LIBYE
Arrestation d’un fils de Kadhafi :
Tripoli menace Berne de représailles
le 24 juillet 2008 à 00h00
La Libye a menacé hier la Suisse de représailles après la brève détention la semaine dernière d’un fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi à Genève, brandissant notamment l’arme du pétrole pour obtenir des excuses de Berne. Premier fournisseur de pétrole à la Suisse, la Libye pourrait stopper ses exportations de brut, selon un responsable des Comités révolutionnaires, épine dorsale du régime de Mouammar Kadhafi, en réaction à l’arrestation le 15 juillet de Hannibal Kadhafi. Des spécialistes du secteur en Suisse ont toutefois minimisé l’impact d’une telle mesure, estimant que la Suisse dispose de suffisamment de réserves et d’autres sources d’approvisionnement. La rupture des relations diplomatiques et le départ des sociétés helvétiques de son territoire sont également envisagées, a indiqué à l’AFP le responsable libyen, alors que quelques dizaines de membres des comités révolutionnaires manifestaient leur colère devant l’ambassade de Suisse à Tripoli. Les manifestants ont menacé la Confédération de représailles si elle ne présente pas des excuses officielles au peuple libyen et au colonel Kadhafi. Ils ont aussi dit qu’à défaut d’excuses officielles de Berne, la manifestation d’hier ne serait qu’un début « d’une action révolutionnaire et populaire nationale et internationale » à l’encontre des « intérêts de la Suisse » en Libye et dans les pays amis partout dans le monde. Une autre manifestation devant l’ambassade suisse est prévue aujourd’hui.
« Nous n’avons cherché à aucun moment à blesser les sentiments du peuple libyen », a dit l’ambassadeur suisse, Daniel von Muralt. Il a par ailleurs confirmé l’arrivée hier d’une délégation suisse à Tripoli pour tenter d’apaiser la tension. Tripoli a déjà pris dès le 17 juillet « des mesures de rétorsion préoccupantes » envers les ressortissants suisses et les intérêts de la Confédération en Libye, selon le ministère helvétique des Affaires étrangères. Les liaisons aériennes entre les deux pays ont été réduites et les entreprises suisses en Libye ont reçu un ordre de fermeture ; le chargé d’affaires libyen en Suisse a été par ailleurs rappelé et les autorités libyennes ont suspendu l’octroi de visas aux ressortissants suisses. Les bureaux des groupes helvétique Nestlé et helvético-suédois ABB ont été déjà contraints de mettre la clé sous la porte, tandis que leurs responsables ont été placés en garde à vue.
Hannibal Kadhafi et sa femme avaient été arrêtés à Genève à la suite d’une plainte de deux employés de maison qui les accusent de les avoir frappés.
La Libye a menacé hier la Suisse de représailles après la brève détention la semaine dernière d’un fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi à Genève, brandissant notamment l’arme du pétrole pour obtenir des excuses de Berne. Premier fournisseur de pétrole à la Suisse, la Libye pourrait stopper ses exportations de brut, selon un responsable des Comités révolutionnaires, épine dorsale du régime de Mouammar Kadhafi, en réaction à l’arrestation le 15 juillet de Hannibal Kadhafi. Des spécialistes du secteur en Suisse ont toutefois minimisé l’impact d’une telle mesure, estimant que la Suisse dispose de suffisamment de réserves et d’autres sources d’approvisionnement. La rupture des relations diplomatiques et le départ des sociétés helvétiques de son territoire sont également envisagées, a indiqué à...
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