Les trois présidentiables américains se bousculent pour présenter leurs plans pour l’économie américaine, que Barack Obama voit déjà « en récession », tandis que sa rivale pour l’investiture démocrate Hillary Clinton agite le spectre d’un marasme prolongé à la japonaise.
« Notre économie est en récession. Pour (la) relancer et s’assurer que nous ne soyons pas fatalement voués à répéter un cycle de bulles (financières) et de crises, il faut non seulement réagir à la crise actuelle de l’immobilier, mais aussi créer un cadre de régulations (adapté) au XXIe siècle, et mettre en œuvre un programme ambitieux de nouvelles opportunités pour les Américains », a déclaré M. Obama dans un discours prononcé à New York, en présence du maire de la ville Michael Bloomberg.
À peine deux heures plus tard, Hillary Clinton prononçait à son tour un « grand discours » sur l’économie, en Caroline du Nord. Dans le Wall Street Journal, Mme Clinton a également mis en garde contre une crise financière comparable à celle ayant touché le Japon dans les années 1990, en plaidant également pour une intervention de l’État.
« Nous pourrions être entraînés dans une crise à la japonaise », a affirmé Mme Clinton, qui estime que la Réserve fédérale ne peut agir seule pour contenir la crise du crédit immobilier.
« Je ne pense pas que nous puissions régler nos problèmes avec seulement une politique monétaire », a-t-elle dit. « Les Japonais ont essayé et essayé encore » cette méthode avant que le gouvernement ne se décide à lancer un plan de sauvetage de l’économie, a-t-elle rappelé.
Les deux rivaux démocrates ont proposé des mesures d’urgence pour faire face à la crise immobilière, avec la création d’un fonds pour aider les propriétaires en difficulté à éviter les saisies, ainsi que, pour Mme Clinton, un gel des taux d’intérêt et, pour M. Obama, un crédit d’impôt sur les hypothèques.
Leurs discours concurrents sur l’économie – en Caroline du Nord, Mme Clinton a également insisté sur la nécessité de développer la formation professionnelle, et pas seulement dans le cadre du chômage – répondait au républicain John McCain, qui a prononcé dès mardi son discours sur l’économie. M. McCain s’est refusé à faire de la démagogie sur la crise immobilière et insisté sur la nécessité d’assurer plus de transparence dans le fonctionnement des marchés.
Il s’était fait reprocher mercredi par M. Obama son attitude de laisser-faire.
« C’est l’idée que le gouvernement n’a aucun rôle à jouer pour aider les familles travailleuses à faire face aux difficultés – que tout ce qu’on peut faire, c’est offrir des réductions d’impôts à une poignée d’Américains les plus riches (…) et quand le reste de l’Amérique se débat avec la hausse des frais de scolarité ou des coûts de la santé, la fermeture d’usines ou le délabrement des écoles, la réponse est toujours la même : “Débrouillez-vous !” », s’était indigné M. Obama.
M. McCain a riposté hier par la voix d’un porte-parole qu’« aucun discours ne peut cacher le fait que M. Obama embrasse une politique de gauche consistant à taxer et dépenser (...), certaine de ramener l’Amérique en arrière », par opposition à « John McCain (qui) propose un programme de bon sens pour réduire les impôts, éliminer le gâchis dans les dépenses gouvernementales et remettre notre économie sur les rails ».
Quant à l’équipe Clinton, elle a mis ses deux adversaires dos à dos.
« En pleine crise des marchés financiers, M. Obama a annoncé une série de principes larges et vagues, sans proposer de solutions concrètes nouvelles », a accusé une conseillère de Mme Clinton, Neera Tanden. « Le contraste ne pourrait pas être plus clair : lundi, Mme Clinton a annoncé un plan détaillé, spécifique pour la crise de l’immobilier et du crédit. Mardi, M. McCain a annoncé qu’il n’avait pas de plan. Aujourd’hui, M. Obama n’a offert que des mots », a ajouté Mme Tanden.
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« Notre économie est en récession. Pour (la) relancer et s’assurer que nous ne soyons pas fatalement voués à répéter un cycle de bulles (financières) et de crises, il faut non seulement réagir à la crise actuelle de l’immobilier, mais aussi créer un cadre de régulations (adapté) au XXIe siècle, et mettre en œuvre un programme ambitieux de nouvelles opportunités pour les Américains », a déclaré M. Obama dans un discours prononcé à New York, en présence du maire de la ville Michael Bloomberg.
À peine deux heures plus...