Le match en retard de la 31e journée de Ligue 1 ce soir (21h30 heure locale) oppose deux clubs aux ambitions diverses puisque Saint-Étienne vise la 5e place en cas de succès tandis que Lens compte s’extirper du groupe de quatre clubs à 35 points et luttant directement pour le maintien. À l’image de Rennes, passé de la 17e à la 5e place en six journées, l’ASSE peut s’installer dans le premier quart du classement alors qu’elle était 16e début février. Lens (16e) de son côté reste sans victoire depuis huit matches et empêtré dans la même « galère » que Toulouse, Paris-SG et Strasbourg, à cinq points du 15e, Auxerre. Après avoir abandonné deux points pour une poignée de secondes face à Metz (1-1), les Nordistes s’apprêtent à défier l’une des meilleures équipes à domicile (qui reste d’ailleurs sur un carton face au Mans, 4-1).
Le constat est autant accablant qu’incompréhensible, mais le RC Lens est en position délicate notamment parce qu’il a lâché de nombreux points dans les dernières minutes de jeu.
Contre Metz (1-1) samedi, comme auparavant face à Marseille (3-3) ou Caen (1-1), un but inscrit dans les ultimes instants a douché les espoirs d’une victoire qui se dessinait. Sans oublier le penalty assassin de Bernard Mendy à la 93e minute de la finale de Coupe de la Ligue contre le Paris-SG (2-1).
Fins de match
difficiles
Erreurs de défense, de marquage, manque de concentration, peur de perdre, qualités des adversaires... Les joueurs jettent en vrac les raisons de ces ratages. Surtout, comme leur entraîneur Jean-Pierre Papin, ils constatent tristement les dégâts.
« Je ne tire pas les cartes. Je ne suis pas cartomancien. Je ne sais pas pourquoi. Quand arrivent les dernières minutes qui devraient être des minutes où l’on se sent bien, nous, nous n’y arrivons pas », s’agace JPP. « La cause, si on la connaissait... », renchérit Fabien Laurenti, perplexe.
Le but du Messin Pjanic est à ce titre un modèle de genre. Lens aurait pu dégager en touche. Au lieu de cela, il a laissé la lanterne rouge du championnat retrouver des couleurs. « On n’est pas capable de mettre dans les tribunes. On fait des erreurs de poussins qu’on paye cash », déplore Papin.
Au-delà des fins de matches difficiles, le retour des adversaires des Lensois traduit aussi plus généralement un manque de performance de l’équipe sur 90 minutes. Depuis leur dernière victoire, il y a deux mois, les Sang et or ne sont jamais parvenus à réussir deux mi-temps d’un même niveau.
« Savoir déjouer »
« On est immature. Un match dure 90 minutes, nous on joue 45 minutes. Je me rappelle de France-Bulgarie (1-2 en 1993). J’avais regardé après coup Italie-Espagne (0-0). À la 46e minute, les Italiens avaient commencé à mettre dans les tribunes », explique JPP.
« On n’est pas capable de le faire. Je ne dis pas qu’il faut faire comme ça. Mais quand on veut des points, quand on veut quelque chose, quand on veut se sortir d’une situation particulière, à un moment il faut savoir déjouer ou faire déjouer », assène l’entraîneur.
« C’est notre défaut de jouer une mi-temps. Ou de nous arrêter à la 89e minute. On fait des erreurs de gosse », admet Laurenti, alors que Sidi Keita refuse de répondre à la question sur l’incapacité des Nordistes à jouer à fond les deux mi-temps.
Les Lensois reconnaissent n’avoir pas de solution pour résoudre ce problème. Papin demande simplement à ses joueurs de se remettre en question, de se responsabiliser, d’avoir un esprit conquérant. Et veut croire que le coup de gueule de Vedran Runje après le but de Pjanic aura des effets salutaires.
« Si cela lui a fait mal, j’espère que cela a fait mal aux autres », affirme Papin. Il n’est toutefois pas sûr que ce discours suffise pour sortir l’équipe de l’ornière. Mais Papin, le moral en berne, cherche à positiver : « On est dos au mur. On a su réagir à chaque fois que nous étions dans cette situation. »
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