Tel un serpent de mer, la loi du nombre revient régulièrement sur le devant de la scène, revêtue des oripeaux de la démocratie, pour se poser en arbitre suprême de nos différends. Les ténors de l’opposition proposent depuis des mois, et mettent au défi la majorité, de faire des sondages d’opinion, d’organiser un référendum populaire, d’élire le président au suffrage universel et, last but not least, d’amender la loi électorale en vue d’élections législatives anticipées. La majorité au pouvoir a, quant à elle, toutes les raisons du monde de douter des professions de foi démocratiques d’une opposition soupçonnée de putschisme. Comment faire confiance à des révolutionnaires insuffisamment incorporés à la trame intime de l’être historique du Liban, qu’une fois au pouvoir ils ne culbuteront pas les règles du jeu renvoyant aux calendes grecques toute idée d’alternance du pouvoir?? Mais plus fondamentalement, les Libanais perçoivent plus ou moins confusément que la démocratie ne peut se résoudre à un simple problème d’arithmétique?; que la réforme de la loi électorale a un retentissement trop visible sur la structure libanaise pour que l’on accepte sans discussion un cliché aussi schématique?; que la loi du nombre est une arme par destination contre les constantes mêmes du Liban. Or la question se pose précisément de savoir si l’on peut s’autoriser de la démocratie pour disposer librement de ces constantes. En d’autres termes, cela revient à examiner l’étendue et le fondement du pouvoir en démocratie selon qu’elle est entendue au sens classique ou au sens moderne. Car la question, si elle n’est pas propre à la démocratie en tant que telle, se pose de manière aiguë à cette forme de gouvernement qu’une dérive moderniste fait reposer sur ce double mythe?: le pouvoir a pour fondement le peuple, lequel est un agrégat d’individus.
Tel un serpent de mer, la loi du nombre revient régulièrement sur le devant de la scène, revêtue des oripeaux de la démocratie, pour se poser en arbitre suprême de nos différends. Les ténors de l’opposition proposent depuis des mois, et mettent au défi la majorité, de faire des sondages d’opinion, d’organiser un référendum populaire, d’élire le président au suffrage universel et, last but not least, d’amender la loi électorale en vue d’élections législatives anticipées. La majorité au pouvoir a, quant à elle, toutes les raisons du monde de douter des professions de foi démocratiques d’une opposition soupçonnée de putschisme. Comment faire confiance à des révolutionnaires insuffisamment incorporés à la trame intime de l’être historique du Liban, qu’une fois au pouvoir ils ne culbuteront pas...
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