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Actualités - Analyse

Des retrouvailles que l’on souhaite marquées du sceau de l’ouverture

L’éclairage de Philippe ABI-AKL C’est le cœur battant, mais avec un pincement d’appréhension, il faut bien l’avouer, que l’on attend ce mardi pour savoir ce que les trompettes de la renommée, ou de Jéricho vont sonner. Le début de la fin, ou la fin dès le début ? Bien sûr, ce n’est pas en un tournemain que le processus, remis en place par le président Sleiman, après s’être interrompu le 29 juin 2006, va aboutir. Mais l’on espère, quand même, que les interlocuteurs soient si résolus à aller vite et bien en besogne, qu’ils ne perdront pas le temps en courbettes protocolaires. Ou en circonvolutions dites d’approche habile. Si un climat doit se dégager de cette séance inaugurale, et on le saura donc ce soir, il devrait être tout de sérieux, de posé et de réflexion laborieuse, au sens positif du terme. Cependant, les formes même prêtent à quelque circonspection. Les quatorze pôles du premier rang du premier round et de Doha seront là. À l’importante exception de Hassan Nasrallah, qui se fait représenter par Mohammad Raad, alors que sa présence paraît, de loin, la plus significative, sinon la plus nécessaire, du moment que le nucleus même du dialogue se condense dans le traitement du dossier de l’armement du Hezbollah. On sait en effet que ce problème cristallise, à lui seul, le débat de fond essentiel, que résume l’interrogation classique : quel Liban voulons-nous ? Le leader du Hezbollah se fait excuser pour des raisons de sécurité. Mais l’on ne désespère pas encore de le voir changer d’avis. Non seulement par suite des pressantes sollicitations qu’il reçoit de tous côtés, mais aussi, éventuellement, parce qu’à un moment ou à un autre, il pourrait juger utile d’intervenir en personne. Soit pour donner tout son poids à une éventuelle position conciliatrice du Hezb ; soit, au contraire, pour en confirmer le refus de composer. Et soit encore parce qu’il estimerait être mieux en mesure que ses lieutenants de négocier, d’argumenter, de servir les intérêts du Hezb. Ajoutons, sur un plan complémentaire, qu’en se présentant à Baabda, le leader du Hezbollah pourrait y effectuer ces retrouvailles avec Saad Hariri qu’il appelle maintenant de ses vœux, après les avoir longtemps refusées. Alors que, petit glissement des rôles, le chef du Courant du futur, qui avait tendu la main en direction du sayyed même après les événements de mai, indique aujourd’hui qu’il préfère que la rencontre ait lieu à Baabda, dans le cadre général du dialogue, sous l’égide du président de la République. En d’autres termes, qu’elle ne constitue pas un événement à part, bilatéral, portant grosso modo signification de réconciliation confirmée. Ce qui impliquerait, naturellement, une entente, un accord politique déterminé dont on reste assez loin. Poigne L’élément le plus réconfortant de cette histoire de dialogue reste que, pour une fois, quelqu’un a décidé sans se laisser bloquer par des disputes stériles, ni impressionner par des exigences rédhibitoires. On sait en effet que certains ont réclamé l’élargissement, considérable, du nombre de forces politiques devant participer au dialogue. Ainsi que, extension, dirait Houellebecq, le rajout d’un nombre impressionnant de sujets à l’ordre du jour, dont, excusez du peu, la refondation de l’État et un plan économique longue durée. Le président Sleiman ne s’en est pas laissé conter : on s’en tiendra aux quatorze, parce qu’ils représentent les forces vives du Parlement, creuset de dialogue par excellence. Et l’on se contentera du menu initial, pour ne favoriser ni la cacophonie genre tour de Babel ni l’impasse qui s’en-suivrait forcément. Cependant, la table de dialogue étant maîtresse de ses actes, les participants pourraient éventuellement, s’ils sont tous d’accord, élargir le nombre de participants et de sujets à débattre. Il reste, cerise sur le gâteau, que le président a court-circuité les tentatives d’atermoiement en lançant les convocations pour ce 16 lors de l’iftar qu’il a donné le 9. En coupant donc l’herbe sous les pieds de ceux qui souhaitaient que le rendez-vous n’ait lieu qu’une fois que la loi électorale aurait été adoptée. Une précision : le président Sleiman garde les mécanismes établis lors de l’édition Berry. Homme de consensus, il estime qu’il faut, comme avant, que les résolutions soient prises à l’unanimité. Dans son allocution d’ouverture, le président va réitérer les principes directeurs du régime, insister sur la réconciliation, l’entente et la stabilité ainsi que sur le respect des engagements pris à Doha. Une autre fraction, qui applaudit à l’option 14, juge que l’on doit discuter d’abord, en toute priorité, de la stratégie de défense. Et que le nombre des autres sujets doit rester très limité pour éviter que le comité de dialogue ne supplante les institutions officielles, le Conseil des ministres et le Parlement, où les problèmes courants du pays doivent être traités. Cette partie souhaite donc que le processus se déroule dans une fourchette de temps fixée d’avance, et plutôt réduite. Il semble que le président estime, lui aussi, que le processus de dialogue ne doit pas s’éterniser.
L’éclairage de Philippe ABI-AKL

C’est le cœur battant, mais avec un pincement d’appréhension, il faut bien l’avouer, que l’on attend ce mardi pour savoir ce que les trompettes de la renommée, ou de Jéricho vont sonner. Le début de la fin, ou la fin dès le début ? Bien sûr, ce n’est pas en un tournemain que le processus, remis en place par le président Sleiman, après s’être interrompu le 29 juin 2006, va aboutir. Mais l’on espère, quand même, que les interlocuteurs soient si résolus à aller vite et bien en besogne, qu’ils ne perdront pas le temps en courbettes protocolaires. Ou en circonvolutions dites d’approche habile. Si un climat doit se dégager de cette séance inaugurale, et on le saura donc ce soir, il devrait être tout de sérieux, de posé et de réflexion laborieuse, au sens positif du...