne contre le centre d’al-Kibar.
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Les États-Unis ont réclamé hier un rapport complet sur les accusations lancées à l’encontre de la Syrie soupçonnée d’avoir construit un complexe nucléaire clandestin à al-Kibar, au dernier jour de la réunion d’automne du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Ce rapport devrait « fournir des détails écrits sur l’état de l’enquête en Syrie et sur le degré de coopération des Syriens avec les enquêteurs », d’après une déclaration de Gregory Schulte, le représentant américain auprès de l’AIEA. « L’échec de la Syrie à coopérer pleinement et dans les temps avec les inspecteurs est un sujet d’inquiétude sérieux », a ajouté M. Schulte.
Selon Washington,...