Rechercher
Rechercher

Actualités

Égypte À Malaoui, les coptes ne veulent plus se taire face aux attaques

Quelques centaines de chrétiens coptes ont manifesté hier après de violents heurts à Malaoui, en Haute-Égypte, critiquant la passivité des autorités face aux attaques de musulmans dont ils se disent victimes. Non loin de Malaoui, à 300 km au sud du Caire, le monastère copte Abou Fena a été la cible samedi soir d’une attaque, manifestement organisée, selon des sources concordantes recueillies sur place par l’AFP. Durant les heurts, qui ont duré trois heures, un musulman a été tué et quatre coptes blessés, alors que trois moines ont été séquestrés par des musulmans jusqu’à hier matin, selon une source proche des services de sécurité. Devant l’église Saint-Marc, la principale de cette ville à population mixte, environ trois cents coptes ont fait éclater leur colère. « Nous nous sommes tus pendant trop longtemps. Nous avons des problèmes tout le temps et avons toujours essayé de pardonner, mais maintenant c’est trop », a affirmé à l’AFP Hanna Ibrahim, l’un des manifestants. « Si l’État n’agit pas, ou si les responsables (de l’attaque du monastère) ne sont pas déférés devant la justice, nous ne nous tairons pas plus longtemps », a-t-il crié. Encerclés par des centaines de policiers, les manifestants ont scandé : « Avec notre sang, avec notre âme, nous défendrons la croix », appelant le président Hosni Moubarak à intervenir car « les cœurs des coptes se sont embrasés ». L’affrontement a eu lieu en raison de la reprise de la construction d’un mur d’enceinte du monastère, avec le feu vert des autorités, sur des terres agricoles que les musulmans estiment leur appartenir. Présent lors de l’attaque, le père Dounadios affirme qu’au moins soixante hommes ont tenté de prendre d’assaut le monastère de manière concertée. « Ils se sont divisés en plusieurs groupes. L’un des groupes a commencé à détruire le mur alors que d’autres ont pénétré dans une chapelle utilisée par des moines et ont brûlé et saccagé les lieux », a-t-il précisé à l’AFP. L’attaque a dégénéré et un habitant musulman d’une localité proche du monastère, Khalil Ibrahim Mohammad, a été tué dans des circonstances encore floues. Le gouverneur de Minya, Ahmed Diaa al-Din, a minimisé la gravité de l’incident, estimant qu’il s’agissait d’une affaire personnelle plutôt que confessionnelle. « Ce n’était qu’une querelle de voisinage, rien de plus », a-t-il déclaré sur la chaîne satellitaire Dream TV. Selon le père Dounadios, l’attaque de samedi était toutefois la dix-huitième contre un monastère ces dernières années, la dernière en date remontant à janvier. « Personne n’a été arrêté et ce n’est pas la première fois. Toutes les plaintes que nous déposons à la police sont ignorées », a-t-il affirmé. Les incidents de samedi font craindre un regain de conflits confessionnels alors que les frictions entre musulmans et coptes s’accroissent dans une société de plus en plus islamisée.
Quelques centaines de chrétiens coptes ont manifesté hier après de violents heurts à Malaoui, en Haute-Égypte, critiquant la passivité des autorités face aux attaques de musulmans dont ils se disent victimes.
Non loin de Malaoui, à 300 km au sud du Caire, le monastère copte Abou Fena a été la cible samedi soir d’une attaque, manifestement organisée, selon des sources concordantes recueillies sur place par l’AFP. Durant les heurts, qui ont duré trois heures, un musulman a été tué et quatre coptes blessés, alors que trois moines ont été séquestrés par des musulmans jusqu’à hier matin, selon une source proche des services de sécurité.
Devant l’église Saint-Marc, la principale de cette ville à population mixte, environ trois cents coptes ont fait éclater leur colère. « Nous nous sommes tus pendant trop...