Le nouveau Premier ministre du Pakistan, Yousouf Raza Gilani, issu du parti de Benazir Bhutto assassinée en décembre, a prêté serment hier devant le président Pervez Musharraf, avec lequel il a déjà engagé un bras de fer sans concession. « Je crois que toutes les forces doivent s’unir car les temps qui viennent vont être difficiles, avec le terrorisme, l’économie... Tous les camps doivent travailler ensemble », a ensuite déclaré à la télévision publique Pervez Musharraf, qui s’exprimait aux côtés de M. Gilani, que le régime a accusé de corruption et envoyé en prison pendant cinq ans. « Par leur vote, les Pakistanais ont clairement désigné le type de gouvernement et de politique qu’ils veulent voir appliquer », a répondu M. Gilani.
M. Gilani a été élu lundi Premier ministre par l’Assemblée nationale à une écrasante majorité, obtenant 264 des 342 voix des députés. Aussitôt, il a ordonné la libération de tous les juges, notamment de la Cour suprême, placés en résidence surveillée depuis l’imposition de l’état d’urgence par M. Musharraf en novembre 2007. La future coalition de gouvernement a promis de les rétablir dans leurs fonctions dans les 30 jours, ouvrant la voie à une contestation judiciaire de la réélection du président. « C’est le pire cauchemar que le président puisse imaginer qui est en train de se réaliser », a déclaré à l’AFP Ayaz Amir, analyste et journaliste politique.
Parallèlement, deux importants diplomates, dont le numéro deux du département d’État John Negroponte, sont arrivés hier à Islamabad, marquant l’intérêt des États-Unis pour le Pakistan, allié-clé dans la lutte contre le terrorisme. Le président George W. Bush a d’ailleurs appelé M. Gilani pour le féliciter et lui rappeler l’importance de la lutte contre le terrorisme. Après avoir rencontré les deux responsables américains, l’ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, renversé en 1999 par Pervez Musharraf, a, à ce sujet, affirmé hier que le nouveau gouvernement, qu’il soutient, étudiera et révisera la stratégie antiterroriste du pays. « Nous avons parlé du terrorisme, nous leur avons exposé notre point de vue sur le fait que depuis le 11 septembre 2001, toutes les décisions ont été prises par un seul homme », a-t-il déclaré à la presse, en référence au président Musharraf. « Maintenant, la situation a changé, un Parlement réellement représentatif a été élu. Chaque décision qui a été prise par Musharraf va être étudiée et révisée par le Parlement en fonction de ses résultats positifs ou négatifs pour le pays », a-t-il annoncé.
Le chef de l’armée pakistanaise, le général Ashfaq Kayani, a, par ailleurs, procédé à un remaniement au sein de la hiérarchie militaire. Annoncés lundi soir, quelques heures après l’élection de Gilani, ces changements sont les premiers d’importance à la tête des forces armées depuis que Musharraf en a abandonné le commandement en novembre dernier. Deux des commandants des neuf corps d’armée, des proches du chef de l’État, sont remplacés. Le général Kayani a souligné ce mois-ci que l’armée, jusqu’ici soutien indéfectible d’un Musharraf de plus en plus contesté, entendait se tenir à l’écart de la politique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le nouveau Premier ministre du Pakistan, Yousouf Raza Gilani, issu du parti de Benazir Bhutto assassinée en décembre, a prêté serment hier devant le président Pervez Musharraf, avec lequel il a déjà engagé un bras de fer sans concession. « Je crois que toutes les forces doivent s’unir car les temps qui viennent vont être difficiles, avec le terrorisme, l’économie... Tous les camps doivent travailler ensemble », a ensuite déclaré à la télévision publique Pervez Musharraf, qui s’exprimait aux côtés de M. Gilani, que le régime a accusé de corruption et envoyé en prison pendant cinq ans. « Par leur vote, les Pakistanais ont clairement désigné le type de gouvernement et de politique qu’ils veulent voir appliquer », a répondu M. Gilani.
M. Gilani a été élu lundi Premier ministre par l’Assemblée...