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Actualités - Chronologie

Défense La guerre sans pétrole ? Les armées s’y préparent

Des algues, du bois et de la paille pour faire voler des avions de chasse ? À première vue saugrenue, l’idée est très sérieusement envisagée par l’armée française qui voit dans la biomasse la source d’un carburant du futur quand le pétrole viendra à manquer. Comme l’aviation civile ou le secteur automobile, la Défense encaisse de plein fouet la hausse vertigineuse des cours de l’or noir et s’inquiète de la raréfaction de la ressource. « En 2005, on dépensait environ 650 millions d’euros pour un pétrole à 55 dollars du baril en moyenne, aujourd’hui, avec un baril à 120 dollars, la facture s’est alourdie de 300 millions », explique un expert proche du dossier. Pour amortir les variations de cours, les armées s’appuient, comme les compagnies aériennes civiles, sur des instruments financiers de couverture des fluctuations conjoncturelles. Mais à l’horizon de 2040 – pas si lointain si l’on considère que les programmes d’armement se planifient sur des dizaines d’années – il faudra certainement diversifier les sources d’approvisionnement. À moins d’en revenir aux galions, galères et autres dirigeables. Les carburants de synthèse pourraient être la solution. En mal d’approvisionnements pétroliers, l’Allemagne nazie en avait fait grand usage, développant une filière de production à partir du charbon, un procédé mis au point par deux chimistes allemands dans les années 20, Franz Fischer et Hans Tropsch. Le procédé Fischer-Tropsch reste d’actualité. Autrefois frappée par un embargo commercial pour cause d’apartheid, l’Afrique du Sud reste leader dans ce domaine. Quant aux armées françaises, elles pourraient recourir à une solution légèrement différente : des carburants synthétiques mais issus de la biomasse. « Quand ils proviennent du charbon ou du gaz, les carburants synthétiques sont particulièrement polluants, leur production déversant d’importantes quantités de CO2 dans l’atmosphère », explique Hubert Sansot, ingénieur en prospective à la Délégation générale pour l’armement (DGA). « L’autre voie possible en France, ce sont les carburants de synthèse obtenus à partir de la biomasse, filière qui correspond le mieux à nos ressources naturelles et au respect du Grenelle de l’environnement », explique-t-il. La mise au point de ces carburants de synthèse de deuxième génération est cependant délicate. Ils exigeraient une filière de récupération des résidus de bois et de paille ou de collecte des algues.
Des algues, du bois et de la paille pour faire voler des avions de chasse ? À première vue saugrenue, l’idée est très sérieusement envisagée par l’armée française qui voit dans la biomasse la source d’un carburant du futur quand le pétrole viendra à manquer.
Comme l’aviation civile ou le secteur automobile, la Défense encaisse de plein fouet la hausse vertigineuse des cours de l’or noir et s’inquiète de la raréfaction de la ressource. « En 2005, on dépensait environ 650 millions d’euros pour un pétrole à 55 dollars du baril en moyenne, aujourd’hui, avec un baril à 120 dollars, la facture s’est alourdie de 300 millions », explique un expert proche du dossier. Pour amortir les variations de cours, les armées s’appuient, comme les compagnies aériennes civiles, sur des instruments financiers de...