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Actualités - Opinion

L’aide des Afro-Américains peut faire reculer l’islamophobie

Par Faheem SHUAIBE* Les Afro-Américains africains ont déjà été victimes de stéréotypes méprisants, y compris l’injure publique et une exclusion complète des droits fondamentaux de la personne humaine. Un tel comportement a créé une catégorie et une position culturelle marginalisées dans une culture pathologique. Et les Afro-Américains ont lutté pendant des générations pour surmonter cette catégorisation. La solution ? Rien moins qu’une révolution culturelle. Les cultures sont issues des difficultés qu’ont rencontrées les groupes sociaux et des solutions qu’ils y ont apportées. Le schéma du développement culturel est le suivant : Au départ, un groupe social rencontre un problème particulier, tel que la marginalisation raciale ou religieuse, ou l’incompréhension. Ensuite, ceux qui possèdent les instincts voulus suivent leur intuition naturelle et proposent une solution ; par exemple, faire une manifestation pour la défense des droits de l’homme. Dans un troisième temps, les résultats obtenus grâce à cette solution (par exemple l’adoption de nouvelles lois en matière de protection des droits) conduisent à la quatrième étape, à savoir la formulation d’une idéologie structurée – le mouvement des droits civiques. Cinquième étape : cette idéologie se structure en une institution. Et enfin apparaît la culture qui vient renforcer cette idéologie. Tous les êtres humains vivent dans une culture, que ce soit par choix ou par défaut. Une culture ne peut être remplacée que par une autre, par migration ou par transformation. Si certains pensent que l’Occident est en train de succomber à une islamophobie croissante, on peut aussi comprendre que l’Occident ait peur de perdre son identité et de la voir remplacée – c’est la crainte – par des cultures arabes, asiatiques ou africaines perçues comme musulmanes. Moi qui suis un Américain – qui se trouve aussi être musulman –, je comprends tout cela fort bien. En Amérique, tous les musulmans sont libres, de par la loi, de pratiquer l’islam sans entraves, qu’ils soient sunnites, chiites ou membres de tout autre secte. Malheureusement, la progression de l’islamophobie fait obstacle à cette liberté. Paradoxalement, le remède contre l’islamophobie aux États-Unis pourrait fort bien venir des musulmans afro-américains – ceux qui s’étaient convertis à l’islam au début de l’ère des droits civiques, qui avaient rejeté les traits de caractère et les mœurs culturelles que la culture américaine avait imposés aux anciens esclaves, et qui jouent aujourd’hui un rôle significatif dans la société américaine. Quel est donc ce rôle ? Tout d’abord, pour que ce groupe social puisse être source de remède, il faut qu’il y ait plus d’interaction en général, afin que nous puissions nous connaître les uns les autres, en tant qu’Américains et en tant que musulmans. Deuxièmement, il faut mieux faire connaître les principes universels qui inspirent les mentalités et les actes des musulmans afro-américains. À savoir, que les vrais musulmans afro-américains tiennent pour sacrée l’égalité absolue de tous les êtres humains et embrassent les valeurs éternelles et sacrées du Coran, valeurs qui répudient la jalousie, la vengeance et le préjugé. Si nous parvenions à faire mieux connaître l’expérience unique dont les musulmans afro-américains peuvent se prévaloir, le monde occidental se poserait alors la question : « Si c’est là ce que l’islam peut faire, même chez un peuple dont la culture a été si radicalement décimée, alors qu’y a-t-il à craindre de l’islam ? » Les droits et les privilèges accordés aux musulmans afro-américains sont sans pareils dans le monde musulman d’aujourd’hui. Les musulmans afro-américains, dont on peut affirmer qu’ils ont été, un temps, le peuple le plus déshumanisé de l’histoire, sont des citoyens américains productifs et patriotiques. Des citoyens américains qui jouent un rôle, par leur participation sociale et politique, dans la réalité de la société américaine. Les musulmans afro-américains sont donc, plus que quiconque, capables d’embrasser les symboles de l’Amérique que sont la Déclaration d’indépendance et la Constitution des États-Unis, tout en livrant le combat contre l’islamophobie Les musulmans afro-américains témoignent de la façon dont l’islam peut prendre un peuple vaincu et le transformer en un peuple participatif et actif qui se donne à son environnement social et politique. Ce peuple, qui a subi la discrimination et la crainte, est armé pour jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre cette nouvelle incarnation de la discrimination et de l’incompréhension culturelle qu’est l’islamophobie. • Faheem Shuaibe est un des responsables nationaux de la communauté musulmane afro-américaine. Il est imam résident de Masjidul Waritheen à Oakland et directeur des Mohammed Schools d’Oakland. Cet article fait partie d’une série sur les musulmans afro-américains écrite pour le service de presse de Common Ground.
Par Faheem SHUAIBE*

Les Afro-Américains africains ont déjà été victimes de stéréotypes méprisants, y compris l’injure publique et une exclusion complète des droits fondamentaux de la personne humaine. Un tel comportement a créé une catégorie et une position culturelle marginalisées dans une culture pathologique. Et les Afro-Américains ont lutté pendant des générations pour surmonter cette catégorisation.
La solution ? Rien moins qu’une révolution culturelle.
Les cultures sont issues des difficultés qu’ont rencontrées les groupes sociaux et des solutions qu’ils y ont apportées. Le schéma du développement culturel est le suivant :
Au départ, un groupe social rencontre un problème particulier, tel que la marginalisation raciale ou religieuse, ou l’incompréhension. Ensuite, ceux qui possèdent les...