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Les Irakiennes exigent le « droit de vivre »

La condition des femmes en Irak s’est dégradée depuis l’invasion américaine de mars 2003, assurent des militantes et des études, et le régime laïc de Saddam Hussein a été remplacé par un système où traditions et religion jouent un rôle majeur, propice aux discriminations. Aujourd’hui, des femmes exigent non seulement l’égalité des droits avec les hommes, mais aussi tout simplement le « droit de vivre », dit Shameran Marugi, directrice d’une organisation non gouvernementale – le Comité des femmes irakiennes. « Le “droit de vivre” est un slogan que nous avons commencé à promouvoir parce que la vie des femmes en Irak est menacée de toutes parts. Les lois ne sont pas mises en œuvre avec équité et la société néglige les femmes », a déclaré Shameran Marugi dans un entretien avec l’AFP. « Avant l’invasion de 2003, une Irakienne pouvait avoir une vie normale à condition qu’elle se conforme aux lois de l’État, poursuit cette femme à la soixantaine énergique. Il était envisageable pour les femmes d’avoir des activités politiques, à travers l’Union des femmes irakiennes. » Après la chute de Bagdad en avril 2003 et celle du régime baassiste en place en Irak depuis 1968, l’Union des femmes a été démantelée, comme toutes les organisations liées au Baas, un parti laïc qui prônait le socialisme et le nationalisme panarabe. Comme beaucoup d’Irakiennes, Mme Marugi a constaté un retour en force du contrôle patriarcal des femmes, traditionnel dans les sociétés arabes, et d’une lecture misogyne du Coran, pour justifier une réduction importante de leurs libertés individuelles. Dans la rue, elles sont la cible de rappels à l’ordre et de menaces si elles ne portent pas le voile, alors que la religion – omniprésente en Irak – inspire des attitudes extrémistes et fait craindre l’islamisation d’un pays qui se voulait à la pointe de la laïcité. Un rapport des Nations unies indique que la police de Bassora a fait état de 44 cas de « crimes d’honneur » en 2007. Ce même rapport fait état de plusieurs enseignantes tuées par des hommes armés à Bagdad devant leurs élèves. Une autre étude d’une organisation américaine, Women for Women International, publiée en mars 2008, indique que 64 % des femmes se plaignent de violences. Et 76 % des femmes interrogées assurent que les fillettes de leurs familles ne peuvent pas aller à l’école.
La condition des femmes en Irak s’est dégradée depuis l’invasion américaine de mars 2003, assurent des militantes et des études, et le régime laïc de Saddam Hussein a été remplacé par un système où traditions et religion jouent un rôle majeur, propice aux discriminations. Aujourd’hui, des femmes exigent non seulement l’égalité des droits avec les hommes, mais aussi tout simplement le « droit de vivre », dit Shameran Marugi, directrice d’une organisation non gouvernementale – le Comité des femmes irakiennes. « Le “droit de vivre” est un slogan que nous avons commencé à promouvoir parce que la vie des femmes en Irak est menacée de toutes parts. Les lois ne sont pas mises en œuvre avec équité et la société néglige les femmes », a déclaré Shameran Marugi dans un entretien avec l’AFP. « Avant...