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Actualités - Chronologie

Débat Les excuses du chef des FL continuent d’alimenter la polémique

Les excuses formulées dimanche par Samir Geagea, au cours de la messe à la mémoire des martyrs FL à Jounieh, ont suscité hier de nouvelles réactions. Le 14 Mars applaudit, mais le 8 Mars reste sceptique. L’ensemble des réactions favorables au « pardon » de Samir Geagea proviennent de ses alliés du 14 Mars, tandis que, dans le camp opposé, on se montre bien plus prudent. Le bloc parlementaire des FL, réuni hier sous la présidence de M. Geagea à Meerab, a regretté certaines des réactions aux propos du chef des FL, qui sont « en deçà du niveau requis et qui font fi de toute éthique politique ». « C’est comme si certains préféraient le retour à la guerre civile en quelque sorte. Au lieu de prendre une initiative similaire, ils ont fait rejaillir intentionnellement les souffrances du passé, d’une manière tronquée, au moment où les Libanais en général et les chrétiens en particulier ont besoin d’aspirer à un avenir sûr et stable », a indiqué le bloc FL. Le vice-président de la Chambre, Farid Makari, a lui aussi regretté les réactions au discours de Samir Geagea, saluant l’initiative « civilisée et courageuse » de ce dernier. « Nous aurions préféré que toutes les parties saisissent cette opportunité au vol pour la réconciliation. Ils auraient dû retrouver Samir Geagea au milieu de la route, a-t-il indiqué. L’importance de cette initiative historique, c’est qu’elle a brisé un cercle vicieux et qu’elle a créé une faille dans le mur de l’obstination et de l’orgueil. Elle a reflété un courage et une volonté de transcender le passé douloureux. Tout le monde devrait retrouver cette démarche au milieu du chemin », a ajouté M. Makari. « Malheureusement, la réponse aux propos de Samir Geagea était d’exhumer les fosses communes et de tenter de raviver la guerre. Comme si M. Geagea était le seul responsable de toutes les souffrances », a conclu Farid Makari. Le Renouveau démocratique, réuni hier sous la présidence du ministre Nassib Lahoud, a lui aussi salué le « courage moral » de l’initiative de Samir Geagea. « Il s’agit d’un événement rarissime dans l’expérience libanaise et très peu de responsables courageux, dont le martyr Georges Haoui, l’ont entrepris par le passé. Georges Haoui était, durant la guerre, dans le camp opposé à Samir Geagea, et il n’a pas hésité à faire une relecture totale et critique de la guerre pour s’excuser ensuite des erreurs commises. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son portrait se trouvait dimanche aux côtés de celui de Bachir Gemayel, de René Moawad et de tous les martyrs de l’intifada de l’indépendance, dans une volonté d’unité nationale et de détermination à transcender le passé et à regarder vers l’avenir », a indiqué le RD. Et d’ajouter : « Une démarche de réconciliation comme celle de Samir Geagea devrait être accueillie de manière positive et constituer une entrée en matière pour parachever la guérison des plaies de la guerre. » Dans une déclaration à la presse, le ministre Nassib Lahoud a par ailleurs qualifié le mea culpa de M. Geagea de « geste qualitatif », exhortant toutes les parties à réagir positivement à la démarche du leader des FL et à « tourner la page du passé et réaliser une réconciliation véritable ». « Il est grand temps de tourner la page de la guerre et de regarder vers l’avenir », a déclaré Nassib Lahoud. Le député Samir Frangié a appelé les autres chefs à suivre l’exemple de Samir Geagea, et à « prendre l’initiative de présenter des excuses afin de se préparer à la réconciliation ». « Une réconciliation qui ne serait pas un simple accord entre des chefs de partis et de clans pour se diviser entre eux les régions en zones d’influence, a souligné Samir Frangié. La réconciliation attendue suppose d’abord de reconnaître les erreurs commises, de tirer les leçons du passé et de trouver un tronc commun qui réunirait les parties qui se réconcilient. Or aucune des parties du camp du 8 Mars n’a jusqu’à présent reconnu une quelconque erreur », a-t-il indiqué dans un entretien à la Voix du Liban. Le « courage » de Samir Geagea a aussi été reconnu par le député Ahmad Fatfat, qui a révélé dans un entretien à la Voix du Liban que les milieux palestiniens avaient été très touchés par les excuses du chef des FL. M. Fatfat avait en effet organisé lundi soir un iftar à Minié en l’honneur des familles du camp de Nahr el-Bared, durant lequel il a estimé que Samir Geagea a « agi d’une manière courageuse ». « Des erreurs ont été commises entre les Palestiniens et les Libanais de toutes les parties. Nous avons entendu hier, pour la première fois au Liban, des excuses d’une telle profondeur et d’une telle honnêteté. Je me permets, en votre nom, Palestiniens, de dire à celui qui s’est excusé que nous apprécions ces excuses, qui sont les propos d’un homme », a noté Ahmad Fatfat. Le député du Rassemblement démocratique, Antoine Saad, a salué « l’homme d’État responsable » en Samir Geagea, estimant que MM. Sleimane Frangié et Michel Aoun avaient été exacerbés par l’étalage de force des FL. Sceptique, le député Sélim Salhab, du Bloc parlementaire du changement et de la réforme, a estimé que les excuses n’étaient pas « efficaces pour aboutir à une réconciliation ». « Il s’est excusé d’un côté, mais il n’a pas vraiment parlé des causes des problèmes », a indiqué M. Salhab dans un entretien au site Internet elnashra.com. Il a ajouté que le chef des FL avait posé, malgré ses excuses, des « conditions rédhibitoires » pour la réconciliation. M. Fouad Abounader a souligné pour sa part que le mea culpa est un geste « positif et acceptable dans l’absolu, mais il doit être accompagné d’une volonté sincère qui exprime réellement le pardon ». Enfin, le parti Waad (de Gina Élie Hobeika) a jugé les excuses de Samir Geagea « insuffisantes ».
Les excuses formulées dimanche par Samir Geagea, au cours de la messe à la mémoire des martyrs FL à Jounieh, ont suscité hier de nouvelles réactions. Le 14 Mars applaudit, mais le 8 Mars reste sceptique.
L’ensemble des réactions favorables au « pardon » de Samir Geagea proviennent de ses alliés du 14 Mars, tandis que, dans le camp opposé, on se montre bien plus prudent.
Le bloc parlementaire des FL, réuni hier sous la présidence de M. Geagea à Meerab, a regretté certaines des réactions aux propos du chef des FL, qui sont « en deçà du niveau requis et qui font fi de toute éthique politique ». « C’est comme si certains préféraient le retour à la guerre civile en quelque sorte. Au lieu de prendre une initiative similaire, ils ont fait rejaillir intentionnellement les souffrances du passé, d’une...