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Politique-économie : épreuves et preuves

Krach (boum hue). Craque la couture agio-boursicotière. Des cracks s’écroulent aux States, en France, en Allemagne, en Italie. Vendredi saint, via dolorosa pour le monde financier. À cause, surtout, de la Bear Stearns et, un peu, d’Alitalia ou du refuge blanchisseur qu’est le Liechtenstein. Puis, soudaine résurrection pascale pour la banque US, cinq fois revalorisée par le racheteur JP Morgan. Et flamboyant renflouement d’un Wall Street qui avait failli couler dans l’affaire. Au point que le FMI de DSK s’en était fortement alarmé, ses analystes voyant se pointer la crise mondiale la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre du même nom. Pour la planète entière, frôlée par un météorite big-bang, l’alerte a été chaude. Et donne à beaucoup réfléchir. Car, par définition, un miracle est rarement répétitif. Si ce n’est toi Bear, c’est donc ton frère : une faillite peut en cacher une autre. Surtout quand la bombe n’est ni désamorcée ni contrôlée. Le problème, de plus en plus souligné dans les débats télé des spécialistes, c’est, en gros, que les politiques, et la politique elle-même, n’ont pratiquement plus de prise sur l’univers économique dans ses diverses branches. Toutes branchées désormais sur cette mondialisation qui dérègle l’orbite de cet objet volant non identifié. De ce satellite devenu aussi ex que l’URSS ou que Cécilia. Faut-il souligner que la gravitation se trouve encore plus perturbée par l’attraction mutuelle que les composants de l’engin exercent les uns sur les autres ? On sait les effets des variations monétaires ou fiduciaires, des rapports entre le dollar, l’euro, le yen et le yuan sur les échanges commerciaux ou la production industrielle. Inversement, la flambée du baril, tout en enrichissant le Golfe, l’expose à l’inflation. Mais c’est encore ce malheureux petit pays qui illustre par son exemple le danger d’une inversion des dominantes. C’est-à-dire qu’en négligeant, ou en bradant, l’économique, le politique risque à terme d’en être victime. Surtout quand il se désunit autant et s’effrite lui-même. L’appauvrissement des Libanais, et une hausse des salaires n’y ferait rien, peut mener (dans un mois, dans un an, dixit Sagan) à la désintégration des clubs politiques. Tous, nous disons bien tous, fondés, qu’ils le reconnaissent ou non, sur le principe antique de la clientèle. Une question-exemple, prise au hasard : le jour où tel parti n’aura plus de sous à distribuer à ses gens, toujours dans le sens antique du terme, combien de juillets pourra-t-il encore résister ? Pour le moment, c’est vrai, c’est pour d’autres considérations que ce pays s’angoisse et espère en même temps. Il serait bon cependant de garder en tête qu’une solution politique ne serait qu’un faux-semblant, simplement retardateur, si elle n’est pas articulée sur Paris III. Le seul pari viable sur le futur, dirait certain Hariri. Jean ISSA
Krach (boum hue). Craque la couture agio-boursicotière. Des cracks s’écroulent aux States, en France, en Allemagne, en Italie. Vendredi saint, via dolorosa pour le monde financier. À cause, surtout, de la Bear Stearns et, un peu, d’Alitalia ou du refuge blanchisseur qu’est le Liechtenstein. Puis, soudaine résurrection pascale pour la banque US, cinq fois revalorisée par le racheteur JP Morgan. Et flamboyant renflouement d’un Wall Street qui avait failli couler dans l’affaire. Au point que le FMI de DSK s’en était fortement alarmé, ses analystes voyant se pointer la crise mondiale la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre du même nom. Pour la planète entière, frôlée par un météorite big-bang, l’alerte a été chaude. Et donne à beaucoup réfléchir.
Car, par définition, un miracle est rarement...