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Actualités - Chronologie

Paris veut imposer la France et l’Europe au Proche-Orient

Une semaine avant de prendre les rênes de l’Union européenne (UE), Nicolas Sarkozy a multiplié les efforts en Israël pour tenter d’élargir l’influence de l’Europe et de la France sur la scène proche-orientale, traditionnellement dominée par les États-Unis. À chacun de ses interlocuteurs israéliens ou palestiniens et devant la Knesset, le chef de l’État français s’est présenté en « faiseur de paix », avec la volonté d’apporter sa pierre à une relance du processus élaboré fin 2007 à Annapolis sous les auspices américains, aujourd’hui dans l’impasse. Tout au long de sa visite, Nicolas Sarkozy a d’abord rappelé les conditions à ses yeux indispensables à une paix durable entre Palestiniens et Israéliens, de la création d’un État palestinien au gel de la colonisation juive, sans oublier le droit intangible de l’État hébreu à la sécurité. Et alors que la campagne pour la succession du président George W. Bush a éclipsé les efforts de la diplomatie américaine dans la région, il a proposé son aide pour tenter d’arracher cet « accord final ». « La France est prête à apporter sa garantie, prête à mobiliser sa diplomatie, ses ressources, ses soldats », a dit lundi M. Sarkozy devant le Parlement israélien. La France est aussi prête à accueillir sur son sol des négociations entre Israël et la Syrie ou le Liban, a fait savoir un responsable français. Estimant qu’il faut « prendre des risques pour la paix tout de suite », le président français est convaincu que le processus de paix ne peut pas attendre l’arrivée d’un nouveau locataire de la Maison-Blanche. Et est donc prêt à occuper le terrain laissé vacant par Washington. « L’Europe n’a pas été assez présente politiquement (...) je suis persuadé que pour que vous puissiez faire la paix, il faut avoir un troisième partenaire qui arrive et qui vous dise avec honnêteté “voilà, on va vous aider parce qu’on est décidé à être amis avec les deux côtés” », a-t-il dit hier devant des patrons français et israéliens. « Attendre sans rien faire, c’est tendre la perche aux extrémistes de tout poil pour occuper le terrain », estime un diplomate français. « Le président est en phase d’écoute pour déterminer quel pourrait être l’espace de jeu offert à la France et à l’UE. » Très proches des Américains, les Israéliens, qui viennent précisément d’engager des négociations avec l’UE en vue d’approfondir leurs relations, ont accueilli avec bienveillance la proposition de Nicolas Sarkozy. « Les propos du président français ont été reçus très chaleureusement en Israël », a dit à l’AFP Mark Regev, le porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert. « Cela donne à l’Europe une plus grande opportunité d’influencer le processus de paix. » La France estime avoir reçu un écho tout aussi favorable à Beyrouth et à Damas, avec qui elle vient de reprendre des contacts à haut niveau. Mardi, le président palestinien Mahmoud Abbas a lui aussi souhaité que « l’Europe joue un rôle politique actif dans le processus de paix ». « C’est sûrement là le plus de Nicolas Sarkozy. Avant, on avait la confiance des uns et on avait la méfiance des autres. On a maintenant la confiance des uns et des autres », relève un de ses proches en évoquant le réchauffement récent des relations franco-israéliennes. « C’est ce qui peut encourager les Arabes et les Israéliens à (accepter) un engagement croissant de la France et de l’UE au service de la paix », assure-t-il, « nous ne voulons plus seulement être un carnet de chèques ». La présidence française suffira-t-elle à l’Europe pour s’imposer dans la région ? « Rendez-vous dans six mois », parie-t-on à l’Élysée. Nicolas Sarkozy, lui, compte une fois de plus sur son volontarisme. « La magie du verbe, ça compte dans la région », a assuré un responsable français.
Une semaine avant de prendre les rênes de l’Union européenne (UE), Nicolas Sarkozy a multiplié les efforts en Israël pour tenter d’élargir l’influence de l’Europe et de la France sur la scène proche-orientale, traditionnellement dominée par les États-Unis.
À chacun de ses interlocuteurs israéliens ou palestiniens et devant la Knesset, le chef de l’État français s’est présenté en « faiseur de paix », avec la volonté d’apporter sa pierre à une relance du processus élaboré fin 2007 à Annapolis sous les auspices américains, aujourd’hui dans l’impasse.
Tout au long de sa visite, Nicolas Sarkozy a d’abord rappelé les conditions à ses yeux indispensables à une paix durable entre Palestiniens et Israéliens, de la création d’un État palestinien au gel de la colonisation juive, sans oublier le...