Condamnation à mort de Syriens
en Arabie saoudite : la polémique
enfle à Damas
le 22 avril 2008 à 00h00
L’Arabie saoudite a condamné à mort au moins trente ressortissants syriens ces derniers mois pour possession de drogue, et des centaines d’autres ont été emprisonnés, ont indiqué hier des défenseurs des droits de l’homme et des proches des Syriens concernés. Ces accusations interviennent alors que trois Syriens ont été décapités la semaine dernière en Arabie saoudite pour possession de pilules illicites. Les militants des droits de l’homme ont précisé ne pas avoir connaissance d’autres exécutions de Syriens en Arabie saoudite ces dernières années.
« Ce châtiment arbitraire est basé sur des interprétations fantaisistes du Coran. Les procès étaient dénués de toute justice », a accusé l’avocat Mohannad al-Hassani à l’issue d’une rencontre avec les autorités syriennes, dans le but de les sensibiliser à cette question. « J’espère que les citoyens ordinaires n’auront pas à payer le prix de mauvaises relations entre deux États arabes », a-t-il ajouté. Pour de nombreux proches de Syriens incarcérés ou condamnés en Arabie saoudite, ces verdicts répondent en effet à des motifs politiques, les liens entre Damas et Ryad ayant souffert ces trois dernières années en raison de la crise libanaise.
Un porte-parole de la commission saoudienne des Droits de l’homme a toutefois déclaré qu’il était « insensé » d’insinuer que la politique puisse jouer un rôle dans le traitement des suspects syriens.
Les forces de sécurité syriennes ont, quant à elles, empêché hier quelque 200 proches des prisonniers d’aller manifester devant l’ambassade saoudienne. Quelques dizaines de personnes auraient toutefois réussi à organiser un sit-in devant l’ambassade.
L’Arabie saoudite exécute fréquemment les personnes jugées coupables de meurtre, de viol, de trafic de drogue, de vol à main armée et de « sorcellerie », toutes pratiques jugées anti-islamiques. Les détenus condamnés pour les crimes les plus graves sont souvent décapités en public.
En proie à un sentiment d’insécurité, Ryad a fait passer le nombre d’exécutions de 38 en 2006 à plus de 130 en 2007. Parmi les condamnés pour trafic de drogue, on compte de nombreux ressortissants du Pakistan, pays en bons termes avec l’Arabie saoudite. Selon un décompte effectué par Reuters, les Saoudiens constituent néanmoins l’essentiel des condamnés à mort, la plupart pour meurtre.
L’Arabie saoudite a condamné à mort au moins trente ressortissants syriens ces derniers mois pour possession de drogue, et des centaines d’autres ont été emprisonnés, ont indiqué hier des défenseurs des droits de l’homme et des proches des Syriens concernés. Ces accusations interviennent alors que trois Syriens ont été décapités la semaine dernière en Arabie saoudite pour possession de pilules illicites. Les militants des droits de l’homme ont précisé ne pas avoir connaissance d’autres exécutions de Syriens en Arabie saoudite ces dernières années.
« Ce châtiment arbitraire est basé sur des interprétations fantaisistes du Coran. Les procès étaient dénués de toute justice », a accusé l’avocat Mohannad al-Hassani à l’issue d’une rencontre avec les autorités syriennes, dans le but de les...
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