De nouvelles informations, provenant vraisemblablement de services secrets occidentaux, font état de possibles activités dans des sites non déclarés.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) soupçonne Damas de poursuivre clandestinement un programme nucléaire à des fins militaires. Ces soupçons font suite à la destruction par l’aviation israélienne, en septembre 2007, du site nucléaire présumé d’al-Kibar et à des informations, notamment des photos, fournies par Washington. Récemment, l’AIEA a demandé à la Syrie, sans résultat, d’inspecter trois à quatre autres sites qui pourraient abriter des activités nucléaires non déclarées. La Syrie étant seulement liée à l’AIEA par un accord dit « de garantie » qui prévoit des inspections de l’agence de l’ONU uniquement sur des « sites déclarés », Damas n’est, juridiquement, pas dans l’obligation de répondre positivement à la demande d’inspections supplémentaires sur des « sites non déclarés ».
D’autre part, la Syrie et l’Iran, deux pays en conflit avec l’AIEA sur leur programme nucléaire, ont créé la surprise en posant leur candidature à l’un des 35 postes de gouverneurs de l’agence onusienne, a-t-on appris hier de sources proches de l’AIEA à Vienne. Ces candidatures, ainsi que celle de l’Afghanistan, pour remplacer le gouverneur du Pakistan qui s’en va, seront à l’ordre du jour de l’assemblée annuelle de l’agence du 29 septembre au 4 octobre au siège de l’AIEA à Vienne. Une candidature de l’Iran et de la Syrie doit être présentée par le groupe régional auquel ils appartiennent, celui du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud. Elle est en général approuvée par consensus. Mais, en l’absence d’accord au sein du groupe régional, ce qui pourrait être le cas compte tenu des dossiers conflictuels de l’Iran et de la Syrie, il faudra alors procéder à un vote délicat et sans précédent lors de l’assemblée annuelle, selon des sources proches de l’AIEA. D’ores et déjà, selon les mêmes sources, les États-Unis ont annoncé leur opposition catégorique aux candidatures de l’Iran et de la Syrie, une position qui devrait être partagée par nombre de pays occidentaux, notamment au sein de l’Union européenne.
L’Iran se livre depuis 2003 à un bras de fer avec l’AIEA, affirmant que son programme nucléaire n’est conçu qu’à des fins strictement civiles afin de faire face aux besoins énergétiques croissants du pays, alors que les Occidentaux, États-Unis en tête, le soupçonnent de vouloir mettre au point une bombe atomique. Ainsi, malgré quatre résolutions de l’ONU, dont trois assorties de sanctions, l’Iran continue obstinément à refuser d’arrêter son programme d’enrichissement d’uranium, un processus permettant de produire du combustible pour une centrale atomique, mais qui peut aussi fabriquer du matériel entrant dans la composition d’une arme nucléaire.
Après le nouveau constat de l’AIEA, dans un rapport rendu public le 15 septembre, que l’Iran refusait de fournir les informations demandées et poursuivait son programme d’enrichissement d’uranium, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) et l’Allemagne ont commencé hier à Washington à discuter de nouvelles sanctions de l’ONU contre Téhéran, selon le porte-parole du département d’État américain, Sean McCormack. Les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères du groupe dit 5+1 se sont retrouvés au département d’État « pour voir où en sont les diverses parties (…) sur le calendrier et le contenu d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU contenant des sanctions », a indiqué le porte-parole. « Franchement, je ne vous conseille pas de vous attendre à une quelconque percée », a-t-il prévenu, précisant qu’aucun texte de résolution ne circulerait pendant la réunion. M. McCormack a précisé que les directeurs politiques n’avaient pas l’intention de publier un communiqué commun à l’issue de leur réunion, expliquant que cette réunion est surtout destinée à préparer une réunion des ministres des Affaires étrangères des Six la semaine prochaine à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Parallèlement, la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, déjeunait au département d’État avec le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, intermédiaire habituel des 5+1 dans les discussions avec Téhéran. Interrogée par la presse au cours d’une séance de photos avec M. Solana sur les chances de voir la Russie et la Chine, traditionnellement réservées sur des sanctions, rejoindre les Occidentaux sur de nouvelles mesures contre l’Iran, Mme Rice s’est abstenue de répondre.
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L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) soupçonne Damas de poursuivre clandestinement un programme nucléaire à des fins militaires. Ces soupçons font suite à la destruction par l’aviation israélienne, en septembre 2007, du site nucléaire présumé d’al-Kibar et à des informations, notamment des photos, fournies par Washington. Récemment, l’AIEA a demandé à la Syrie, sans résultat, d’inspecter trois à quatre autres sites qui pourraient abriter des activités nucléaires non déclarées. La Syrie étant seulement liée à l’AIEA par un accord dit « de garantie » qui prévoit des inspections de l’agence de l’ONU uniquement sur des « sites...