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Actualités - Opinion

Le Liban, terrain vague où s’expliquent les gangs du dehors

Heurts sectaires sanglants, volant d’une région à l’autre. Un ministre attribue ces secousses de terrain à des parties étrangères diverses, usant de la technique négociatoire connue dite de la soupape à pression. La région est sur le point d’entrer, par diverses portes, dans une ère d’arrangements nécessairement précédée de surenchères par boucs émissaires interposés. Les Irakiens ou les Palestiniens ? On y penserait peut-être en d’autres temps. Mais, pour le moment, l’intérêt commun des parieurs opposés est de calmer le jeu sur ces deux fronts explosifs, faute de quoi ils ne pourraient pas se parler. C’est donc ce pays qui, une fois de plus, leur sert de table-support pour leur bras de fer. Voilà pour la macroanalyse. Localement, force est de constater que les troubles se sont poursuivis après l’élection d’un président de consensus, le général Michel Sleiman. Et que ces violences orchestrées (selon les notables de Tripoli) bloquent le lancement du chantier d’édification de l’État annoncé à Doha. Dont les signataires se sont engagés à ne plus recourir aux armes pour assouvir leurs appétences politiques. Et même à coopérer pour répondre à la volonté des Libanais de vivre dans un cadre démocratique. « Réservant, dit le texte, l’autorité sécuritaire et militaire à l’État, garant de la pérennité de la formule de coexistence comme de la paix civile. » En précisant qu’il ne devrait plus subsister de zones de non-droit où les repris de justice et autres hors-la-loi pourraient se réfugier. De bien beaux serments, aussitôt couronnés, comme on sait, par une cime : le Sannine… Pour les loyalistes, comme pour nombre d’indépendants, pas de doute : les secousses sécuritaires constituent un message adressé au nouveau régime. Un responsable du 14 Mars rappelle à ce propos l’exclamation de Moallem, adressée à son voisin iranien dans les tribunes de la place de l’Étoile : « Ce n’est pas du tout ce dont nous étions convenus ! » Cela en commentaire du passage du discours d’investiture de Sleiman relatif à la normalisation relationnelle libano-syrienne via l’échange d’ambassadeurs. La même source relève qu’Assad n’a donné aucun signe de vie à Sleiman après son élection. Alors qu’il avait promis à Sarkozy de rendre visite à Baabda pour en féliciter le nouveau locataire. Ajoutant que les alliés de Damas n’ont cessé de se répandre en critiques contre Sleiman après la visite de soutien de Rice. D’autres majoritaires allient les deux éléments, l’intérieur (ou le bilatéral) et l’extérieur. Pour eux, le régime est obligé de tenir compte des équilibres, des rapports de force internes (ou bilatéraux). Mais, en même temps, il a besoin de soutiens extérieurs pour édifier un État libanais digne de ce nom. Or, soulignent-ils, cette quête d’appuis peut produire des contre-effets, du fait du choc, dans la région, entre les visées iraniennes et le projet américain. Ainsi, notent-ils, Washington, loin de paraître faire favorablement écho aux ouvertures d’Assad, reproche à Paris de faire trop vite risette au régime syrien. Parallèlement, indiquent ces sources, le message sécuritaire vise à faire pression dans le cadre de la gestation d’un nouvel Exécutif. En confirmant qu’en sus des revendications obstructionnistes d’ordre ministériel, les prosyriens entendent disposer des nominations aux postes-clés militaires et sécuritaires. Aux fins de prévenir toute tentative de désarmer le Hezbollah, comme Nawwaf Moussaoui l’a précisé. Cependant, selon des sources informées, les opposants auraient reçu jeudi dernier de Damas des consignes de détente. L’ex-tuteur les priant de faciliter la formation du gouvernement avant la participation d’Assad au défilé du 14 Juillet à Paris. D’où les visites à Baabda de Sleimane Frangié et d’une délégation de députés du Hezb. Mais il y a eu cafouillage à cause des sorties en flèche du général Michel Aoun. D’après ces sources, le leader du CPL préférerait gérer la prospection de la « Rencontre patriotique chrétienne », en tant que tremplin d’influence, plutôt que contribuer à la mise en place d’un cabinet d’union, peu rentable en termes de popularité. Il reste à signaler que le Qatar a fait savoir aux Libanais qu’il ne va leur envoyer personne pour les aider à résoudre la crise ministérielle car ils n’ont qu’à appliquer ce qui a été convenu à Doha. Rappelant que les deux milliards et demi de dollars promis au Liban par les Arabes du Golfe ne lui seront donnés qu’une fois qu’il aura mis en place un nouveau gouvernement. Philippe ABI-AKL
Heurts sectaires sanglants, volant d’une région à l’autre. Un ministre attribue ces secousses de terrain à des parties étrangères diverses, usant de la technique négociatoire connue dite de la soupape à pression. La région est sur le point d’entrer, par diverses portes, dans une ère d’arrangements nécessairement précédée de surenchères par boucs émissaires interposés. Les Irakiens ou les Palestiniens ? On y penserait peut-être en d’autres temps. Mais, pour le moment, l’intérêt commun des parieurs opposés est de calmer le jeu sur ces deux fronts explosifs, faute de quoi ils ne pourraient pas se parler. C’est donc ce pays qui, une fois de plus, leur sert de table-support pour leur bras de fer.
Voilà pour la macroanalyse. Localement, force est de constater que les troubles se sont poursuivis après...