Dans une interview accordée la semaine dernière au « Yediot Aharonot », le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, déclarait que l’État hébreu souhaitait parvenir à un accord de paix avec la Syrie et avait entamé des démarches en ce sens. Côté syrien, le président Bachar el-Assad a indiqué que son pays se préparait à une guerre avec Israël, tout en ajoutant, selon la télévision al-Manar, qu’une telle confrontation n’est pas prévue dans les circonstances régionales actuelles. Dans son édition de la mi-avril, « Bitterlemons », un site de réflexion sur le Moyen-Orient, décortique la question israélo-syrienne.
Revenant sur le rôle de la Syrie dans le conflit israélo-palestinien, Ghassan Khatib, vice-président de l’université de Bir Zeit, rappelle que l’interrelation entre le conflit israélo-palestinien et les autres crises régionales est allée croissant ces dernières années. Ce qui a mené à un renforcement du rôle des acteurs régionaux dans le conflit israélo-palestinien. Alors que la question iranienne prend de l’ampleur, son influence sur le dossier palestinien en prend également. En ce qui concerne la Syrie, elle a tenu le rôle d’intermédiaire entre l’Iran et les forces islamistes en Palestine, ce qui lui a permis d’asseoir sa position vis-à-vis d’Israël et des États-Unis.
Dans ce contexte de polarisation croisant à l’échelle de la région, le seul moyen d’enrayer ces interrelations ou ingérences extérieures tient, selon M. Khatib, en un changement radical de la politique américaine dans la région. Une nouvelle approche régionale qui comprendrait une diminution de la présence américaine dans la région, une adhésion aux lois internationales et le rejet de la politique du deux poids, deux mesures « pourrait permettre le développement d’un environnement régional plus enclin à améliorer les relations syro-israéliennes et israélo-palestiniennes ».
Pour Yossi Alpher, ancien directeur du Jaffee Center for Strategic Studies à l’Université de Tel-Aviv, « tout effort (de la part d’Israël), qu’il aille dans le sens de la paix ou de la guerre avec la Syrie, est dirigé contre l’Iran », la menace que représentent la République islamique et les mouvements qui lui sont fidèles primant sur tout le reste.
Yossi Alpher estime par ailleurs que les conséquences d’une reprise des négociations israélo-syriennes sont à double facette. D’une reprise des négociations directes avec Damas, Israël espère retirer un affaiblissement de l’Iran, du Hamas et du Hezbollah. Ce qui pourrait faciliter la conclusion d’un accord entre le camp de l’OLP et Israël. L’OLP craint toutefois que des négociations entre la Syrie et l’État hébreu permettent à ce dernier de se dégager, à moindres frais, des pourparlers avec les Palestiniens. Ziyad Abu Zayyad, ancien membre du Parlement palestinien, interrogé par Bitterlemons, rejette, pour sa part, cet argument. « Je pense qu’en fin de compte, ce dont la région a besoin est un accord global impliquant toutes les parties, plus spécifiquement le Liban, la Syrie, les Palestiniens et Israël. Des négociations directes entre Israéliens et Syriens ne me font pas peur car je pense qu’elles aideront à la résolution du problème palestinien. »
Enfin, Moshe Ma’oz, professeur émérite à l’université hébraïque de Jérusalem, souligne qu’il est dans l’intérêt d’Israël de chercher un règlement politique avec la Syrie « et pas seulement pour neutraliser la menace du Hezbollah ». Selon lui, une paix israélo-syrienne « relativement facile à atteindre, peut aider à résoudre des problèmes israélo-palestiniens plus intriqués et critiques ». Une paix israélo-syrienne pourrait, selon lui, inciter le Hamas à créer avec l’OLP un gouvernement d’union nationale, condition nécessaire pour l’efficacité, à terme, de pourparlers israélo-palestiniens. Dans le cadre d’une entente, Damas devrait également accepter d’absorber les 350 000 réfugiés palestiniens qui résident en Syrie et aider à l’absorption des réfugiés établis au Liban.
En dépit de certaines déclarations belliqueuses syriennes, M. Ma’oz estime que Damas n’a pas les moyens militaires de s’opposer à Israël et qu’il est également dans son intérêt de conclure une paix, même si elle est froide. La Syrie tirerait d’un tel accord des bénéfices non seulement des États-Unis, mais également des pays arabes sunnites de la région.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans une interview accordée la semaine dernière au « Yediot Aharonot », le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, déclarait que l’État hébreu souhaitait parvenir à un accord de paix avec la Syrie et avait entamé des démarches en ce sens. Côté syrien, le président Bachar el-Assad a indiqué que son pays se préparait à une guerre avec Israël, tout en ajoutant, selon la télévision al-Manar, qu’une telle confrontation n’est pas prévue dans les circonstances régionales actuelles. Dans son édition de la mi-avril, « Bitterlemons », un site de réflexion sur le Moyen-Orient, décortique la question israélo-syrienne.
Revenant sur le rôle de la Syrie dans le conflit israélo-palestinien, Ghassan Khatib, vice-président de l’université de Bir Zeit, rappelle que l’interrelation entre le conflit...