Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Le Hezbollah fait tout pour qu’on ne lui parle pas de désarmement

De l’avis de beaucoup de professionnels, le Hezbollah veut garder son arsenal au moins jusqu’à la conclusion d’un accord sur le nucléaire iranien. Et même alors, en dépit d’éventuelles pressions de Téhéran, il serait tenté de le conserver jusqu’à la signature d’un traité de paix avec Israël. Et encore : pour certains radicaux fondamentalistes, fidèles à l’esprit khomeyniste, la lutte armée devrait se poursuivre jusqu’à ce que l’entité sioniste soit rayée de la carte. Toujours est-il que le Hezb laisse percer ses volontés à travers les éléments suivants : – Retarder le lancement de la table ronde de dialogue national, en avançant des exigences, qui sont autant d’entraves, portant sur l’augmentation du nombre de participants. Ainsi que sur l’insertion, dans l’ordre du jour, et en priorité, de nouveaux thèmes conflictuels lourds. Comme la restructuration de l’État, ou l’élaboration d’un plan économique longue durée qui passerait Paris III à la trappe. Cela pour saboter le débat potentiel concernant la stratégie de défense. – Refuser d’avance, si jamais ce débat devait quand même s’ouvrir, toute intégration de ses combattants au sein de l’armée. Ainsi, d’ailleurs, que toute formule plaçant ses unités armées sous l’autorité de l’État, politique ou militaire. Le Hezbollah veut rester totalement autonome sur le terrain. Il accepterait tout au plus ce comité mixte de coordination avec l’armée que propose le président Berry pour éviter une répétition du crime de Sojoud. À dire vrai, un tel comité serait une bien mauvaise initiative. Les Libanais le savent d’expérience et se souviennent encore de la multitude de comités de coordination, interpalestiniens, interlibanais ou palestino-libanais du temps des milices et des guerres. Des formations-tampons, chargées de patrouiller ou de surveiller les lignes vertes qui n’ont jamais, aucune fois, réussi à empêcher les combats de reprendre. Évidence Une question, dont la réponse négative saute aux yeux : le Hezbollah admettra-t-il une stratégie de défense nationale impliquant, par définition même, que la décision de guerre et de paix soit exclusivement du ressort de l’État ? Voudra-t-il souscrire à ce principe qui signifie, en clair et en pratique, que c’est l’armée qui doit absorber la résistance, et non l’inverse. – Autre indice des intentions du Hezb : il rejette, comme la Syrie et l’Iran, le tracé des frontières incluant Chebaa. Et il affirme que, même placés sous la coupe des Nations unies après retrait des Israéliens, ces hameaux n’auraient toujours pas été libérés. Tout donc, répétons-le, pour qu’on ne lui parle pas de désarmement. Et c’est ainsi qu’il rejette les résolutions 1701 et 1559 du Conseil de sécurité de l’ONU ordonnant le désarmement et la dissolution des milices. Sous prétexte qu’il n’en a pas et qu’il n’en est pas une, mais constitue une résistance, statut légitime en regard de la Charte de l’organisation internationale. Il va sans dire que le meilleur promoteur des arguments du Hezb, c’est encore Israël. Par ses menaces de détruire le Liban, par ses transgressions quotidiennes, aériennes et maritimes des lignes rouges de la 1701. Il va sans dire également que ce n’est pas là la première collusion objective dans notre environnement, si l’on se réfère aux fréquentes conjonctions d’intérêts de nos voisins. Bien entendu, le Hezb est puissamment aidé par le président Berry. Dans son discours de Nabatiyeh, prononcé pour commémorer la disparition de l’imam Moussa Sadr, le président de l’Assemblée nationale, en plaidant pour un comité Hezb-armée, foule aux pieds non seulement les 1701-1559 ou même Doha, mais aussi les fondements constitutionnels de cet État, de cette République, de cette nation, dont il est le numéro deux. Mais, de son point de vue, il est plus important, il est même essentiel de soutenir les justifications du Hezbollah, même après la mort du capitaine Samer Hanna. Et même quand le Liban risque d’être frappé en premier par le cyclone qui pourrait balayer le Moyen-Orient l’automne prochain. Lorsque, mettant à profit le temps mort de la présidentielle américaine, des puissances régionales comme l’Iran et Israël pourraient entrer en guerre. Ce qui conduirait le Hezbollah, qui s’y est publiquement engagé, à tirer ses missiles sur Israël, avec riposte inévitable. Émile KHOURY
De l’avis de beaucoup de professionnels, le Hezbollah veut garder son arsenal au moins jusqu’à la conclusion d’un accord sur le nucléaire iranien. Et même alors, en dépit d’éventuelles pressions de Téhéran, il serait tenté de le conserver jusqu’à la signature d’un traité de paix avec Israël. Et encore : pour certains radicaux fondamentalistes, fidèles à l’esprit khomeyniste, la lutte armée devrait se poursuivre jusqu’à ce que l’entité sioniste soit rayée de la carte.
Toujours est-il que le Hezb laisse percer ses volontés à travers les éléments suivants :
– Retarder le lancement de la table ronde de dialogue national, en avançant des exigences, qui sont autant d’entraves, portant sur l’augmentation du nombre de participants. Ainsi que sur l’insertion, dans l’ordre du jour, et en...