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Actualités - Opinion

Le commentaire d’Émile KHOURY La sécurité, mère de toutes les priorités

Stratégie de défense, armement hors légalité, droit de décision étatique, guère épais, de guerre ou de paix ? Certes, mais il y a bien plus urgent : cette sécurité défaillante, cette insécurité galopante, meurtrière, qui fait la navette de Beyrouth-Mazraa à Taalabaya-Saadnayel dans la Békaa, avec nouvelle escale fratricide à Bsarma dans le Koura, au Nord. C’est pourquoi un ancien dirigeant en appelle au comité de dialogue. Pour le presser, en tant que corps constitué, de conjuguer ses influences éparses afin de juguler la déstabilisation sécuritaire, arrêter l’effusion de sang. Lui conseillant de placer ce dossier en tête de la reprise des débats, le 5 novembre. De faire le bilan de ce qui aura été, ou non, accompli. Et de voir comment bétonner le traitement de ce grave problème, en verrouiller une solution longue durée, s’étendant aux législatives du prochain printemps. Cette recommandation suggère donc au comité national d’imiter en quelque sorte le secrétaire général de l’ONU, voué à présenter des rapports cycliques de suivi au Conseil de sécurité sur les résolutions adoptées, ou sur les crises mondiales de l’heure. Il est donc précisé qu’il ne faut pas attendre la deuxième séance à Baabda pour agir. Car il y va de la vie des gens. Mais, aussi, parce que si l’on ne fait rien, de positif s’entend, le processus des réconciliations actuellement en cours risque de s’écrouler. Alors, même les rabibochages déjà effectués pourraient s’en trouver gommés. Ce qui est sans doute le but des parties occultes qui attisent la discorde interne. Et ce qui signifie, en gros et en détail, que la paix civile redeviendrait compromise, précaire, aléatoire. Avec deux possibilités, l’une plus regrettable que l’autre : soit que l’on maintienne les législatives, malgré le péril de heurts qu’elles occasionneraient du fait du climat de violence. Soit qu’on décide de les annuler, en disant adieu à la démocratie et à la quiétude des Libanais. Ententes politiques perlées Une observation qu’avance la source citée : pour ce qui est des réconciliations, il est tout à fait nécessaire de leur donner un sens effectif, à travers des ententes politiques perlées. Passant elles-mêmes par ces rencontres bilatérales que prône le chef rassembleur de l’État, qui promet d’aider à en organiser la tenue. Côté tenue, le discours politique, et médiatique, doit en avoir une meilleure. Dans le respect de ce pacte d’honneur que le président recommande. Le tout devant naturellement converger vers une réconciliation nationale. Autour de constantes du même nom, qu’il faut donc définir en commun. Il est évident, en effet, que sans un accord sur l’objectif national à atteindre, l’unité des rangs internes ne saurait être véritablement réalisée. Faut-il le souligner, les effusions entre acteurs-comédiens politiques n’auraient, et n’ont déjà, aucun effet notable au niveau de la rue, de la base populaire ou militante. À preuve la persistance du cycle, extensible et mobile, de clashs sanglants à Beyrouth, dans la Békaa et au Nord. Cela étant, un aveu inquiétant est à retenir. Au sortir même de rencontres dites de réconciliation, des cadres des deux camps antagonistes ont franchement précisé n’avoir aucune intention ni de changer de principes directeurs ni de modifier les alliances électorales envisagées. Basées sur le clivage 8-14 Mars autour de projets de devenir inconciliables. On se demande, dès lors, s’il va être possible d’obtenir des législatives calmes. Ce que des listes de coalition auraient bien mieux garanti que les accolades pour la galerie.
Stratégie de défense, armement hors légalité, droit de décision étatique, guère épais, de guerre ou de paix ? Certes, mais il y a bien plus urgent : cette sécurité défaillante, cette insécurité galopante, meurtrière, qui fait la navette de Beyrouth-Mazraa à Taalabaya-Saadnayel dans la Békaa, avec nouvelle escale fratricide à Bsarma dans le Koura, au Nord.
C’est pourquoi un ancien dirigeant en appelle au comité de dialogue. Pour le presser, en tant que corps constitué, de conjuguer ses influences éparses afin de juguler la déstabilisation sécuritaire, arrêter l’effusion de sang. Lui conseillant de placer ce dossier en tête de la reprise des débats, le 5 novembre. De faire le bilan de ce qui aura été, ou non, accompli. Et de voir comment bétonner le traitement de ce grave problème, en verrouiller une...