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Club Med Émilie SUEUR

C’est parti, Nicolas Sarkozy a lancé son nouveau « Club Med ». Un moment, le président français a cru qu’il pourrait en être le seul, ou du moins le principal, « Gentil Organisateur ». La chancelière allemande, Angela Merkel, lui a néanmoins rappelé qu’au royaume des « Clubs », il y a des règles, et que laisser « le Club Europe » de côté n’était pas une option. Face aux critiques allemandes, auxquelles sont venues s’ajouter celles de l’Espagne, le président français a été contraint de procéder à un élargissement de son Club et à une révision à la baisse de ses ambitions (voir le dossier d’Antoine Ajoury). Pas question toutefois, pour Nicolas Sarkozy, de rendre la totalité de ses armes. Pas question, non plus, de se laisser voler la vedette par Bruxelles. D’où l’organisation, 24 heures avant le sommet de l’Union pour la Méditerranée, d’une avant-première pour le moins exclusive : trois invités, les présidents libanais et syrien ainsi que l’émir du Qatar, et un seul maître de cérémonie, Nicolas Sarkozy. Certes, l’Élysée ne nous a pas joué samedi « Camp David III ». Mais le président français est tout de même parvenu à marquer des points, même si tout ceci reste hautement symbolique. Après avoir été mouché, dans la dernière ligne droite, par le Qatar, malgré les efforts soutenus de la diplomatie française pour sortir le pays du Cèdre de son bourbier politique, Paris a opéré samedi un retour en force sur le dossier libanais : non seulement l’annonce de l’établissement de relations diplomatiques libano-syriennes a été faite à Paris, mais par Nicolas Sarkozy lui-même. Le Liban ne suffit toutefois pas au président français. Son Club, il veut que l’on en parle dans toute la région. C’est donc au cœur le processus de paix arabo-israélien qu’il veut revenir. Et ce d’autant plus que la France et l’Europe ont été largement tenues à l’écart des dernières initiatives en la matière, dont Annapolis. Aujourd’hui, Sarkozy veut profiter d’un calendrier plutôt favorable : Annapolis est dans les limbes, l’administration américaine vit ses derniers jours, et la prochaine aura besoin d’un minimum de temps pour se mettre en place et revenir dans les dossiers régionaux. On appelle cela une fenêtre d’opportunité. Fenêtre sur le Moyen-Orient que le président syrien lui-même a contribué à entrouvrir devant son homologue français, qui a eu la « bonne idée » de lui ouvrir les portes de Paris. Bachar el-Assad a en effet invité la France à devenir le parrain, aux côtés de la prochaine administration américaine, des négociations israélo-syriennes quand elles deviendront directes. Étant donné le caractère hautement hypothétique de cette perspective, l’invitation syrienne ne mangeait pas de pain. Nicolas Sarkozy, bien conscient que le retour de la France au Moyen-Orient va être long, s’est bien gardé d’annoncer des initiatives concrètes ou un calendrier d’actions, se contentant de se féliciter d’être parvenu à faire asseoir tous ces « gentils membres », arabes et israélien, autour d’une même table. La cérémonie d’ouverture du nouveau Club Med fut donc réussie. Ce pari n’était pas gagné d’avance. Reste que le plus difficile est à venir : maintenir l’UPM en vie. La France a tout intérêt à se battre pour cela en ce que l’UPM représente son cheval de Troie pour revenir au Moyen-Orient. Éviter que l’encéphalogramme de l’UPM ne devienne plat requiert toutefois un engagement plus large que celui seulement de la France. La survie de l’UPM requiert en outre que l’organisation ne se cantonne pas aux grands idéaux, si louables soient-ils, et se concentre sur le concret, les projets, la pratique. Une mission particulièrement difficile pour une organisation si lourde, comprenant tant de membres, dont les relations vont du cordial au franchement hostile. Une chose est certaine, l’UPM sera tout sauf un grand village de vacances.
C’est parti, Nicolas Sarkozy a lancé son nouveau « Club Med ». Un moment, le président français a cru qu’il pourrait en être le seul, ou du moins le principal, « Gentil Organisateur ». La chancelière allemande, Angela Merkel, lui a néanmoins rappelé qu’au royaume des « Clubs », il y a des règles, et que laisser « le Club Europe » de côté n’était pas une option.
Face aux critiques allemandes, auxquelles sont venues s’ajouter celles de l’Espagne, le président français a été contraint de procéder à un élargissement de son Club et à une révision à la baisse de ses ambitions (voir le dossier d’Antoine Ajoury). Pas question toutefois, pour Nicolas Sarkozy, de rendre la totalité de ses armes. Pas question, non plus, de se laisser voler la vedette par Bruxelles. D’où l’organisation, 24 heures...