«Est-il possible de réformer l’électricité au Liban ? » Cette question a fait l’objet d’un débat organisé par le centre Issam Farès pour le Liban auquel ont participé plusieurs intervenants.
Parmi eux, le secrétaire général du Conseil supérieur de la privatisation, Ziad Hayek, qui a commencé par souligner que les dérivés pétroliers représentent 59 % du coût de production de l’électricité au Liban. Le citoyen en paye aujourd’hui le prix, a-t-il affirmé, non pas à travers les tarifs officiels inférieurs au coût de production, mais à travers le déficit de l’EDL aggravé par le problème du vol de courant dans l’ensemble des régions libanaises, sans parler du problème des usines en fin de vie.
Pour M. Hayek, la réforme de l’EDL nécessite cinq ans de mise en œuvre d’un programme unique. La succession de plans de réforme ces dernières années a abouti à la situation actuelle, a-t-il ajouté, en insistant sur la nécessité d’assurer la continuité des politiques adoptées. En se basant sur le plan du ministre démissionnaire, Mohammad Fneich, le Conseil supérieur de la privatisation travaille actuellement sur cinq piliers : la « corporatisation » de l’EDL, la création de capacité de production additionnelle, l’amélioration du transport, la réforme de la distribution et l’élaboration d’une politique de long terme pour le secteur.
Pour sa part, le président de l’Association des industriels, Fady Abboud, a cité une étude de la Banque mondiale (BM) selon laquelle la privatisation du secteur dans l’état actuel serait contre-productive puisqu’elle augmenterait le coût du kilowattheure (kWh) d’au moins 3 cents en moyenne.
Selon lui, la BM a imputé la responsabilité du déficit de l’EDL aux interventions politiques et aux tarifs pratiqués actuellement établis sur une base de 25 dollars le baril de pétrole. L’institution a donc proposé une hausse des tarifs de 55 %, accompagnée de mesures d’aides sociales, a-t-il ajouté.
Abboud a ensuite abordé les besoins d’investissements du secteur. Il a préconisé l’ouverture de la production à des générateurs d’électricité indépendants pour l’usage privé ou public. Il a affirmé que cette mesure économiserait au Trésor 1,5 milliard de dollars sur trois ans, une période durant laquelle l’EDL pourrait passer de la production au mazout à la production au gaz naturel, après avoir libéralisé son importation. Le remplacement du mazout par le gaz naturel permettrait de réduire les coûts de production d’électricité à environ 85 livres le kWh au lieu de 150 LL actuellement, a déclaré le représentant des industriels. Mais pour cela, le Liban doit conclure un accord avec la Syrie sur la fourniture de gaz, et travailler sérieusement sur la prolongation du gazoduc arabe afin qu’il relie le Liban à la Syrie, l’Égypte et la Jordanie.
À ce sujet, le conseiller du ministre par intérim de l’Énergie et de l’Eau, Antoine Constantine, a souligné que le problème de l’approvisionnement en gaz naturel à partir de la Syrie n’est pas d’ordre politique. Il réside dans le fait de savoir si la Syrie détient des réserves suffisantes pour subvenir aux besoins du Liban. Il faut espérer que l’Égypte remplira ces engagements en fournissant du gaz au Liban, sachant que le gazoduc doit également approvisionner la Jordanie, a-t-il ajouté.
En réalité, le seul espoir crédible du Liban est l’Irak, que l’Europe et les États-Unis essayent de relier directement à eux sans passer par le gazoduc arabe. Mais si le gaz finit par arriver au Liban, la solution est simple : il suffit de construire une usine à Deir Ammar d’une capacité de 900 ou 1 000 mégawatts (mW) et une autre à Selaata avec une capacité de 400 à 600 mW, a-t-il poursuivit.
Techniquement, les solutions sont claires. Malheureusement, la coopération arabe n’est pas encourageante, et le sujet du gaz ne deviendra réalité que lorsque la Libye et l’Irak seront intégrés au projet, a conclu Antoine Costantine, en appelant les pays arabes à travailler parallèlement sur un projet commun d’énergie nucléaire.
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Parmi eux, le secrétaire général du Conseil supérieur de la privatisation, Ziad Hayek, qui a commencé par souligner que les dérivés pétroliers représentent 59 % du coût de production de l’électricité au Liban. Le citoyen en paye aujourd’hui le prix, a-t-il affirmé, non pas à travers les tarifs officiels inférieurs au coût de production, mais à travers le déficit de l’EDL aggravé par le problème du vol de courant dans l’ensemble des régions libanaises, sans parler du problème des usines en fin de vie.
Pour M. Hayek, la réforme de l’EDL nécessite cinq ans de mise en œuvre d’un programme unique. La...