La hausse spectaculaire des prix des céréales a amené des organisations internationales en Afghanistan à augmenter leur aide aux populations les plus démunies estimées à environ deux millions et demi de personnes. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), confronté à une crise à l’échelle planétaire, en Afghanistan cette année 400 000 personnes menacées ont pu bénéficier d’aide et les efforts se poursuivent.
La population afghane estimée aujourd’hui à 25 millions d’habitants subit en outre les contrecoups de décennies de guerre avec un seuil de pauvreté oscillant entre 36 et 42 % de la population, selon de dernières estimations de l’ONU, et une insurrection islamiste, surtout dans le sud, qui entrave tout développement.
Le représentant du PAM en Afghanistan, Rick Corsino, a indiqué hier à l’AFP que le prix du blé dans ce pays avait bondi de près de 100 % en un peu plus d’un an. « En 2007, les prix ont augmenté de 60 % et depuis janvier de 30 à 35 % dans presque toutes les principales villes », a-t-il déclaré.
« Ceux qui n’ont pas de salaire régulier sont probablement les plus touchés par ces hausses et nous estimons qu’à travers le pays, ceux-ci dépensent jusqu’à 70 % de leurs revenus pour se nourrir », a ajouté ce responsable.
Un des motifs de la brutale augmentation des prix du blé en Afghanistan a été l’interdiction par le Pakistan d’en exporter chez son voisin depuis janvier dernier, « à la suite d’un manque au Pakistan même », a indiqué un responsable du ministère du Commerce à Islamabad.
Au début 2007, Le Pakistan avait autorisé l’exportation d’un demi-million de tonnes de blé vers son voisin, mais il a dû y renoncer après avoir été contraint d’en importer pour ses propres besoins d’Australie et de Russie à 70 % plus cher, selon cette source.
Pour l’heure, le Croissant-Rouge afghan a annoncé la distribution hier, avec le concours de la Banque islamique de développement, d’une aide à 5 000 familles.
L’essentiel de l’aide provient du PAM. Dans une conférence de presse, Rick Corsino a annoncé cette semaine que 30 000 tonnes d’aliments étaient en cours de distribution dans l’est, autour de Kaboul, et à Kandahar, dans le sud, concernant 400 000 personnes.
Sur un appel pour 88 millions de dollars d’aide, 10 donateurs en ont accordé 70 millions, a indiqué M. Corsino ce qui devrait permettre de pallier les besoins d’ici à la principale moisson de juillet.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’occupe aussi de donner une formation aux agriculteurs et des efforts sont entrepris pour inciter les paysans à se consacrer aux cultures vivrières plutôt qu’à la culture de l’opium, qui n’occupe que 10 % du territoire, mais dont l’Afghanistan est le principal producteur dans le monde (93 %).
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La population afghane estimée aujourd’hui à 25 millions d’habitants subit en outre les contrecoups de décennies de guerre avec un seuil de pauvreté oscillant entre 36 et 42 % de la population, selon de dernières estimations de l’ONU, et une insurrection islamiste, surtout dans le sud, qui entrave tout développement.
Le représentant du PAM en Afghanistan, Rick Corsino, a indiqué hier à l’AFP...