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Actualités - Chronologie

La grossesse de la fille Palin expose les limites de l’abstinence sexuelle

La grossesse de Bristol Palin illustre les limites des programmes éducatifs aux États-Unis reposant sur l’abstinence des adolescents plutôt que sur l’éducation sexuelle. Le Congrès américain a débloqué ces dernières années des centaines de millions de dollars en faveur de programmes éducatifs prônant l’abstinence sexuelle des adolescents, malgré des critiques de plus en plus vives quant à leur efficacité. Selon des chiffres de l’association Population Action International (PAI), les jeunes Américaines âgées de 15 à 19 ans ont représenté 44 pour 1 000 des naissances enregistrées dans le pays entre 2000 et 2005. Ce chiffre représente presque le double de celui du Royaume-Uni, qui a pourtant le taux le plus élevé de grossesses d’adolescentes en Europe, avec 27 pour 1 000. « L’abstinence, ça marche si on peut convaincre les adolescents de s’abstenir, ironise Karen Hardee, vice-présidente de l’association. Mais les chiffres prouvent que ce n’est pas un moyen efficace pour réduire leur activité sexuelle. » Selon l’association « Campaign to Prevent Teen and Unplanned Pregnancy », trois Américaines sur 10 tombent enceintes avant l’âge de 20 ans, soit un total de plus de 729 000 grossesses chaque année. Huit de ces grossesses sur 10 ne seraient pas désirées. Les programmes en faveur de la chasteté, comme « Worth the Wait » (« Ça vaut le coup d’attendre »), encouragent les adolescents à se livrer à d’autres activités que l’amour, comme le shopping, la peinture ou un pique-nique entre amis, explique la gynécologue Patricia Sulak, qui a participé dans les années 1990 à l’élaboration d’un tel projet au Texas (Sud). Mais cette démarche est de plus en plus battue en brèche par les données scientifiques, observe le professeur John Santelli, de l’Université de Columbia. « Elle ne permet pas de retarder la découverte des relations sexuelles chez les adolescents », ajoute le professeur, qui accuse les défenseurs de l’abstinence de désinformer les adolescents à propos de la contraception. « L’hostilité (à ces programmes) est tellement forte dans le milieu de la santé publique que beaucoup d’États refusent désormais les fonds fédéraux destinés à leur mise en place, ce qui n’est pas chose commune », assure-t-il. Patricia Sulak reconnaît que le succès de la démarche en faveur de l’abstinence dépend d’un grand nombre d’influences extérieures, notamment de la part des parents. « On peut organiser un cours d’abstinence pendant deux semaines à l’école, mais que peut-on faire contre ce qu’entendent les enfants pendant les 50 autres semaines de l’année ? » relève-t-elle. En 2006, Sarah Palin, mère de Bristol et candidate à la vice-présidence, s’était prononcée en 2006 contre l’éducation sexuelle à l’école, alors qu’elle gouvernait l’Alaska.
La grossesse de Bristol Palin illustre les limites des programmes éducatifs aux États-Unis reposant sur l’abstinence des adolescents plutôt que sur l’éducation sexuelle.
Le Congrès américain a débloqué ces dernières années des centaines de millions de dollars en faveur de programmes éducatifs prônant l’abstinence sexuelle des adolescents, malgré des critiques de plus en plus vives quant à leur efficacité. Selon des chiffres de l’association Population Action International (PAI), les jeunes Américaines âgées de 15 à 19 ans ont représenté 44 pour 1 000 des naissances enregistrées dans le pays entre 2000 et 2005. Ce chiffre représente presque le double de celui du Royaume-Uni, qui a pourtant le taux le plus élevé de grossesses d’adolescentes en Europe, avec 27 pour 1 000.
« L’abstinence, ça marche...