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Actualités - Opinion

Le point Affaires (très) étrangères Christian MERVILLE

Le meilleur moment de sa présidence ? George W. Bush l’avait situé en 2006, dans une interview à un quotidien allemand : « C’est le jour où j’ai pêché un poisson de 3,5 kilos dans le lac jouxtant notre propriété de Crawford. » Ses concitoyens devront peut-être se résoudre à partager ce point de vue lorsqu’il leur faudra établir un bilan des huit années écoulées. Comme prévu, la récente tournée proche-orientale, dont il convenait de ne rien attendre, aura réussi à surprendre désagréablement les plus pessimistes des Cassandre par son impact négatif sur les Arabes en général et les Palestiniens en particulier. Quant aux perspectives d’avenir tracées pour l’occasion… Écoutons plutôt ce qu’en dit Tom Davis, membre de la Chambre des représentants et républicain bon teint : « Quand Bush tente de définir sa vision des choses, il serait capable de dénaturer le discours de Gettysburg (le plus célèbre de la vie américaine, dans lequel Abraham Lincoln traçait, le 19 novembre 1863, les grandes lignes d’une politique qui demeure, du moins sur le papier, celle du pays). Barack Obama par contre serait à même de transformer une liste d’épicerie en douce musique à l’oreille. » Il faut reconnaître qu’en évoquant « le confort illusoire de l’apaisement », le chef de l’Exécutif a commis une fois de plus un de ces impairs dont il semble détenir l’exclusivité. C’était jeudi dernier, dans un discours devenu tristement célèbre devant la Knesseth. Répondant, sans le nommer, au sénateur de l’Illinois qui s’était dit prêt, s’il venait à être élu, à rencontrer Ahmadinejad, Assad, Chavez et même Kim Jong-il, l’orateur avait invoqué à cet égard le jugement de l’histoire, dans une allusion à peine voilée aux accords de Munich. S’attirant aussitôt une riposte cinglante des démocrates dont l’une des figures de proue, le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, Joseph Bidden, n’a pas manqué de rappeler la toute récente lune de miel de l’actuelle administration avec la Libye et la Corée du Nord. Certains ont même évoqué le souvenir d’un autre Grand, Thomas Jefferson, pour qui « l’arbitre reste en définitive le peuple de l’Union », en d’autres termes le jugement qui sortira des urnes en novembre prochain. C’est que l’Amérique tout entière baigne aujourd’hui dans les eaux glauques de la consultation à venir, avec – il était temps ! – l’entrée en scène des principaux thèmes de politique étrangère, en tête desquels figurent la question palestinienne et les liens avec l’État hébreu. Sur le sujet, les propos présidentiels sont d’une fermeté qui suscite maintes interrogations au vu de la complexité du problème. Ainsi, Bush se dit « fermement convaincu » qu’un accord de paix interviendra entre les deux parties d’ici au mois de janvier ; il se dit « absolument résolu » à œuvrer à cette fin avec les deux camps en présence. Quant au conseiller national à la Sécurité Stephen Hadley, il constate, imperturbable, que Ehud Olmert et Mahmoud Abbas ont réalisé « des progrès tangibles » qu’il est seul apparemment à déceler. Il est clair par ailleurs que les républicains, affaiblis par le désastre irakien et les sombres perspectives d’une économie qui ne donne aucun signe, au contraire, de reprise même partielle, tentent de convaincre l’électeur moyen qu’Obama est trop inexpérimenté en matière de politique étrangère pour diriger l’Amérique, ainsi que vient de le souligner John McCain lequel ne passe pas, lui, pour un spécialiste en la matière. D’ailleurs, son adversaire a demandé des réponses à deux questions : comment avons-nous fait pour que l’Iran soit le principal bénéficiaire de notre intervention sur les bords de l’Euphrate ? Pourquoi le Hamas s’est trouvé renforcé jusqu’à prendre le contrôle de Gaza après l’insistance mise par Washington à obtenir l’organisation d’élections législatives sous la houlette de l’Autorité palestinienne ? Pas mal pour un « bleu », qui continue à prôner le changement, un slogan que son adversaire de 71 ans peut difficilement faire sien, lui que l’on surnomme « McStay », en allusion à ses propos sur la nécessité de maintenir les troupes US à Bagdad aussi longtemps qu’il le faudra. Pour l’heure, le signal de la course à la Maison-Blanche sera donné vers la fin du mois d’août, et à moins d’un miracle, sans une Hillary Clinton pourtant assurée de remporter dans les prochaines heures les primaires du Kentucky, sans que cela bouleverse les cartes au sein de son parti, même si elle répète que cet État a toujours choisi le président des États-Unis. Elle l’aura donc, son lot de consolation, dans une région où – comme en Virginie la semaine dernière – les Noirs ne dépassent pas les 8 pour cent de la population, où le seuil de pauvreté atteint un nombre record d’habitants, avec un inquiétant taux de chômage et un fort mouvement d’exode rural. Le tout étant, selon les « Moguls » de son parti, de savoir à quel moment elle jettera l’éponge.
Le meilleur moment de sa présidence ? George W. Bush l’avait situé en 2006, dans une interview à un quotidien allemand : « C’est le jour où j’ai pêché un poisson de 3,5 kilos dans le lac jouxtant notre propriété de Crawford. » Ses concitoyens devront peut-être se résoudre à partager ce point de vue lorsqu’il leur faudra établir un bilan des huit années écoulées. Comme prévu, la récente tournée proche-orientale, dont il convenait de ne rien attendre, aura réussi à surprendre désagréablement les plus pessimistes des Cassandre par son impact négatif sur les Arabes en général et les Palestiniens en particulier. Quant aux perspectives d’avenir tracées pour l’occasion… Écoutons plutôt ce qu’en dit Tom Davis, membre de la Chambre des représentants et républicain bon teint : « Quand Bush tente de...